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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 19:27

Le Point.fr - Publié le 10/04/2013 à 12:29

Les médecins sont responsables de l'explosion du nombre d'examens injustifiés, une des causes de l'inflation des dépenses de santé.

Les bilans annuels ne réduisent pas la mortalité ni la morbidité générales. Les bilans annuels ne réduisent pas la mortalité ni la morbidité générales. © ROGERS/NEWSTEAM / SIPA

Par Anne Jeanblanc
 

Il est indispensable d'"améliorer la pertinence des stratégies médicales". En d'autres termes, il faut cesser de réaliser de façon abusive et sans discernement des bilans de santé, des dépistages, des examens biologiques, des échographies, d'utiliser l'imagerie "lourde", les médicaments et la chirurgie. Le rapport présenté ce matin par l'Académie de médecine ne va pas plaire à tout le monde. Ses auteurs tirent le signal d'alarme. Selon eux, ce sont "les conditions d'exercice" (le peu de temps consacré à l'examen clinique), le risque de judiciarisation et le "consumérisme médical" ("j'ai payé, j'y ai droit") qui expliquent la plupart des excès. C'est pourquoi ils prônent une meilleure formation des médecins, de l'organisation des soins et des contrôles.

Concernant l'utilité des bilans annuels de santé, proposés gratuitement par l'Assurance maladie à tous ses cotisants, l'Académie s'interroge. En France, environ 600 000 personnes s'y soumettent tous les ans. Elles subissent des analyses biologiques destinées à mesurer de nombreux paramètres dans le sang et les urines. Or, une étude très récente, publiée par la Cochrane Library et portant sur 182 880 cas, conclut que cette pratique ne réduit pas la morbidité et la mortalité, ni globalement, ni pour les pathologies cancéreuses, ni pour les maladies cardiovasculaires. C'est d'ailleurs pourquoi l'Assurance maladie préfère désormais orienter ces bilans vers des populations ciblées (notamment en fonction de leur âge et de leurs conditions sociales) ou dans des études épidémiologiques organisées.

Démultiplication des examens et prescriptions floues

Deuxième interrogation : faut-il proposer un bilan pour rassurer tout patient présentant une anomalie clinique mineure ? Le rapport cite, en particulier, "la recherche des marqueurs de pathologie cancéreuse dans un large éventail sans la moindre orientation clinique". Il s'interroge aussi sur la pratique qui consiste à effectuer systématiquement de nombreux examens chez des patients qui arrivent dans les services d'urgence. D'autre part, il rappelle les recommandations récentes de la Société française d'anesthésie et réanimation, selon lesquelles aucune analyse biologique pré-opératoire n'est utile dans la plupart des cas.

L'Académie de médecine s'insurge aussi contre les prescriptions floues dans le style "bilan thyroïdien" ou encore "bilan hépatique". "Si une telle demande arrive chez le biologiste, celui-ci doit reprendre contact avec le prescripteur, identifier un dosage-clé à partir des résultats desquels l'investigation pourra être élargie", précise le rapport.

Les pertes d'argent liées à des analyses redondantes sont aussi dénoncées dans ce document. Le problème est fréquent lorsqu'apparaît sur le marché une nouvelle méthode explorant la même pathologie qu'une technique antérieure, mais en apportant des informations supplémentaires. Très souvent, le nouvel examen est pratiqué sans que le plus ancien soit pour autant abandonné. Un des meilleurs exemples a été fourni par les dosages des marqueurs cardiaques. Lorsque les recommandations concernant le dosage de la troponine I ont été émises par les Sociétés savantes, et bien que cette analyse soit maintenant considérée comme le "gold standard" pour le diagnostic des infarctus, le dosage de la CK-MB (test antérieur) a persisté pendant de nombreuses années. Et les deux analyses ont été souvent prescrites simultanément, sans bénéfice pour le patient...

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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