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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:41

Ouarda venait subir une opération gynécologique dans une clinique de Saint-Maur. L’appareil à anesthésie lui a arraché deux dents et en a abîmé deux autres.

 

Hospitalisée mardi pour une ablation de l’utérus à la clinique Gaston-Métivet de Saint-Maur, une patiente s'est réveillée avec deux dents en moins. (PHOTO ILLUSTRATION)

Hospitalisée mardi pour une ablation de l’utérus à la clinique Gaston-Métivet de Saint-Maur, une patiente s'est réveillée avec deux dents en moins. (PHOTO ILLUSTRATION) | LP ARCHIVES

Un réveil après une opération sous anesthésie générale peut susciter quelques appréhensions. Dans le cas de Ouarda, hospitalisée mardi pour une ablation de l’utérus à la clinique Gaston-Métivet de Saint-Maur, ces craintes se sont vite transformées en véritable panique.


« J’avais mal dans la bouche, en haut.

J’ai touché avec ma langue et je me suis rendu compte qu’il me manquait les deux dents de devant et que deux autres étaient déplacées, raconte cette habitante de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). Je me suis mise à pleurer et l’anesthésiste m’a dit : Je suis désolée, je vous ai arraché vos dents. » Et de mimer le geste du tube à anesthésie que l’on retire de la bouche.

« Je me suis déjà fait endormir deux fois pour des opérations et on ne m’a pas enlevé les dents », raille la quadragénaire en larmes, au souvenir du douloureux réveil qu’elle a vécu. D’après la directrice administrative de la clinique, ce genre d’incident est « exceptionnel » : « Sur 8000 anesthésies par an, cela doit arriver une fois que les dents soient touchées. »

Depuis mardi, les frères et sœurs de la patiente l’accompagnent pour faire reconnaître l’incident. « Ce que je demande? Qu’ils paient pour le remplacement des dents », poursuit Ouarda. « On ne veut pas mettre l’anesthésiste en prison ni faire fermer l’établissement, précise Nadia, une de ses sœurs. Mais Ouarda n’a pas les moyens d’avancer les frais. » Et son frère d’ajouter : « On a l’impression d’être face à un mur et que tout le monde cherche une faille juridique pour se disculper. »

Car la procédure d’indemnisation est complexe et pourrait n’aboutir à aucune prise en charge des assureurs de la clinique ou du médecin qui exerce en libéral. « Il n’y a pas de réponse automatique, explique la directrice de la clinique. Tout dépend de l’état préexistant des dents. S’il y avait un problème dentaire, il s’agit d’un aléa thérapeutique et les dommages pourraient être à la charge de l’assurance de la patiente. S’il n’y a aucun élément préexistant, les dégâts pourraient être liés à la brutalité d’un geste du praticien. »

Ouarda devait quitter hier l’hôpital Gaston-Métivet, mais sa sortie a été décalée de quelques jours. « Je suis arrêtée jusqu’à la mi-novembre pour mon opération gynécologique. Mais, de toute façon, je n’irais pas travailler avec cette tête », affirme la coquette restauratrice, yeux et lèvres rehaussés de maquillage permanent. « Il faut qu’elle aille voir son dentiste pour l’expertise », précise la direction de l’établissement, sans s’engager sur les suites qui seront données à cette affaire.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans VIOLENCE A L'HOPITAL
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