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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:42

 

 

Toutes les études comparatives le montrent : les Français détiennent le record européen de la consommation de médicaments, et depuis longtemps. Nos voisins n’ont pourtant pas l’air d’aller plus mal que nous, même si la France arrive en première position pour la guérison des maladies curables*.
Pour certaines classes de médicaments, les écarts ont toutefois tendance à se réduire. Le Royaume-Uni nous devance, par exemple, pour les anti-asthmatiques et les statines (contre le cholestérol), l’Allemagne pour les hypertenseurs et l’Espagne pour les inhibiteurs de la pompe à protons (utilisés pour le traitement des maladies digestives). Les résultats varient aussi légèrement selon l’unité de mesure utilisée : boîtes, comprimés, quantité de principe actif, doses quotidiennes définies au préalable. Ainsi, pour les tranquillisants, la France est soit en tête, soit en deuxième position, derrière l’Espagne.
Ces précautions mises à part, la dépense moyenne par habitant est incontestablement plus élevée chez nous. D’abord parce que les médecins français prescrivent plus que leurs confrères européens : 9 consultations sur 10 se concluent par une ordonnance, en moyenne plus longue qu’ailleurs.
Ensuite, si nous dépensons plus, c’est que les médicaments les plus récents et les plus chers occupent une place prédominante, au détriment des molécules plus anciennes. C’est là une des caractéristiques françaises. Les médecins sont très sensibles à la mise sur le marché de nouveaux produits. Ceux-ci ne constituent pas tous un progrès médical, loin s’en faut, mais ils sont mis en avant par les laboratoires pharmaceutiques, qui déploient des sommes considérables pour leur promotion, dont les trois quarts sont consacrés aux visites médicales.

De leur côté, pour justifier l’importance des prescriptions, les médecins invoquent les attentes de leurs patients, qu’ils ressentent plus fortement que les praticiens d’autres pays.
Pourtant, selon une enquête d’Ipsos de 2005 sur le rapport des Européens aux médicaments, 8 Français sur 10 déclaraient qu’ils auraient confiance en un médecin qui ne prescrirait pas de médicaments en fin de consultation ou les remplacerait par des conseils utiles.

Force de l’habitude, réponse plus facile à un besoin qui nécessiterait une prise en charge différente et supposant de disposer de davantage de temps que lors d’une consultation normale, paiement à l’acte…, d’autres hypothèses peuvent être avancées pour expliquer que les praticiens français aient la main lourde sur les ordonnances.
Bien que la campagne menée par la Caisse nationale d’assurance-maladie depuis 2002 sur le thème «  Les antibiotiques, c’est pas automatique  » ait contribué à une baisse sensible de la consommation de ces derniers, la France continue d’en prescrire deux fois plus que l’Allemagne et le Royaume-Uni et trois fois plus que les Pays-Bas.
Or, le fort recours aux médicaments comporte des risques : perte d’efficacité des produits, augmentation des résistances, accidents iatrogènes. Provoqués par l’interaction de plusieurs molécules, ces derniers sont responsables de 130 000 hospitalisations par an.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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