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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 19:28

L'industrie pharmaceutique est la plus rentable de toutes. Sanofi dépasse maintenant Total et pourtant elle va mal. Il y a vingt ans, c'était une période faste, elle découvrait quantité de nouvelles molécules. Aujourd'hui, elle entre dans une période noire. Car cette industrie est prise dans un véritable dilemme. D'une part, les fonds de pension américains en sont devenus les principaux actionnaires et exigent une rentabilité de 15 à 30 % par an ; d'autre part, la recherche stagne, l'industrie ne trouve plus beaucoup de nouvelles molécules véritablement innovantes. Il lui fallait avancer des solutions, je dis tout de suite, pas forcément éthiques... pour satisfaire ses actionnaires.

Pseudo-nouveaux médicaments

L'industrie a commencé par copier les anciens médicaments. Ce sont les "me too" (quasi-copie). En changeant un atome par-ci, un excipient par-là sans pour autant en changer l'action, elle a créé de pseudo-nouveaux médicaments, qui ont obtenu de nouvelles licences. Cette entourloupe a été généralisée. En ce qui concerne l'hypertension artérielle, il existe cinq grandes classes de médicaments, mais 200 sont commercialisées, incluant le générique. Toutes sont des "me too". Elle en inonde le marché, sans rien apporter en termes d'amélioration du service rendu, mais à des prix supérieurs aux précédents, plombant les comptes de la Sécurité sociale, mystifiant les médecins et les patients.

Maladies créées de toutes pièces


Pour écouler ses médicaments, l'industrie, associée à des commissions officielles où règnent des conflits d'intérêts et à des sociétés savantes plus ou moins complices, a créé de nouvelles maladies. La pré-hypertension, le pré-diabète, pathologies qui souvent n'existent pas mais qui se traitent à vie. C'est un véritable jackpot. Ces industries ont aussi poussé les médecins à traiter des symptômes de la vie quotidienne : dépressions passagères, insomnie temporaire, petites douleurs de la vie courante. Le médicament est devenu le compagnon normal. Au lieu d'accepter un régime simple pour maigrir, voici les coupe-faim (le Mediator) ; une bonne hygiène de vie suffirait à éviter dans de nombreux cas le début du diabète, d'une hypertension... Le médicament remplace l'effort, l'industrie a médicalisé la vie.

Etudes falsifiées

Cette orientation est déjà condamnable et dangereuse, mais il y a pire. Pour faire accepter des médicaments nouveaux souvent dangereux, des études ont parfois été volontairement falsifiées. Quelques affaires récentes sont emblématiques. Un grand laboratoire fait l'objet d'une plainte aux Etats-Unis, un de ses médicaments ayant entraîné des meurtres et des suicides. De véritables contrôles de la police sanitaire ont révélé que, sur cinq études menées pour étudier l'effet de ce médicament sur les patients, une seule avait été publiée, en sa faveur, et quatre autres cachées car trop défavorables. Résultat : amendes de plusieurs milliards de dollars. Ailleurs, ce sont 100 000 dossiers de malades issus de plusieurs études qui ont été dissimulés, trop défavorables.

Condamnations aux Etats-Unis, mais pas en France

Aux Etats-Unis, ces deux dernières années, les huit plus grands laboratoires ont été condamnés à 13 milliards de dollars. Les amendes y pleuvent. En France, rien. Faut-il rappeler l'affaire du Mediator ? Aux Etats-Unis, son "frère jumeau", l'Isoméride, issu du laboratoire Servier mais commercialisé par le laboratoire Wyeth, est retiré du marché, et le laboratoire condamné à une amende de 14 milliards de dollars. En France, on en est toujours à se demander s'il faut indemniser les patients qui ont pris du Mediator et qui présentent des troubles cardiaques.
Toujours aux Etats-Unis, un anti-inflammatoire, le Vioxx, est retiré du marché, vraisemblablement responsable de 40 000 morts. Le laboratoire est condamné à plusieurs milliards de dollars ; en France, le même médicament est retiré avec retard, officiellement il n'y a pas eu de morts... comme pour le nuage radioactif de Tchernobyl qui s'est arrêté à nos frontières.

Rien n'est fait pour interdire les conflits d'intérêts


Ces drames, ces falsifications sont dus aux conflits d'intérêts liant les industries pharmaceutiques et certains médecins membres des commissions officielles. Aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, des mesures draconiennes ont été prises, interdisant ces conflits. En France, la loi Bertrand [qui vise à renforcer la transparence sur le médicament, NDLR] n'a toujours pas de décret d'application. Pourquoi cette passivité ? Sur quarante présidents de commissions médicales ou administratives, trente et un ont des conflits d'intérêts au travers de un à cinquante contrats les liant aux labos... Certains possèdent même des actions de ces labos. L'industrie pharmaceutique semble avoir conscience de ses propres dérives et commence à développer des recherches en collaboration avec les Etats pour tenter de restaurer son image ternie.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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