Partager l'article ! Les Français n'abusent pas des arrêts maladie: Par lefigaro.fr Mis à jour le 14/12/2011 à 11:24 15% des sondés affirment ...

Alors que l'Assemblée nationale a rétabli mardi , l'instauration d'une en cas d'arrêt maladie dans le projet de budget pour 2012, un réalisé par Obea/Infraforces pour Santé Magazine révèle que les Français ne sont pas de adeptes immodérés de l'arrêt maladie. Selon les résultats de l'étude révélés par , un quart des personnes interrogées affirment ne jamais avoir pris d'arrêt maladie au cours de sa carrière. Six Français sur dix déclarent même avoir déjà renoncé à un arrêt de travail alors que leur médecin voulait leur prescrire. «La prescription d'un arrêt de travail tourne souvent à la négociation. Le patient veut remettre son congé à plus tard et préfère continuer à travailler sous médicament», explique jacques Battistoni, secrétaire général du syndicat des médecins généralistes MG France interrogé par .
D'après le sondage, ce renoncement à l'arrêt de travail serait lié à la pression de l'employeur. «Ils pensent que l'arrêt maladie est mal vu», assure le médecin, «le malade a peur qu'une fois absent, un autre fasse son travail à sa place ou qu'il ne puisse pas défendre son point de vue dans l'entreprise». Les contrôles réalisés par l'assurance maladie ont aussi un effet dissuasif. Depuis 2004, la Sécurité sociale s'est lancée dans la chasse aux abus, par la Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM). Depuis 2010, tous les arrêts supérieurs à 45 jours sont systématiquement contrôlés. 15% des sondés affirment ainsi avoir été contrôlés, et 5% d'entre eux à la demande de leur employeur. Plus étonnant, Jacques Battistoni souligne le rôle de la représentation sociale de l'arrêt de travail. Les Français renonceraient à s'arrêter lorsqu'ils sont malades, car eux-mêmes estiment qu'un collègue qui s'arrête abuse du système! Trois personnes sur quatre pensent même qu'il faudrait davantage de contrôle.
Enfin, les Français mettent en avant l'impact financier des arrêts sur leur budget. Le délai de carence- période de 3 jours dans le privé durant laquelle l'assurance maladie ne prend pas en charge le malade - n'est pas toujours compensé par les entreprises, notamment dans les petites structures. «Pour beaucoup de salariés, ces trois jours sont la seule marge de manœuvre à la fin du mois. Ils ne les prendront pas pour une simple angine. Ils préfèrent voir si cela s'améliore pour finalement risquer des complications», regrette Jacques Battistoni.