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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 13:47

Par Vincent Olivier, Estelle Saget et Richard De Vendeuil, publié le 03/11/2011 à 07:00, mis à jour à 08:57


Faut-il prescrire ou proscrire les médicaments?

Le suicide est un des effets de certains antidépresseurs chez les jeunes.

Flick'r/e-MagineArt.com

Non seulement les Français avalent trop de comprimés en tout genre mais ils les consomment mal. Quels dangers se cachent dans les armoires à pharmacie? Un livre pointe les risques et L'Express complète la liste. 

Une série noire qui n'en finit plus. Après le Mediator pour maigrir et le Protelos contre l'ostéoporose, voilà les benzodiazépines - somnifères et tranquillisants de type Valium, Tranxène, Xanax - suspectées de favoriser la maladie d'Alzheimer! La nouvelle, révélée dans le mensuel Sciences et avenir, a provoqué un vent de panique chez les 5 à 6 millions de consommateurs en France. Même si le Pr Bégaud, à l'origine de cette hypothèse, s'est, depuis, en partie rétracté.  

Cette polémique aura eu le mérite de rappeler une évidence: le médicament n'est jamais un produit anodin. Depuis Mithridate et l'Antiquité grecque, tous les toxicologues savent que "c'est la dose qui fait le poison". Une réalité apparemment oubliée dans un pays où l'on achète près d'une boîte par semaine et par habitant, comme le rappelle un récent rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). 

Et pourtant, contrairement à une idée reçue, nous ne sommes plus dans le règne du "toujours plus". En quantité, il s'est même vendu moins de médicaments en 2010 qu'en 2003, rappelle l'Afssaps dans son rapport. Et pas seulement, précise-t-elle, du fait de la vague de déremboursements observée en 2008. Interrogés début 2011 par l'Institut TNS Sofres pour le compte du Leem, le syndicat de l'industrie pharmaceutique, plus de 90% des Français estiment que l'on a trop souvent recours aux médicaments en France. Mais, lorsqu'on leur demande s'ils s'incluent parmi ces consommateurs excessifs, ils répondent non à 84 %!  

Un tiers des plus de 65 ans prennent des tranquillisants

Le Livre noir du médicament par Corinne Lalo et Patrick Solal, Plon, 311 p., 20 €.

Le Livre noir du médicament par Corinne Lalo et Patrick Solal, Plon, 311 p., 20 €.

DR

L'accumulation de scandales aidant, une prise de conscience progressive va peut-être s'opérer. Il serait temps. A cet égard, la consommation des benzodiazépines (BDZ) est emblématique. Voilà en effet une classe thérapeutique dont nul ne conteste l'efficacité. Mais faut-il pour autant qu'un tiers des plus de 65 ans en avalent quotidiennement et, dans la moitié des cas, depuis plus de cinq ans? Car les BDZ induisent des troubles de la vigilance et de la mémoire - d'où leur rôle néfaste éventuel dans la maladie d'Alzheimer. Des risques pointés, entre autres dangers, dans une enquête publiée ces jours-ci, Le Livre noir du médicament (Plon), écrit par le biologiste Patrick Solal et la journaliste Corinne Lalo (lire des extraits). 

Plus problématique, ces molécules engendrent une dépendance qui s'installe au bout de quelques semaines, liée en partie à la "demi-vie" de ces médicaments, c'est-à-dire le temps nécessaire pour éliminer la moitié du principe actif dans l'organisme. Or, celle-ci est longue: "Trois jours pour le Tranxène, et deux semaines pour que la totalité de cette molécule disparaisse de l'organisme", s'insurge Patrick Lemoine, psychiatre et auteur de La Détox, c'est la santé!, chez Robert Laffont. D'où son conseil à l'adresse de tous les professionnels: annoncer d'emblée et systématiquement la durée de prescription, prévoir la date de sevrage et baisser progressivement les doses.  

Nombre de praticiens "fourguent du comprimé"

Pourquoi cette "prescriptionnite" aiguë? Comme rien n'oblige les praticiens à suivre une formation continue, nombre d'entre eux se contentent de "fourguer du comprimé" plutôt que de proposer des prises en charge alternatives, une démarche qui demande du temps. Autant dire que, du labo pharmaceutique aux pouvoirs publics en passant par le généraliste, nul n'a vraiment intérêt à voir les choses évoluer.  

Pas même les patients, ajoute le Pr Jean-François Bergmann, chef de service de médecine interne à l'hôpital Lariboisière à Paris, qui a une jolie théorie: les Français sont "à la fois latins et gaulois", explique-t-il. Latins, car ils prennent un comprimé "comme une hostie, une espèce de produit miracle qui va les guérir. D'où cette armoire à pharmacie pleine en permanence". Gaulois, par ce côté "je cotise, donc j'y ai droit. C'est gratuit, donc j'en prends. Et tant pis si je ne finis pas la boîte." En matière de santé, pourtant, le mélange d'Astérix et de César est tout sauf une potion magique. 

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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