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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 13:05
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Publié le 15/06/2011

La France est le pays du monde où l’on prescrit le plus d’antidépresseurs. L’effet de ces petites pilules sur le fonctionnement émotionnel reste pourtant mal connu. Pour en savoir plus, le Dr Nathalie Besnier et ses collègues marseillais ont demandé à 20 psychiatres ou psychologues, supposés pouvoir analyser finement les éventuelles modifications de leurs émotions, de tester un antidépresseur, la paroxetine (deroxat), sur eux-mêmes. Les volontaires devaient prendre soit 20 mg de paroxetine par jour, soit un placebo pendant 4 semaines. Ni les chercheurs ni les volontaires ne savaient quelle pilule ces derniers recevaient (double aveugle). 70% du groupe paroxetine se sont plaint d’au moins un effet secondaire pendant plus de 3 semaines contre 20% du groupe placebo : troubles du sommeil, baisse de la libido, nausées, diarrhées, maux de tête étaient les principaux effets décrits. En revanche, les cliniciens n'ont décrit aucun changement dans leur humeur ou leur anxiété entre le début de l’expérience et l’arrêt de la paroxetine ou du placebo. Aucun des deux groupes n'a rapporté de différences dans la reconnaissance des émotions, leur expression ou leur modulation par le contexte social. En revanche, ceux qui avaient pris l’antidépresseur ont rapporté une expérience émotionnelle interne diminuée au 28e jour par rapport au groupe placebo (par exemple, ils ne se sentaient pas en colère quand ils étaient confrontés avec un visage familier exprimant la colère). La dépression se caractérisant par une forte propension aux sentiments connotés négativement, réduire l’expérience émotionnelle interne pourrait donc constituer un mécanisme d’action des antidépresseurs. Ultime rebondissement de cette étude : les chercheurs ont également recruté dix psychologues/psychiatres informés qu’ils prenaient un antidépresseur (et pas un placebo). Etrangement, ils ont reporté moins d’effets secondaires et une diminution moins importante de leur expérience émotionnelle interne que les volontaires qui prenaient la paroxetine sans savoir si c’était un placebo ou pas... Les auteurs de cette expérience suggèrent donc que la conscience du traitement pourrait influer sur la réponse clinique à la paroxetine. Malheureusement, ils ne disent pas si les médecins participant à cette étude étaient toujours aussi enclins à prescrire la paroxetine après l’avoir testée sur eux-mêmes !

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans PSYCHIATRIE
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