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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 17:56

 

 

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Plus de six mois d’enquête et ce constat inquiétant : hôpitaux, centres anticancer, cliniques et universités sont infiltrés par des organisations sectaires et des pseudo-thérapeutes aux pratiques dangereuses pour les malades. Des révélations à lire dansSciences et Avenir 789.

 

L'ARTICLE QUI paraît jeudi 25 octobre dans Sciences et Avenir révèle par exemple les activités douteuses de l’Association de Prévention pour la Santé par les Médecines Douces (APSAMED). En mai dernier, cette organisation qui regroupe un large réseau de pseudo-thérapeutes, a été accueillie par l’hôpital Paul Desbief à Marseille pour trois jours de « séances découvertes ».

Or, chaque année, APSAMED organise un colloque où se croisent thérapeutes, médecins mais aussi chercheurs intéressés par ces approches alternatives. Et les dérapages se succèdent. Dans un enregistrement vidéo du colloque de 2011 que nous nous sommes procurés, le magnétiseur Jean Luc Bartoli, explique à son public comment éviter les poursuites pour exercice illégal de la médecine en faisant noter les prescriptions par les patients eux-mêmes et non par le thérapeute.

 

À ses côtés, Martine Gardénal, « présidente de la recherche » d’APSAMED, médecin homéopathe, explique qu’elle prescrit des huiles essentielles plutôt que des antipaludéens à ses patients qui se rendent dans des pays où sévit le paludisme ! Le docteur Gardénal est d’ailleurs bien connu de l’Ordre des médecins puisqu’elle a déjà été suspendue pour n’avoir pas respecté le suivi thérapeutique de certains de ses patients atteints de cancers.

 

TOUJOURS DURANT ce colloque d’APSAMED, intervenait Jacques Prunier. Cet entrepreneur développe des compléments alimentaires à base d’une algue, l’Aphanizomenon, « un produit exceptionnel, qui empêche les gens d’être malade ou qui les remets en santé. » selon lui.

Jacques Prunier prétend aussi avoir lancé des essais avec des grands professeurs de médecine, notamment au CHU de Lyon et cite ses propres succès sur Alzeihmer, Parkinson, la sclérose en plaques etc… Sans oublier la petite Léa, 4 ans, condamnée par une amyotrophie spinale infantile à rester clouée dans son fauteuil : « aujourd’hui, elle marche ! ».

 

APSAMED, une association de « dérapeuthes », incitant ses membres à la fraude sur les prescriptions, chantre des guérisons miracles, mais qui a ses entrées à l’hôpital Paul Desbief de Marseille !

APSAMED que l’on retrouve encore à travers une intervention de Martine Gardénal au colloque Écomédecine qui se tient dans deux jours à Paris, sous le haut patronage de Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et… de la santé !

L’enquête de Sciences et Avenir révèle par ailleurs comment la fasciathérapie est devenue en quelques années, une véritable discipline universitaire, avec ses enseignements en Master, en DU (Diplôme universitaire) mais aussi en doctorat avec une quinzaine de thèses en cours.

POURTANT CETTE TECHNIQUE de massage inventée par Danis Bois, un ancien kinésithérapeute-ostéopathe repose essentiellement sur un concept ésotérique, l’existence d’un mouvement interne imaginaire, que seuls les initiés peuvent percevoir pour en déduire des informations sur l’état et la personnalité du patient.

Par exemple, si en posant la main sur la personne, le fasciathérapeute sent que le fameux mouvement va vers l’avant, cela signifie qu’il a affaire à une personne qui « va de l’avant ». Et s’il ne perçoit aucun mouvement vers l’arrière, c’est que cette personne… « manque de recul ».

Cette pseudo-médecine qui se développe dans nos universités et hôpitaux a pourtant été pointée du doigt dans un rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) pour ses risques de dérives sectaire dans le domaine de la santé. En juin, le conseil national de l’ordre des kinésithérapeutes a rappelé qu’il ne reconnaissait pas cette pratique, contrairement aux affirmations de Danis Bois.

Et la fasciathérapie n’est malheureusement pas le seul cas de dérive que Sciences et Avenir relève dans son enquête. Beaucoup concernent directement les malades atteints de cancers faisant peser sur eux une perte de chance dans la guérison.

Tous les détails dans le numéro de novembre qui sort en kiosque jeudi 25 octobre 2012.

Olivier Hertel
Sciences et Avenir

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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Danis Bois 24/12/2012 16:02





Lettre ouverte à Olivier Hertel de Sciences et Avenir de la part de Danis Bois, Professeur de l’Université
Fernando Pessoa de Porto


 


Monsieur,


 


Tous ceux qui me connaissent savent mon goût prononcé pour la transparence et la franchise. Aussi, je n’irai pas par quatre chemins : que me reprochez vous vraiment ? Quel délit ai-je commis ?
Dans ce que vous suggérez à mon propos, tout me paraît fiction et scénario ancrés dans des brides de vérité lointaines, qui, sous votre plume prennent une forme éloignée de la réalité et auxquels
de nombreux articles dans la presse nationale se sont référés (Paris Match, Le Figaro santé, Le Monde).


 


Ainsi, j’ai bien rencontré dans ma jeunesse, Ram Chandra, un ancien magistrat indien, mais vous oubliez de dire que depuis 30 ans, je n’ai aucun contact avec le mouvement spirituel qui s’est
autoproclamé après son décès et que je récuse fortement.


 


Par ailleurs, quel mal y a-t-il à devenir professeur d’université quand on est né enfant de la balle dans un petit village du centre de la France et que d’artisan on est devenu kinésithérapeute
diplômé d’état (DE), puis psychopédagogue curatif (master), puis docteur en sciences de l’éducation, puis agrégé et professeur en sciences humaines et sociales ? Vous semblez suggérer que j’ai
acquis ces titres d’une façon « tordue ». Pourquoi un doctorat en Espagne ? Oui, j’ai obtenu un doctorat européen dans l’université publique de Séville, rejoignant ainsi les racines espagnoles
qui m’ont été données par ma mère, réfugiée politique victime de Franco. Ensuite, j’ai passé mon agrégation en sciences sociales devant un jury international. Est-ce cela que vous appelez «
infiltration dans les universités » ? Mon agrégation publiée dans le « diaro republico » (équivalent portugais du journal officiel français) me permet aujourd’hui de diriger un centre d’études et
de recherches. 


 


Contrairement à ce que vous affirmez, la fasciathérapie n’est pas présente dans les universités françaises et il n’y a pas 17 thèses en cours sur la fasciathérapie comme vous l’indiquez. Les
recherches sur la fasciathérapie constituent un très faible pourcentage de l’activité de mon laboratoire, le centre d’études et de recherches appliquées en psychopédagogie perceptive
(www.cerap.org). J’ajoute que je n’enseigne plus la fasciathérapie depuis plus de 20 ans et que mon domaine d’expertise est la psychopédagogie de la santé. Et c’est à ce titre que je suis invité
dans des universités françaises. Pour illustrer l’amalgame, vous citez l’université de Rouen pour démontrer comment la fasciathérapie a « infiltré » les universités françaises. Vous dites que je
suis professeur de cette université, alors qu’en réalité, j’ai le statut de chercheur associé afin de préparer une habilitation à diriger des recherches en philosophie (HDR) sur le thème « Le
sensible, depuis Platon à la philosophie moderne ». Cette activité de recherche s’inscrit dans le prolongement de la philosophie des sciences de l’éducation et n’a donc rien à voir avec la
fasciathérapie.


 


En ce qui concerne « l’infiltration de la fasciathérapie dans les hôpitaux », vous semblez détenir des preuves dans un gros dossier qui concerne en réalité de nombreuses méthodes non
conventionnelles en laissant croire que la fasciathérapie en constitue le cœur. De quoi s’agit-il vraiment ? Il y a bien une recherche sur la fasciathérapie menée dans un centre hospitalier
d’Angers qui vise l’évaluation  de la fasciathérapie sur la qualité de vie d’une population de femmes atteintes d’un cancer du sein. Qu’y a t-il
d’obscur à permettre l’évaluation de thérapies non conventionnelles dans des institutions officielles ? Je vous rappelle que cette recherche d’Angers n’est pas conduite par mon laboratoire,
qu’elle est menée par des chercheurs oncologues indépendants, qu’elle est référencée sur le site de l’institut national contre le cancer (INCA) et qu’elle a obtenu un prix (« Prix Ruban rose
qualité de vie » - http://www.cancerdusein.org/prix-ruban-rose/les-laureats-prix-ruban-rose-2012)
Malgré tout cela, probablement que cette recherche sera interrompue avant la publication des résultats...


 


En ce qui concerne l’avis du Conseil National de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes (CNOMK) auquel vous vous référez pour étayer votre argumentation, je vous signale qu’un recours devant le
Conseil d’Etat pour excès de pouvoir a été déposé ce jour par l’Association Nationale des Kinésithérapeutes Fasciathérapeutes (www.ankf). Il convient de préciser que
l’avis du conseil national de l’ordre des masseurs-kinésitéhrapeutes auquel vous vous référez, ne mentionne pas la notion de dérive sectaire mais de manque de scientificité. N’est-il pas excessif
de considérer que toute approche non conventionnelle n’ayant pas encore suffisamment fait la preuve de son efficacité serait tacitement « à risque de dérive sectaire » ? Dans cet esprit, je vous
invite à consulter le référentiel du masseur-kinésithérapeute-ostéopathe paru sur le site du CNOMK (http://www.ordremk.fr/) et qui ne manquera pas d’aiguiser votre esprit critique scientifique.


 


Ensuite, concernant la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), il aurait été plus complet de prévenir le lecteur qu’une action judiciaire a
été également engagée par l’ANKF à l’encontre de la Miviludes, pour diffamation. L’offre de preuves contre la fasciathérapie remise par la Miviludes à l’avocat en charge de cette affaire, ne
mentionne aucune alerte, aucune plainte de patients ni aucune dénonciation de comportement déviant de kinésithérapeutes pratiquant la fasciathérapie.


 


Quant à l’université Fernando Pessoa (UFP : www.upt.pt), vous faites un amalgame laissant croire que la fasciathérapie et l’association UFP-France seraient liées. Or il n’y a pas de lien entre la
fasciathérapie et l’association UFP-France.


 


En conclusion, je me suis toujours battu pour le droit à la diversité et le devoir de contradiction et je crois encore en la justice française. Mais aujourd’hui, je constate que la notion de
présomption d’innocence n’est pas respectée sous le prétexte de « risques » et de « précautions ». A aucun moment, et ce, malgré mes demandes, ni le CNOMK, ni la Miviludes ne m’ont contacté pour
entendre ma version des faits et pour être par conséquent éclairés sur les malentendus et présupposés qui entourent la fasciathérapie et éventuellement ma personne.

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