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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:40

Martin Winckler.

 

Médecin généraliste, spécialiste de la contraception

/ Photo © Hélène Bamberger/P.O.L

Que vous inspire l’affaire des pilules de 3 e génération ?

J’ai travaillé à la revue Prescrire où on a dit il y a longtemps qu’il fallait que les médecins arrêtent de prescrire Diane 35, un traitement contre l’acné qui a été utilisé comme contraceptif alors qu’il n’avait pas d’autorisation pour ça. Dès 2000, Prescrire écrivait qu’on élevait le risque de thrombose avec ces pilules pour aucun profit. L’industrie pharmaceutique ne met pas des médicaments sur le marché pour le bien de l’humanité mais pour faire du profit et si le marché n’existe pas, elle le crée.

Comment étaient-elles présentées ?

On disait que c’était des pilules « light » parce que le taux d’œstrogènes avait été baissé et que donc, elles étaient moins dangereuses. Les progestatifs, qui favorisent l’acné chez certaines femmes, étaient aussi différents, donc c’est devenu un traitement contre l’acné avec des arguments marketing et les médecins ont adhéré à cela. Il ne faudrait pas aujourd’hui réserver la prescription aux spécialistes car ce sont eux qui changeaient les prescriptions des généralistes en estimant que ces pilules étaient mieux.

Pourquoi la pilule prédomine-t-elle à ce point en France ?

Les médecins ne sont pas formés pour laisser les femmes choisir. Un jour une patiente est venue pour que je lui pose un implant en me disant « mon gynéco ne veut pas parce qu’il est contre ». Moi, j’ai toujours pensé qu’une méthode devait être confortable pour la patiente, pas pour moi. Mais c’est plus simple de prescrire une pilule que d’apprendre à poser un stérilet ou un implant. Et de préférence la dernière sortie en disant qu’elle est moins dangereuse. Mais cette prescription à grande échelle a tenu lieu d’étude de cohorte et au bout de dix ans, on s’aperçoit que ces pilules étaient plus dangereuses. Le retour de bâton est rude.

Recueillis par Sylvie Montaron

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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