Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 09:48
Par figaro iconYves Miserey - le 05/04/2013
L'analyse des rejets d'eau de dortoirs dans une cité universitaire américaine montre un pic de la consommation de psychotropes en période d'examens.

La plupart des cours d'eau sont contaminés par les médicaments - antibiotiques, anticancéreux, antidépresseurs... Les molécules s'écoulent dans les eaux usées via les urines et les excréments. Malgré ses méfaits pour la santé humaine et animale, cette contamination peut aussi servir à approfondir des études épidémiologiques, en complétant par exemple des enquêtes conduites par questionnaires. C'est ce qu'ont fait des chercheurs de l'université de Washington qui enquêtaient sur la consommation de psychotropes par les étudiants américains. Pour ce faire, ils ont analysé tout au long de l'année scolaire les eaux usées à la sortie de quatre dortoirs de 500 lits en tout, dans une cité universitaire de la côte ouest des Etats-Unis (The Science of the Total Environment, 15 avril 2013).

Aux États-Unis, la consommation de psychotropes dans les universités est un problème préoccupant. Le détournement d'usage est une pratique courante. En période d'examens et pour avoir de meilleurs résultats, certains étudiants consomment des médicaments normalement prescrits dans le traitement du trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH). Ils prennent des comprimés d'adderall, un composé d'amphétamines et de la ritaline. Plusieurs études épidémiologiques basées sur des questionnaires ont montré que près de 10 % des étudiants utilisent ces produits. Ils se fournissent auprès de leurs camarades souffrant de TDAH ou en se les faisant prescrire sans en avoir besoin.

L'analyse conduite par Daniel Burgard et son équipe met en évidence des fluctuations au cours de l'année scolaire. En pleine période des examens de fin d'année, la consommation d'amphétamines connaît un pic marqué, avec 24 % des étudiants qui en prennent. La ritaline, en revanche, est plutôt prise au cours du premier trimestre.

Les études de ce type sont habituellement menées à très grande échelle en amont des stations d'épuration, dans les égouts des villes ou dans les cours d'eau. Au départ, elles visaient surtout à évaluer la consommation de drogues illicites à l'échelle d'une cité. L'intérêt pour les médicaments est plus récent.

En rétrécissant le champ d'investigation à un immeuble, un quartier ou un établissement, l'épidémiologie des eaux usées peut se transformer en véritable outils d'enquête policière. Certains préconisent déjà de l'utiliser dans le village olympique des prochains JO. Consciente de l'enjeu éthique, l'équipe de Daniel Burgard n'écarte pas la question mais défend l'intérêt de son travail, bien que l'étude ait été menée à petite échelle.

Partager cet article

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • : - Les violences morales : ordres, interdictions, reproches, indifférence, privation de visites, humiliation, infantilisation… - les violences par excès par négligences : absence de prise en compte de la douleur, acharnement thérapeutique, excès de médicaments… - les violences physiques : toilettes imposées, cris, gifles, sévices sexuels… - les violences matérielles : vols d’agent ou d’objets, matériel non adaptés… - le non-respect du consentement : cette question et ce
  • Contact

Présentation

Recherche

Archives

Liens