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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 07:29

 Le méthylphénidate (Ritaline), stimulant du système nerveux central est pharmacologiquement proche des amphétamines, a de graves effets secondaires (insomnie, dépendance, dépression…) qui incitent à prendre de nouveaux traitements tels les somnifères. Les effets secondaires peuvent aller jusqu’à des phénomènes d’accoutumance. Ils  provoquent parfois des lésions graves, notamment des accidents cardiaques, ou bien aboutissent à des automutilations, des décès, des tentatives de suicide et des passages à l’acte suicidaire.

Le méthylphénidate, molécule de la Ritaline, figure dans la liste officielle des substances prohibées du Code mondial antidopage. Certains psychiatres ont particulièrement attiré l’attention sur les dangers de ces médicaments modificateurs du comportement de l’enfant. Sans succès. Citons Pr Vican et les médecins qu’il évoque dans son livre "Nos enfants cobayes de la psychiatrie" : "Les enfants dont je vais vous parler ne sont plus hyperactifs ou ne sont plus inattentifs, ils sont morts […]" Morts du traitement par la Ritaline que leurs parents étaient contraints, par les services sanitaires des écoles, de faire suivre à leurs enfants, sous prétexte qu’ils étaient "hyperactifs"[5].

D’autres antidépresseurs largement prescrits sont dangereux potentiellement. Certes si les effets secondaires sont fréquents, les drames sont rares mais le jour où ils arrivent, il est trop tard. Le risque est établi. Par exemple le prozac ou fluoxétine a des effets similaires à la cocaïne sur la sérotonine de notre cerveau chez certaines personnes. Dans son dossier d’AMM  à la FDA le responsable de l’évaluation des effets secondaires du prozac notait un profil similaire aux amphétamines. Le résultat d’une étude parue dans une grande revue de pédiatrie américaine montre l’augmentation du risque de suicide ou de tentative chez les patients sous antidépresseurs : ce travail a répertorié les suicides et tentatives pendant 9 ans sur une cohorte de plus de 20 000 enfants et adolescents traités pour dépression (10 -18 ans). Ils n’ont pas vu de différences significatives entre la fluoxetine[6] (Prozac), le citalopram (Seropram), la fluvoxamine (Floxyfral), la paroxetine (Deroxat) ou la sertraline (Zoloft) qui sont tous à risque de favoriser les tentatives de suicide.

Ils ont conclu à la nécessité que la FDA inclue tous les antidépresseurs dans la boite noire d’avertissement "black box warning" qui signale les boites de médicaments dangereux en vente aux Etats-Unis concernant l’augmentation d’incidence du risque suicidaire chez les enfants et adolescents en début de traitement (la première année).[7]

A la suite de l’épisode médiator l’agence du médicament avait publié une liste de 77 médicaments placés sous surveillance renforcée dans le cadre "d’un plan de gestion des risques" mais toujours autorisés. Parmi eux se trouvent des psychotropes utilisés pour le traitement de la dépression, de l'insomnie, de la schizophrénie, du trouble bipolaire, de la baisse de libido et de la dépendance au tabac ou à l'alcool. La revue Prescrire relayée par "Que choisir" en avril 2012 insistait sur certains à retirer de suite, mais toujours sur le marché. 

L'encadrement français autour de ces médicaments est-il le même qu'aux Etats-Unis ? Selon vous, est-il pleinement efficace ?

L’autorisation de mise sur le marché des médicaments est donnée par l’agence du médicament nommée récemment l'Agence nationale de la sécurité des médicaments (ANSM, ex-Afssaps). Elle est censée comme la FDA surveiller l’absence de danger du médicament initialement et de surveiller le moyen et long terme, le retirer du marché en cas de problème éventuel. Le récent drame du médiator est dans toutes les mémoires comme la grande difficulté aux donneurs d’alerte sur les dangers de ce médicament, à se faire entendre. Le changement de nom de l’agence et de direction a conduit à une charte et de bonnes intentions mais on se demande comment celles-ci pourront être tenues si le problème des conflits d’intérêt n’est pas réglé tout au long de la chaine du médicament.

Le nouveau directeur général de l'ANSM soutient également l'idée d'une évaluation permanente des bénéfices et des risques des produits sur le marché. Celle-ci est, selon lui, beaucoup plus active depuis la réforme du système du médicament fin 2011 et "la directive européenne de pharmacovigilance [qui] donne, depuis juillet 2012, le pouvoir juridique à l'ANSM d'exercer cette pharmacovigilance en vie réelle". "On fait du réactif mais surtout on a une démarche proactive qui consiste à aller évaluer les bénéfices et les risques d'un médicament sans consulter les firmes", grâce à des moyens autonomes et une expertise interne indépendante, assure Dominique Maraninchi. Mais les obstacles sont nombreux face à la détermination du Pr Maraninchi.

La loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé organise la transparence comme prévention des conflits d’intérêts dans le domaine des produits de santé. Cela avait fait espérer une amélioration réelle du système. Elle réaffirme une obligation de rendre publics les liens d’intérêts détenus par les experts qui participent aux travaux de l’Agence. Le décret du 9 mai 2012, généralise à l’ensemble des acteurs publics du secteur de la santé cette obligation de déclaration publique d’intérêts.

Malheureusement le ministère de la Santé actuel est en train de détricoter cette loi avant même son application. Le projet de décret sur le Sunshine Act français en miroir de celui des Etats-Unis semble contraire à la volonté de transparence affichée par le législateur dit Dr François Rousselot, conseiller national, président de la commission des relations médecins-industrie à propos du décret d'application du Sunshine Act dans son papier du 23 octobre 2012 sur la "publication des liens d’intérêt, de la lumière à l’obscurité".

Contrairement à la volonté du législateur et au texte même de la loi du 29 décembre 2011, les usagers du système de santé n’auront qu’une vision fausse, confuse et tronquée des liens d’intérêts entre professionnels de santé et industriels du médicament et du matériel médical.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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