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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 18:29

Une nouvelle étude précise les risques liés à la prise d'antidépresseurs lorsqu'on prend le volant. Deux périodes sont sensibles: le démarrage du traitement et ses modifications. Explications.

 

Antidépresseurs: les conducteurs doivent être très prudents au début du traitement. (ISOPIX/SIPA)

Antidépresseurs: les conducteurs doivent être très prudents au début du traitement. (ISOPIX/SIPA)

Le fait de prendre des antidépresseurs augmente-t-il le risque d’avoir un accident de la route? Oui… et non, selon les conclusions d’une vaste étude menée en France sur la prise de médicament et le risque d’accident de la route. La prise d’antidépresseurs est globalement liée à une augmentation du risque d’être responsable d’un accident, selon les résultats de cette étude publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry. Cependant une analyse plus poussée révèle que c’est au début du traitement et lorsque la prescription est modifiée que les risques d’accidents augmentent.

«Cette conclusion permet de faire passer aux médecins et aux patients un message simple et facile à mettre en pratique, explique Emmanuel Lagarde, épidémiologiste à l’ISPED (Université Bordeaux Segalen- Inserm), qui coordonne cette étude (Cesir-A). Il faut vraiment faire attention sur des périodes courtes, de deux semaines environ, au début du traitement, par exemple en évitant de prendre le volant ou en réduisant sa vitesse.»

Anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs... ces médicaments qui diminuent l'attention et les réflexes

Même si les nouveaux antidépresseurs (comme les IRSS pour ‘inhibiteurs de recapture de la sérotonine’) provoquent moins de somnolence que les antidépresseurs de première génération (les tricycliques), ils diminuent l’attention. «Ce résultat n’est pas surprenant» commente le chercheur, car le début d’un traitement est une phase d’acclimatation de l’organisme à un nouveau médicament où ces effets secondaires ont le plus de chances de se faire sentir. En cas de modification de la prescription il y a de nouveau une période d’adaptation. Ce changement peut aussi être lié à une aggravation de la dépression. 

De nombreux médicaments diminuent l’attention et les réflexes des conducteurs sur la route : anxiolytiques, somnifères, antidépresseurs…. Les trois pictogrammes mis en place par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ex-Afssaps) –jaune, orange ou rouge- donnent un niveau de risque basé sur des résultats d'essais cliniques ou des travaux en laboratoire. Cependant, comme le précise Emmanuel Lagarde, «une étude épidémiologique spécifique était nécessaire pour évaluer la pertinence de ces pictogrammes». D’où le lancement en 2003 de l’étude Cesir-A, qui s’appuie sur les données recueillies par la police sur les accidents de la route entraînant des dommages corporels, et les données de l’Assurance maladie.

Comment différencier les effets de la maladie et ceux des traitements ?

«L’une des grandes difficultés de ce type d’étude est de pouvoir différencier les effets de la maladie elle-même de ceux des traitements dans le risque d’accident, ce qui n’est pas évident» explique Emmanuel Lagarde. Des études utilisant des simulateurs de conduite suggèrent en effet que la dépression est associée à une baisse de l’attention et à de moins bons réflexes. Et qu’à l’inverse les antidépresseurs améliorent ces performances.

Pour y voir plus clair, les chercheurs de Bordeaux ont eu recours à «une méthode statistique qui permet de se débarrasser des effets de la pathologie». Pour cela, il faut pouvoir comparer pour un même conducteur le risque de provoquer un accident de la route avec ou sans médicament. Ce qui implique de disposer d’un grand nombre de cas : leurs calculs portent déjà sur plus de 70.000 conducteurs impliqués dans un accident entre 2005 et 2008 – et la base continue à s’élargir. L’étude porte sur tous les médicaments considérés comme dangereux pour la conduite. Prochaine étape : «évaluer ce risque pour les piétons, pour lesquels nous ne savons rien» ajoute Emmanuel Lagarde.

 

La prise de médicaments est impliquée dans 3 à 4% des accidents corporels sur la route. Voici un comparatif pour plusieurs famille de médicaments : 

Source: étude CESIR-A.
Remarque: la fraction attribuable peut être faible parce que la population concernée est petite ou parce que les recommandations des médecins pour éviter le volant sont fortes (ex: les hypnotiques). 

 

Cécile Dumas
Sciences et Avenir
30/08/12

Classe de médicaments

Augmentation du risque d'accidents de la route (risque multiplié par ..)

Fraction attribuable à l'ensemble des accidents
Anxiolytiques et dérivés des benzodiazépines  x 1,45 1,28%
hypnotiques et sédatifs  x 1,25

0,35%
Antidépresseurs

 x 1,4

1%
Substituts des stupéfiants  x 1,9 0,32%

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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