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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 19:48

En décembre 2010, L’Express avait répertorié 10 médicaments à retirer d’urgence du marché, dont le Zyprexa®. Ce psychotrope, commercialisé en France depuis 1999, est utilisé contre la schizophrénie et la dépression. Son principe actif est l’olanzapine. Déjà prescrit à 20 millions de malades, ce médicament qui est, de loin, le plus rentable du laboratoire Ely Lilly, est toujours en vente et remboursé à 65 %, alors que la boite de 28 comprimés de 10 mg coûte 116,94 euros.

Pendant plusieurs années, Eli Lilly a fourni aux médecins des informations sur son médicament vedette qui ne correspondaient guère aux résultats internes mis à jour par la firme lorsqu’elle procéda aux premiers essais cliniques du produit. Mais, le 21 décembre 2006, le New York Times a publié des informations concernant les agissements du laboratoire Eli Lilly, révélant les manigances de l’industrie pharmaceutique.

Les documents publiés par ce journal lui ont été fournis par James B. Gottstein, un avocat canadien représentant les familles de plusieurs malades mentaux qui attaquaient l’État de l’Alaska pour avoir forcé ces patients à prendre des médicaments psychiatriques contre leur gré. L’avocat tenait ces documents d’une personne impliquée dans le procès et il n’était pas soumis à la règle de confidentialité qui couvre les poursuites judiciaires.

D'après ces dossiers internes de la firme, les dirigeants du laboratoire ont caché aux médecins d’importantes informations concernant 30 % des patients traités par ce médicament qui ont très rapidement pris du poids dès la première année. Cette augmentation a été de 11 kg en moyenne, mais, chez certains malades, elle a atteint jusqu'à 50 kg. Il faut savoir que la plupart des psychotropes actuellement sur le marché engendrent ce type d'effet indésirable, et l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) considère ce gain de poids comme “très commun et supérieur à 10 %”. Cependant, cette augmentation est accompagnée de risques de diabète que la firme pharmaceutique a toujours essayé d’occulter, persistant à nier tout lien de causalité entre la prise de Zyprexa® et la survenue d'un diabète.

Dès 1996, nombre de critiques, particulièrement celles de L'Association américaine des diabétiques, ont signalé que ce médicament était plus apte à provoquer le diabète que les autres drogues conseillées pour la schizophrénie. En 2000, un groupe de médecins sélectionnés par la firme l’avait prévenue que la situation “pourrait devenir plus sérieuse que nous le pensons”. Mais, malgré l’évidence, Eli Lilly a toujours contesté ces faits, sous le fallacieux prétexte que les documents ont été retirés de leur contexte, alors qu’ils démontrent indéniablement que, depuis 1999, le laboratoire s’inquiète de ces effets secondaires, non par rapport aux malades mais aux ventes qui pourraient se réduire. Comme le Dr Alan Breier, directeur médical de la firme, l’écrivait en novembre 1999 dans un courrier Internet à deux douzaines d’employés de la maison : “Le gain de poids et l'hyperglycémie associés à l'olanzapine sont des menaces majeures au succès à long terme de cette molécule d'une importance capitale.” Il est évident que “l’importance” de cette molécule ne concernait que les finances “à long terme” de la firme pharmaceutique.

Et, d’après le document, en 2001, les services commerciaux du laboratoire ont avoué que les psychiatres ne cessaient de répéter que la plupart de leurs patients qui prenaient du Zyprexa® courraient plus de risques d’avoir du diabète que ceux qui utilisaient d’autres médicaments antipsychotiques.

Eli Lilly a demandé qu’on lui rende ces documents, tout en déclarant qu’il lui est impossible de les commenter. Cette affaire rappelle ce qui s’est passé avec le Vioxx®, dont Merck a arrêté les ventes en 2004 après la publication d’études montrant que ce produit engendrait des problèmes cardiaques. Ces deux produits étaient considérés comme moins dangereux que les médicaments plus anciens et meilleur marché, tous deux sont devenus les best-sellers des laboratoires, mais tous deux ont généré des effets très sérieux.

Sous la pression des médecins et prescripteurs, Merck a conduit ses propres essais sur les risques du Vioxx®, alors que Lilly n’a jamais procédé à ce genre d’étude pour déterminer les risques de diabète avec le Zyprexa®. Mais les scientifiques estiment qu’un tel travail serait difficile car le diabète met plusieurs années avant de se manifester, et il serait pénible d’enrôler des patients psychiquement fragiles dans des essais trop longs.

Toutefois, nombre de médecins ont témoigné des accidents constatés à cause de ce produit. Ainsi, un médecin californien a rapporté que sur ses 35 patients soumis à cette drogue, 8 d’entre eux ont vu le taux de sucre monter dans leur sang et 2 ont dû être hospitalisés.

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Published by violence à l'hôpital - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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