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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 16:05

Alvina Orto, 23 ans, est décédée lundi soir dans des circonstances troubles, après s'être enfuie de l'hôpital psychiatrique. Une autopsie devrait être pratiqué ce jeudi

photo d'illustration
 

« Pourquoi Alvina est-elle morte ? Pourquoi a-t-elle pu s'enfuir de l'hôpital ? Pourquoi l'alerte n'a-t-elle été donnée qu'une heure après sa disparition ? » Les questions tournent en boucle dans la tête de Jacques Orto, 63 ans, dont la fille, Alvina donc, est décédée lundi soir aux Urgences de l'hôpital de Bayonne.

Alvina, atteinte de psychose infantile, était soignée depuis plusieurs années à Bellevue, l'unité pour la psychiatrie de l'hôpital de Bayonne. « Elle subissait de lourds traitements, elle y était mal, elle ne supportait plus l'enfermement, la chaleur. Elle s'était déjà enfuie », raconte son père.

Thierry Buret, directeur adjoint du centre hospitalier de la Côte basque, explique que la jeune femme a été admise pour plusieurs séjours en hospitalisation libre. « Contrairement à une hospitalisation sans consentement, cette patiente avait le droit de sortir, notamment sur autorisation ». Ce cadre de l'hôpital réfute, pour cette raison, le terme de « fugue » employé par Jacque Orto.

Celui-ci estime pourtant qu'il y a eu carence et envisage de porter plainte. « Lorsqu'on m'a prévenu, à 17 h 30 qu'elle avait fugué, j'ai sauté dans la voiture et j'ai parcouru le chemin qui sépare l'hôpital de la maison de sa mère car je savais qu'elle voudrait rentrer chez elle. »

Au moment où Jacques Orto cherchait sa fille entre Bayonne et Boucau, à la gare, dans les logements de ses proches ou sur le lieu de travail, elle gisait non loin de la voie ferrée, au 84, chemin Saint-Bernard. Des ouvriers travaillant sur un chantier l'ont découverte, assoiffée, visiblement en hypothermie. Pendant que les pompiers arrivaient, ils l'ont hydratée, rafraîchie comme ils le pouvaient.

« À l'arrivée des pompiers, sa température était de 42°. Le Samu est arrivé, elle a été transportée aux Urgences de l'hôpital où elle serait morte d'hyperthermie ». Jacques Orto a du mal à accepter cette explication.
Pieds nus, en pleine chaleur

« Quelque chose ne colle pas : elle a pris son goûter à 16 h 25. C'est là qu'on l'a vue la dernière fois. On la retrouve à 17 h 30. Bien sûr, elle a couru, pieds nus, en pleine chaleur mais cela ne faisait qu'une heure qu'elle avait quitté Bellevue. C'est court pour une déshydratation et une hyperthermie. »

L'examen du corps n'a, pour la justice, rien révélé de suspect. Pour le procureur adjoint de Bayonne, Marc Mariée, il s'agit d'un « décès inexpliqué ». Il a ordonné une autopsie qui sera réalisée à l'Institut médico-légal de Bordeaux. « À ce stade, il n'y a pas de suspicion d'aucune sorte mais étant donné l'âge de la victime, le lieu du décès et les circonstances, il convient de rechercher les causes de la mort. »

L'autopsie, qui devrait être pratiquée ce jeudi, permettra de déterminer, entre autres, le rôle qu'aurait pu jouer le traitement médicamenteux dans ce décès.

C'est cette hypothèse que distille, à mots couverts, l'hôpital. Le décès s'est produit sur fond de canicule, avec un effort physique important et un stress évident, associé aux prescriptions psychiatriques. « Néanmoins, cela reste une mort brutale et inexpliquée. Il est normal de poursuivre les investigations », note Thierry Buret, avant de compléter : « C'est très important de savoir comment Alvina est décédée, pour sa famille ainsi que pour l'équipe de soignants qui la suivait depuis longtemps et qui a appris la nouvelle avec effroi ».

Publié le 30/08/2012
Par Véronique Fourcade

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans PSYCHIATRIE
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Docteur Vincent 20/03/2013 08:58


Ca pourrait être un syndrome malin de neuroleptiques?

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