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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 18:15
L'Ordre national des infirmiers a déposé 5 plaintes contre des établissements employant du personnel non qualifié dans les salles d'opération.

Le phénomène ne date pas d'hier mais l'Ordre national des infirmiers (ONI) a décidé de frapper fort. La toute jeune instance professionnelle - elle n'a été créée qu'en 2008 - a déposé 5 plaintes entre février 2011 et juillet dernier contre des établissement de santé autorisant du personnel non qualifié dans les blocs opératoires en lieu et place d'infirmiers spécialisés. Motifs invoqués: complicité de «mise en danger de la vie d'autrui» et «exercice illégal de la profession d'infirmier». «Le recours à ces faux infirmiers met en péril la sécurité du patient, qui n'est bien sûr pas au courant de cette irrégularité», explique au Figaro Maryline Pecnard, secrétaire générale adjointe de l'ONI.

Ces faux infirmiers sont souvent des aides-soignantes ou des agents du service hospitalier (ASH) chargé de l'entretien et du ménage. À l'inverse, les infirmiers spécialisés du bloc opératoire (anesthésiste, aide-opératoire) sont des infirmiers diplômés d'Etat ayant suivi, en plus du cursus de 3 ans, une formation complémentaire de 18 mois. Les «intrus» se voient généralement confier le rôle d'infirmier circulant, chargé de la stérilisation des instruments. «C'est un poste très important car si c'est mal fait, il y a des risques d'infection pour le patient», souligne Maryline Pecnard.

Pas assez d'infirmiers spécialisés formés

Le recours à du personnel insuffisamment formé dans les blocs opératoire est connu et récurrent. Les pouvoirs publics avaient déjà proposé en 1999 aux secrétaires ou épouses de chirurgien officiant à ses côtés de régulariser leur situation en passant un examen d'équivalence. Cette fois, 14 personnes et les cinq hôpitaux et cliniques privées les employant sont visés en Seine-Maritime, Ariège, Haut-Rhin, Meuse et Tarn-et-Garonne. Les chirurgiens qui les encadraient sont également visés par des plaintes pour «complicité d'exercice illégal et mise en danger d'autrui». «Chaque plainte a donné lieu à l'ouverture d'un enquête préliminaire. «À Muhlouse, le parquet a confié l'affaire à un juge d'instruction. A Montauban et à Foix, le parquet a demandé l'avis de l'Agence régionale de santé», rapporte l'avocat de l'ONI Me Jean-Christophe Boyer.

La présidente de l'Union des associations d'infirmiers de bloc opératoire, Brigitte Ludwig dit avoir fait part de son inquiétude à la ministre de la Santé Marisol Touraine. «Il faut davantage d'infirmiers pour assister les chirurgiens mais cette longue formation à un coût pour les établissements de santé, dont on connaît les difficultés financières actuelles».

Les aides-soignants et l'agent d'entretien visés par la plainte risquent un an de prison pour exercice illégal du métier d'infirmier et 3 ans pour mise en danger de la vie d'autrui. «Mais ce que l'ONI recherche en premier lieu, ce n'est pas la sanction des employés, qui n'ont fait que répondre à la demande de leurs supérieurs, mais celle des complices, les employeurs et éventuellement les chirurgiens s'ils étaient informés», insiste Me Boyer.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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