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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 19:36

 


©Raffaele Celentano/laif-REA

Quand on prend chaque jour un médicament pour dormir, on finit souvent par ne plus pouvoir se passer de ce petit rituel du soir. Pourtant, c’est possible. A l’occasion de la 13ème Journée du Sommeil, le 22 mars, Viva fait le point sur les différentes façons d’en finir avec les insomnies et les somnifères.

Environ 10 % des Français prennent un comprimé pour dormir. Des somnifères mais aussi des anxiolytiques, voire des antiallergiques (antihistaminiques). Pour certains, cette pilule n’est qu’un recours passager pour trouver plus facilement­ le sommeil à une période douloureuse de leur vie : deuil, séparation, chômage, accident, dépression, etc. Pour d’autres, c’est devenu une habitude dont ils ne peuvent plus se passer. Pourtant, les effets indésirables ne sont pas anodins (voir encadré page suivante).

Toutefois, pas question d’interrompre son traitement du jour au lendemain : un arrêt brutal peut entraîner un phénomène de sevrage, notamment si les médicaments ont été pris sans interruption ­pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Cela se traduit par un rebond de l’insomnie, des crises d’anxiété, des céphalées, des douleurs ou des faiblesses musculaires, des tremblements, de l’agitation ou des cauchemars. Exceptionnellement, des convulsions ou des hallucinations peuvent se manifester chez certaines personnes dans les jours qui suivent l’arrêt du traitement. Ces symptômes disparaissent spontanément au bout de quelques jours, mais l’inconfort est tel qu’il incite souvent les insomniaques à reprendre leurs pilules. Pour limiter le risque d’échec de son sevrage, le patient doit être accompagné par son médecin traitant ou par un spécialiste du sommeil. Et choisir le moment propice : une période où il se sent en forme, ni trop stressé ni angoissé.

Arrêter progressivement

Concrètement, le sevrage consiste à réduire progressivement les doses de somnifères ou d’anxiolytiques, de quart de comprimé en quart de comprimé, par paliers. Par exemple, si vous avez l’habitude de prendre une pilule le soir, commencez en ne la prenant entière que les jours pairs, et seulement les trois quarts les jours impairs, et ce durant dix jours. « Si la qualité de son sommeil est satisfaisante, le patient peut alors se stabiliser, pendant les dix jours suivants, avec trois quarts de com­primé­ chaque soir, explique le Dr Sylvie Royant-Parola­ [1], psychiatre spécialiste du sommeil et présidente du réseau Morphée. Puis il peut poursuivre le processus en prenant trois quarts de comprimé les jours pairs et un demi-comprimé les jours impairs durant dix jours… et ainsi de suite jusqu’à l’arrêt complet du traitement.  » Si tout va bien, le sevrage peut réussir en deux mois. En revanche, si la qualité du sommeil se détériore, la durée des paliers peut être allongée de une à plusieurs semaines.

Une bonne hygiène de vie

Parallèlement, il est nécessaire que le sevrage s’accompagne d’une thérapie comportementale menée avec le médecin traitant, un psychologue ou encore avec un professionnel d’un centre du sommeil. Car il s’agit désormais d’apprendre à trouver le sommeil tout seul. Adopter une bonne hygiène de vie est un premier pas. Prendre un repas copieux le soir ou des boissons excitantes (alcool, thé, café ou sodas à base de coca) sont de ces erreurs à éviter. Comme, aussi, de faire du sport après 18 heures, car cela augmente la température corporelle et relance les systèmes d’éveil. Le sommeil peut également être perturbé par un environnement­ peu favorable : du bruit, une mauvaise literie, de la lumière ou une température supérieure à 20 0C dans la chambre.

 

 

-  [21.03.13]   Sylvie Boistard

[1] Auteure de Comment retrouver le sommeil par soi-même, éditions Odile Jacob, 17 euros.

Trop de prescriptions

On peut tous passer une mauvaise nuit  : une réunion professionnelle importante le lendemain, un examen à passer, un rhume qui empêche de bien respirer… Selon la Sofres, trois Français sur quatre se plaignent de difficultés d’endormissement, d’éveils nocturnes ou de réveil précoce. Mais, généralement, tout rentre rapidement dans l’ordre. Ce sont les insomnies chroniques, qui reviennent plus de trois fois par semaine pendant plus de trois mois, qui conduisent souvent le patient à prendre des médicaments au long cours.

Avec la complicité de certains médecins qui ont tendance à renouveler les ordonnances facilement sans toujours rechercher l’origine du trouble ni proposer d’autres pistes.

Les Français accros aux benzos  ?

Stilnox, Lexomil, Temesta, Valium… Même si l’usage des benzodiazépines (Bzd) tend à se stabiliser depuis dix ans, en 2010, un Français sur cinq (surtout les femmes) en a consommé au moins une fois au cours de l’année, principalement pour lutter contre l’anxiété ou les troubles du sommeil.

Mais leur consommation régulière n’est pas sans conséquences sur la santé. En effet, « ces molécules exposent le patient à des risques clairement identifiés, comme une dépendance physique et psychique, plus particulièrement en cas d’utilisation prolongée  », explique le Dr Michel Mallaret, responsable du centre d’addictovigilance de Grenoble. De plus, l’effet thérapeutique du médicament décroît assez rapidement, ce qui peut amener le patient à augmenter de lui-même les doses journalières ou à associer son traitement à de l’alcool pour accroître les actions sédative et désinhibitrice du produit. Ces mêmes effets diminuent les réflexes et la vigilance et accentuent le risque d’accidents de la route ou du travail, ou de chute chez les personnes âgées.

Plus inquiétant encore : les Bzd induisent des pertes de mémoire des faits récents, heureusement réversibles à l’arrêt du traitement.

Certaines études – qui demandent à être validées – suggèrent même l’existence d’un lien entre la prise de Bzd et la survenue d’une démence, dont la maladie d’Alzheimer. Leur consommation doit donc être limitée chez les personnes âgées. Selon les recommandations, la durée de prescription doit être limitée à deux semaines pour les hypnotiques et à douze semaines pour les anxiolytiques.

Si l’insomnie persiste après l’arrêt du traitement, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste. «  Prendre une pilule ne résout pas tout. Des solutions existent : thérapies comportementales ou approches éducatives ont fait leurs preuves, affirme le Dr Mallaret. De plus, on ne dort pas de la même façon à vingt ans qu’à soixante, où le sommeil est plus fractionné et les éveils nocturnes naturellement plus fréquents. »

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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