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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 17:39
Par figaro iconAnne Jouan - le 11/06/2013
INFO LE FIGARO - Dans une lettre adressée en novembre 2011 au président de Teva France et au directeur des ressources humaines, le pharmacien responsables dénonçait les «pratiques» de l'entreprise «en matière qualité.

L'intervertion de médicaments conditionnés sur le site de Sens (Yonne) n'étonne pas les anciens salariés de l'entreprise. Selon plusieurs documents que s'est procuré Le Figaro, la qualité de travail au sein du laboratoire est critiquable depuis plusieurs années déjà. Le courier d'un ancien pharmacien responsable adressé au président de Teva France, Erick Roche, lu à la lumière des évèvements récents est particulièrement instructif.

 

Dans cette lettre datée du 9 novembre 2011, l'ancien pharmacien-responsable de Teva Santé dénonce une situation «intenable en raison de l'absence de stratégie claire et formalisée». Et, plus important, il indique que désormais il ne peut plus «accepter d'être associé aux pratiques de l'entreprise en matière de qualité qui sont insuffisantes au regard de la taille de celle-ci». Cette lettre fait suite au rachat du laboratoire Ratiopharm en mars 2010. Ces dernières années, Teva a multiplié les acquisitions à un rythme effréné. En 2006, le groupe rachète Ivax Corporation, Barr Pharmaceuticals en 2008, Ratiopharm en 2010, et en 2011, l'américain Cephalon et le japonais Taiyo Pharmaceutical Industry.

Dans la même veine, le 23 juin, le médecin du travail écrit au CHSCT: «La demande d'étude des conditions de travail au sein de votre établissement me paraît opportune. En effet (...) j'ai été amené à plusieurs reprises à traiter des cas de troubles psycho-sociaux avec une mise en cause de l'environnement professionnel. Les entretiens au cours des visites médicales ou en dehors mettent en avant un problème général chez Teva».

22 démissions en 2010 et 21 en 2011

Une mission d'expertise menée dans les bureaux du siège de Teva à la Défense, réalisée par le cabinet Capital Santé est elle aussi éloquente. Dans un document de 91 pages remis à la direction en janvier 2013, le cabinet évoque notamment un «malaise général» et des «pratiques managériales pathogènes». En cause, l'expansion rapide du groupe et ses conséquences sur les conditions de travail. «Cette présentation en survol de la société révèle ainsi un historique fait de changements et réorganisations successives qui préfigurent les interrogations du CHSCT d'aujourd'hui et le recours à l'expertise. (...) Les six membres du CHSCT de Teva Santé, ont constaté un (ou des) projet(s) important(s) modifiant les conditions d'hygiène et de sécurité des conditions de travail (...) L'historique important de changements vécu par les salariés de Teva Santé (rachats et fusions) a impliqué des changements de direction ainsi qu'une augmentation de la charge de travail. Les membres du CHSCT s'inquiètent donc de l'impact de ce projet d'intégration des activités de Teva Santé et Cephalon (...)». Dans un langage jargonneux de ressources humaines dont la synthèse n'est pas la qualité première, le cabinet s'inquiète: «Pour les collaborateurs les cultures Cephalon et Teva sont opposées, ce qui génère une inquiétude sur l'organisation cible, qui va résulter de cette fusion entre deux entités aux fonctionnements différents. Chez Teva «on est dans le monde du générique, c'est du low cost. Cephalon on est sur le Brand, sur la marque, les projets ne sont pas les même et les cadence ne sont pas les même. On va donc se retrouver avec une mixité des cultures» ou encore:«les fusions antérieures (Ratiopharm et Théramex) ont laissé des séquelles humaines et organisationnelles».

 

Le cabinet de RH juge «intéressant» de constater «que l'on peut comptabiliser 22 démissions en 2010 et 21 en 2011 pour l'établissement Teva de La Défense. En 2011 les démissions représentent donc environ 20% de l'ensemble des départs». Par ailleurs, au 31 décembre 2011, 20 contentieux prudhommaux étaient en cours. Quant à l'absentéisme, il atteint 16% en 2010. Capital Santé note que «le taux d'absentéisme global est largement supérieur à la moyenne nationale d'absentéisme du secteur privé qui est de 3,84%». En cause, la trop forte charge de travail, des horaires à ralonge, des collaborateurs obligés de travailler le soir chez eux ou le week-end. Plusieurs salariés ont ainsi l'impression de s'en sortir «parfois au détriment de la qualité».

Et le cabinet de conclure: «le projet d'intégration des activités de Teva et Cephalon (...) est un projet qui suscite une forte inquiétude parmi les salariés. Il vient exacerber une situation professionnelle déjà instable et cette perturbation sans un accompagnement humain, technique et organisationnel est susceptible de dégrader les conditions de travail du personnel».

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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