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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 19:41
Par Anne Jouan
    • Mis à jour le 26/04/2013 à 09:25
Le professeur Claude Griscelli lors du lancement de l'opération «Pièces Jaunes», en janvier 2005.

Le professeur Claude Griscelli lors du lancement de l'opération «Pièces Jaunes», en janvier 2005. Crédits photo : BERTRAND GUAY/AFP

Le médecin est soupçonné d'avoir été rémunéré par Servier alors qu'il était en poste au ministère de la Santé.

 

Le parquet de Paris, dans un courrier daté du 3 avril dernier, chargeait les juges d'instruire les faits de «prise illégale d'intérêt» au cours des années 2004 et 2005 à l'encontre du célèbre pédiatre «attendu qu'il ressort (...) que M. Griscelli a occupé des fonctions de conseiller, responsable du pôle affaires hospitalo-universitaire et recherche médicale auprès du ministre de la Santé de l'époque, alors qu'il était par ailleurs rémunéré par le groupe Servier et le groupe Wyeth». Wyeth est le laboratoire qui avait commercialisé, pour le compte de Servier, le coupe-faim Isoméride aux Etats-Unis. Claude Griscelli avait été nommé au cabinet du ministre de la Santé de l'époque, Philippe Douste-Blazy, par arrêté du 14 mai 2004. Le 17 décembre dernier, le Pr Griscelli avait comparu devant les enquêteurs, sous le régime de la garde à vue. Il leur avait notamment déclaré «être lié aux laboratoires Servier depuis près de quarante ans et consultant depuis 2000 ou 2001».

Par ailleurs, les investigations des enquêteurs ont permis la découverte de «trois contrats d'expert de prestations intellectuelles signées entre M. Griscelli et les laboratoires Servier représentés par M. Seta (le bras droit de Jacques Servier, NDLR) pour une somme globale de 260.000 euros pour la période de 2008 à 2010».

En juin 2011, des écoutes téléphoniques, dont le contenu avait été révélé par Le Figaro, montraient les liens entre Jean-Philippe Seta et Claude Griscelli. Le second racontant au premier comment il s'était rendu au Sénat un soir, à l'invitation de la sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange, auteure du rapport sénatorial sur le Mediator «pour regarder le rapport». Depuis, les enquêteurs ont établi qu'entre mars et juin 2011, soit le temps qu'a duré la mission, la sénatrice et le pédiatre ont échangé 46 contacts téléphoniques (appels et/ou SMS). Après la publication de ces écoutes, le Pr Griscelli a mis un terme à ses activités de consultant pour Servier en octobre 2011.

Il a décrit le premier cas au monde de Sida de l'enfant

L'objectif des juges parisiens est clair. A moins d'un mois de l'ouverture du premier procès du Mediator à Nanterre (sur citation directe donc sans instruction judiciaire) et alors que le tribunal de Nanterre n'est saisi que de la tromperie (sur la nature du médicament et sur ses effets indésirables), ils veulent montrer que leur instruction comprend un champ plus large. Outre la tromperie, sont également instruits les faits de blessures involontaires et d'homicides involontaires, ainsi que ceux de trafic d'influence.

Le Pr Griscelli est une star de la pédiatrie. A la fin des années 60, il travaille sur les déficits immunitaires d'origine héréditaire. Dans les années 90, il est adjoint au maire de Paris, chargé de la Santé. De 1996 à 2001, il a été directeur général de l'Inserm, puis conseiller d'Etat en service extraordinaire de 2001 à 2005. Il est vice-président de la fondation hôpitaux de Paris , hôpitaux de France. Au début des années 70, il a crée un traitement par greffe de moelle osseuse pour les nouveau-nés présentant des déficits immunitaires graves connu sous le nom de bébés bulles. Il a décrit le premier cas au monde de Sida de l'enfant et démontré le passage du virus de la mère à l'enfant.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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