Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 19:02

Choisir le meilleur praticien... mais à ses propres frais, c'est ce que propose désormais l'Union des médecins spécialistes confédérés (Umespe). Une solution qui révèle le conflit latent entre les médecins-vedettes et les médecins dépendants des tarifs de la sécurité sociale.


 
L'Union des médecins spécialistes confédérés proposent d'arrêter de rembourser les patients consultant des médecins qui pratiquent le dépassement d'honoraires.

L'Union des médecins spécialistes confédérés proposent d'arrêter de rembourser les patients consultant des médecins qui pratiquent le dépassement d'honoraires. Crédit Flick/Alex E. Proimo

Atlantico : L'Umespe (Union des médecins spécialistes confédérés) a proposé d'arrêter de rembourser les patients consultant des médecins qui pratiquent le dépassement d'honoraires. Décriée depuis quelques mois, cette tendance est accusée d'entraver l'accès aux soins. Pour autant, la solution proposée peut elle être efficace ?

Jean-François Rey : Je le pense car par cette proposition on veut améliorer l’accès aux soins en diminuant le reste à charge pour les patients. Or, on a identifié 300 médecins qui pratiquent des tarifs hors normes - dont je ne discute d’ailleurs ni le bien-fondé ni les compétences - mais qui, du fait même du prix de leurs consultations, ne sont pas les principaux acteurs de l’accès aux soins, puisqu'ils pratiquent jusqu’à 10 fois le tarif de l’assurance maladie. Si un patient est atteint d’un cancer, ou doit être opéré de la vésicule, du cœur ou de la prostate, nombreux sont les médecins en France, hospitaliers ou libéraux, aux tarifs d’autorité et qui prennent des compléments d’honoraires tout à fait raisonnables. Ce qui me gêne dans ce débat, c’est qu'on en est à titiller 180 000 médecins qui exercent en ville ou en hôpital pour 300 autres. Aussi me semble-t-il plus approprié de placer ces médecins-stars sous le même régime que les chirurgiens esthétiques qui officient dans le secteur privé, c’est-à-dire dans le secteur 3 qui n’est pas pris en charge par la solidarité nationale.

Il faut que les patients comprennent que voir un cancérologue célèbre de Paris en consultation privée est un choix personnel qui est très différent de l’accès aux soins et qui n’a rien à voir avec la qualité médicale. Il est indéniable que ces médecins ont une renommée et ont une très grande qualité, mais il n’en reste pas moins qu’on ne mesure pas la qualité d’un médecin à la hauteur de ses honoraires. Il y a de très bons professeurs en France qui travaillent dans le secteur public ou qui pratiquent des compléments d’honoraires tout à fait raisonnables.

N’avez-vous pas l’impression que cela pénalise un peu injustement des clients qui veulent avoir accès à ce qu’ils considèrent comme les meilleurs soins ?

Les clients dont vous parlez ont la possibilité de voir certains de ces médecins dans le secteur public avec des tarifs normaux et ils ne sont que 150 sur des milliers. Or, quelle que soit votre pathologie, vous pouvez avoir recours à des praticiens d’égale qualité et qui sont dans le tarif de la Sécurité sociale. Quand un patient fait le choix de la chirurgie esthétique, il l’assume. De la même façon, quand il fait le choix d’avoir recours à un médecin vedette, il doit l’assumer.

Les difficultés économiques des citoyens se cristallisent dans des compléments d’honoraires modérés mais inacceptables parce que les complémentaires ne les prennent pas en charge. J'approuve donc le contrat solidarité proposé par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui prévoit que l’assurance maladie obligatoire fasse un effort pour augmenter ses tarifs. Car s’il existe les compléments d’honoraires, c’est en raison du gel des tarifs pratiqué depuis une vingtaine d’années. Donc, elle les remonte, et de leur côté, les complémentaires tiennent enfin compte de la signature qu’ils avaient apposé il y a deux ans mais qui n’a pas été respectée pour des raisons politiques avec Xavier Bertrand.

Cela implique un effort entre les médecins, l’assurance maladie et les complémentaires santé et c’est bien là la vraie problématique, elle n’est pas du tout du côté de ces 300 médecins.

Partager cet article

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • : - Les violences morales : ordres, interdictions, reproches, indifférence, privation de visites, humiliation, infantilisation… - les violences par excès par négligences : absence de prise en compte de la douleur, acharnement thérapeutique, excès de médicaments… - les violences physiques : toilettes imposées, cris, gifles, sévices sexuels… - les violences matérielles : vols d’agent ou d’objets, matériel non adaptés… - le non-respect du consentement : cette question et ce
  • Contact

Présentation

Recherche

Archives

Liens