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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 09:33

Caries : les résines dentaires à base de bisphénol-A rendraient les enfants dépressifs et anxieux

Selon une récente étude financée par l’Institut National pour la Santé, les enfants traités avec une certaine résine pour combler des caries présenteraient des troubles psychologiques.

Atlantico a interrogé Jean-François Narbonne, expert de l'ANSES (l'Agence nationale de sécurité sanitaire), docteur en nutrition et professeur à l'Université de Bordeaux 1.

Antlantico : Une étude met en lumière les effets de la présence de bisphénol A dans les résines dentaires utilisées pour combler les caries. Les enfants auraient tendance à être plus dépressifs. Or, le bisphénol A a été approuvé par la Food and Drug Administration aux Etats-Unis, tout comme en France. Existe-t-il vraiment un risque sanitaire ?

Jean-François Narbonne : Le bisphénol A est un plastifiant qui est utilisé depuis très longtemps.

Il a été approuvé partout. Y compris dans les biberons. Il a tout d’abord permis de remplacer les amalgames dentaire au mercure, sujet sur lequel la France était particulièrement en retard, avec un scandaleux combat d’arrière garde des autorités sanitaires, alors qu’on connaissait tous les éléments. Au contraire, pour le bisphénol A, aucun élément ne permet de dire qu’il y a un risque sanitaire. S’il y en avait un comme pour le mercure, les agences auraient recommandé son interdiction.

Au niveau épidémiologique, on constate néanmoins qu’il faut diminuer l’exposition au bisphénol A, d'autant que c’est un produit d’usage universel. D’ailleurs, les biberons, ce n’était rien : 4% de l’exposition des enfants, contre 40% pour les boîtes de conserve, le lait pour bébé, les cannettes de soda pour les adultes. Si on résout le problème des boîtes de conserve, on aura résolu 40% du problème ! Les résines dentaires sont donc marginales.

Le problème de l’exposition à long terme a été mis en évidence. Par exemple, on a démontré que lors des accouchements par césarienne, c'est-à-dire dans un environnement hospitalier, le taux de bisphénol augmente de 40% dans les urines, parce qu’il y en a partout dans les plastiques médicaux. Mais en l’occurrence, c’est une exposition ponctuelle : après l’accouchement, le niveau d’exposition revient à ce qu’il est pour l’ensemble de la population. En va-t-il de même au niveau dentaire ? Au début, le matériel est neuf, et diffuse le bisphénol. Puis l’exposition faiblit.

La dépression des enfants peut-elle vraiment avoir pour origine leurs visites chez le dentiste ?

Ce genre d’études n’est pas très sérieux scientifiquement. On peut rattacher la dépression aux autres effets du bisphénol A. Le problème des perturbateurs endocriniens, c’est qu’ils sont partout. Ce qu’on devrait démontrer, comme pour les césariennes ou pour le mercure, c’est : est-ce que la résine dentaire modifie vraiment l’exposition des gens, ou non ?

Ensuite, si l’on n’utilise pas de bisphénol A, que met-on à la place ? Du mercure ? On cherche aujourd’hui des produits de substitution… à condition qu’ils ne soient pas plus toxique que le produit qu’on enlève. Pour les biberons par exemple, on a proposé de les remplacer par des biberons en verre. Mais des débris de verre résultant du lavage en machine peuvent porter atteinte au tissu digestif de l’enfant.

Le bisphénol A est-il vraiment partout?

C’est un formidable produit. C’est bien pour cela que l’on peine à le remplacer. Je ne suis pas chimiste des matériaux, mais il protège les antioxidants dans les boîtes de conserve, il plastifie, évite d’utiliser des colles… Il faudrait le remplacer par trois ou quatre produits pour obtenir les mêmes propriétés. C’est un sujet que l’on traite depuis longtemps dans les agences sanitaires, nous l’avions placé en 27e position des substances à réguler prioritairement. Mais depuis, on n’a rien trouvé de valable pour le remplacer totalement.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans L'ENFER DES TRAITEMENTS
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