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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 13:18

 

Cet article concernant les « dépressions » de la femme algérienne est absolument ahurissant et voici pourquoi :
Ce Docteur BOUDARENE qui cumule le métier de psychiatre et de député (il faudra me dire comment il fait pour remplir ces deux fonctions) explique que « la femme algérienne » fait de la dépression. Il affirme que sa condition de vie n’est pas bonne car le pays est machiste, qu’elle est harcelée moralement et sexuellement, qu’à cause de ses grossesses ou de ses accouchements elle est plus encline à la dépression… ben voyons !
Que suggère ce « bon docteur » ? Devinez un peu ? des antidépresseurs ! Eh oui ces médicaments vont faire que l’homme algérien ne va plus harceler les femmes, ça c’est sûr et certain… n’est-ce pas ?

On aurait pu croire que ce psychiatre-député aurait proposé une meilleure condition de vie pour les Algériennes, un plus grand respect de ses congénères hommes, mâles veux-je dire, mais non pas du tout ! Le seul désir de ce psychiatre serait de faire en sorte que les femmes algériennes soient soumises et que bien sûr elles sourient bêtement, ou béatement, tant elles seraient « abruties » par les antidépresseurs, au harcèlement moral et surtout sexuel. De plus si ce toubib pouvait les faire rester à la maison il pourrait les droguer encore davantage !
Voici donc un bel exemple du côté vicieux des psychiatres et de la vente forcée des antidépresseurs par les industries pharmaceutiques.

Le Webmaster

La dépression chez la femme algérienne

 

Question : La femme présente elle un plus grand risque de faire une dépression que l’homme ?

Réponse : Oui, sans doute, puisqu’elle présente déjà les mêmes risques de se déprimer que l’homme et qu’elle a « un héritage spécifique » en plus, lequel héritage est étroitement lié à sa condition de femme. Elle est ainsi du fait de sa biologie exposée plus particulièrement à la dépression, par exemple durant la grossesse ou après l’accouchement, mais elle peut aussi être sujette à ce type de troubles du fait d’une vulnérabilité particulière due à son statut social.
Chacun sait que la femme aspire aujourd’hui à avoir une vraie place et un vrai rôle dans la société. Semblable ou égal à celui de l’homme. Un désir légitime mais qui est contrarié par la réalité sociologique de notre pays. Ce qui n’est pas sans répercussion sur son équilibre psychique. Au moins parce qu’elle est toujours obligée d’assumer non pas un seul rôle social mais plusieurs et avec obligation de résultats. Elle doit ainsi assurer son rôle de femme active, faire face à un milieu professionnel souvent hostile et assumer toutes les contraintes – elles sont nombreuses – liées à son statut de femme qui travaille; elle doit être à la hauteur de son rôle d’épouse et de mère et ne pas faillir devant les exigences de sa famille. 
Elle doit prouver qu’elle est capable, comme son collègue masculin, de mener une activité professionnelle mais elle doit aussi « tenir son foyer » de façon irréprochable. Une pression constante qui nécessite des efforts soutenus et qui peut conduire à l’épuisement.

Certains segments de la vie active sont, aujourd’hui, essentiellement investis par les femmes. Je pense en particulier à l’enseignement, au monde médical et de plus en plus aux administrations. Une conquête qui n’est pas du goût d’une société algérienne « machiste ». Cette dernière, chacun le sait et l’a intégré comme une donnée inévitable, autorise les humiliations souvent faites aux femmes qui travaillent. Ces dernières, considérées par leurs collègues masculins comme des objets sexuels, sont victimes – ce n’est pas rare – de harcèlement moral et/ou sexuel. Des agissements qu’elles subissent en silence pour ne pas susciter la critique et l’opprobre de la société. Une situation, bien sûr, éminemment traumatisante…

Question : Quels sont les facteurs déclenchant de cette dépression ?

Réponse : En réalité, le facteur déclenchant fait généralement l’effet de la « goutte qui fait déborder le vase ». Mais on peut retrouver, dans l’histoire récente de la personne malade, l’événement qui semble être à l’origine de l’apparition des troubles. Un décès, un divorce, la perte de son emploi, un accident, une grossesse, un accouchement, etc…
L’intensité des troubles présentés n’a pas de relation de proportionnalité avec l’événement déclenchant. L’impact de ce dernier dépend de la personnalité du sujet, de son histoire, de sa qualité de vie et de la bonne ou mauvaise santé de ses relations socio-familiales.
Une vulnérabilité sous-jacente est presque toujours observée et l’histoire du sujet est habituellement chargée de moments pénibles qui se sont additionnés.
Bien sûr, quand l’événement est brutal et intense, il suffit à faire s’effondrer la personne. Dans ce cas, l’événement fait effraction dans la vie psychique du sujet et crée un véritable traumatisme. Une situation exceptionnelle qui peut être observée à l’occasion de catastrophes naturelles, de guerres, etc. Un véritable état dépressif peut éclore à cette occasion, quoique de telles circonstances soient plus souvent à l’origine de l’émergence d’un état de stress posttraumatique.
Les petits soucis et tracas qui peuvent jalonner la vie quotidienne ne doivent pas être négligés. Des ennuis avec le mari, un enfant en mauvaise santé ou encore avec de mauvais résultats scolaires, un(e) collègue de travail mal intentionné(e), un supérieur hiérarchique entreprenant, etc., des situations de stress chronique qui pèsent et qui peuvent, avec le temps, faire « craquer ». L’intensité des troubles dépressifs, qui y sont observés, sont variables. Ils peuvent être sévères et générer momentanément un handicap important mais ils peuvent se manifester aussi sous la forme d’un état dépressif léger et chronique, tout aussi invalidant.

Question : Comment peut-on reconnaître qu’on traverse une période dépressive ?

Réponse : L’épisode dépressif est relativement facile à reconnaître. Un certain nombre de signes qui ne trompent pas caractérisent cette maladie. Parmi eux, la tristesse. Un profond et durable chagrin accable la personne malade qui n’a plus envie de rien, qui se néglige et néglige sa famille. Elle pleure, gémit et se culpabilise parce qu’elle n’a plus, notamment quand il s’agit du sujet de sexe féminin, la force de s’occuper des siens, de son foyer, de ses enfants, de son mari ; parce qu’elle ne peut plus se rendre à son travail, etc.
D’autres signes, aussi importants que la tristesse, attirent généralement l’attention. L’anorexie ou perte de l’appétit est de ceux là. La personne déprimée ne s’alimente plus parce que la nourriture n’a, pour elle, aucun goût. Quelques fois, elle refuse de s’alimenter pour se punir ou parce qu’elle a envie de mourir. Dans ce cas, il faut redoubler de vigilance et amener la personne à consulter au plus vite.
L’asthénie est l’autre symptôme cardinal rencontré dans cette pathologie. La personne déprimée est fatiguée, elle est épuisée par le moindre petit effort. Elle passe ses journées au lit où elle trouve refuge mais ne dort pas. La nuit, elle fait des insomnies et quand elle trouve le sommeil, il est de mauvaise qualité et est peuplé de cauchemars. Elle se réveille presque toujours au petit matin et ressasse une existence « ratée ».
Une angoisse intense – un autre symptôme important – accompagne toujours ces moments de rumination. Un moment qui fait craindre, chez les personnes les plus vulnérables et les plus gravement atteintes, le passage à l’acte suicidaire. Une situation observée notamment chez le sujet qui présente une mélancolie, une forme grave de la dépression.

Question : Est-ce toutes les femmes qui sont susceptibles de faire un jour une dépression ?

Réponse : La dépression n’est pas l’apanage des femmes uniquement. Peut-on dire que toutes les femmes feront un jour une dépression ? Je ne le crois pas. Ce qui est sûr, aujourd’hui, c’est que les femmes présentent, sans doute, plus de risques de se déprimer que les hommes. Pour les raisons que nous avons invoquées plus haut. Elles sont, du fait de la multiplicité de leur rôle social et des contradictions qui leurs sont imposées par leur statut de femme, dans une situation pour le moins complexe. Elles sont à la fois mineure par le statut que leur confère le code de la famille et majeure par celui qui leur est attribué par la constitution qui en fait l’égal de l’homme. Une situation inconfortable qui leur est imposée par une société, elle-même, objet de contradictions fondamentales qui minent son équilibre et rendent inopérants ses mécanismes régulateurs.
Une société qui accepte de faire de la femme un ministre, d’en faire une juge, une avocate ou encore une député mais qui, au même temps, lui dénie le droit de se marier sans l’autorisation d’un tuteur masculin. Elle est qualifiée pour rendre la justice, veiller à l’application de la loi ou pour la faire mais elle devient la moitié de l’homme quand elle doit témoigner. Des incongruités qui ne peuvent que la déconcerter. En tous cas des injonctions paradoxales qui lui interdisent de se positionner, de manière définitive, sur l’échiquier social, une situation qui constitue un risque permanent pour sa santé mentale.

Question : quelle différence y a-t-il entre “entre dépressive et déprimée ?

Réponse: Je dois vous dire que ces deux vocables sont de l’usage courant. Dans le jargon du psychiatre, ils n’ont pas de valeur sémiologique ou clinique. Je vais vous donner ma compréhension de ces mots et leur différence. Je crois qu’elle est simple.
Etre déprimée est un état. On dit : faire un état dépressif. Avec l’idée qu’il y a un début et une fin, comme pour une grippe, une angine ou un ulcère d’estomac. C’est une maladie qui commence et qui doit finir. L’état dépressif guérit généralement spontanément au bout de plusieurs semaines ou quelques mois. Sous traitement, il guérit beaucoup plus vite.
On dit de quelqu’un qu’il est dépressif parce que celui-ci est enclin à se déprimer. Notamment à l’occasion de la survenue d’un événement de vie déclenchant. Etre dépressif, c’est justement avoir une sensibilité particulière aux événements.

Question : quelles sont les conséquences cette maladie ? 

Réponse : Les conséquences sont au moins de deux ordres.
La première conséquence est liée aux répercussions sur le plan familial. La femme déprimée, qui est épouse, mère et souvent belle fille, ne peut plus assumer ces rôles sociaux qui lui sont dévolus. Fatiguée, elle ne peut pas répondre aux exigences habituelles de sa famille. Ses enfants sont abandonnées et son mari ignoré. Elle devient la bru, la mère et l’épouse négligente et incapable. Un statut qui la culpabilise encore plus et qui accentue son problème de santé.
Sur le plan professionnel et aux yeux de ses collègues, elle perd sa crédibilité. Les efforts qu’elle a faits, pour montrer qu’elle est forte et qu’elle est capable d’assumer ce double rôle de femme qui travaille et de mère de famille, n’auraient servis à rien puisqu’elle campera désormais le statut de quelqu’un de fragile, du sexe faible, quand elle n’endosse pas définitivement celui (le statut) de malade mentale. Sur le plan purement social, elle coûte à la sécurité sociale parce que sa maladie nécessitera un arrêt de travail, d’une assez longue durée, et parce que le traitement qu’elle devra prendre est relativement couteux. 

Question : Est-ce que les antidépresseurs efficaces ?

Réponse : Oui les antidépresseurs sont très efficaces. Ils ont quelques fois un effet spectaculaire. De plus, les molécules dont on dispose aujourd’hui n’ont presque pas, pour certaines, d’effets désagréables. Ce qui améliore le confort des malades. Les délais d’action sont courts et ces médicaments peuvent être pris durant plusieurs mois sans danger particulier et sans répercussions collatérales. Un progrès notable.
Plusieurs antidépresseurs sont, aujourd’hui, mis à la disposition du médecin. Ce dernier choisit le produit qui lui semble convenir le mieux à la pathologie présentée par la personne qu’il a en face de lui. Il opte pour une molécule ou une autre selon le degré de l’affaissement de l’humeur ou selon l’intensité de l’anxiété ou encore selon la fréquence des troubles du sommeil, etc. L’efficacité du traitement dépend en effet du choix judicieux ou non du produit médicamenteux. Quelques fois, le médecin est amené à changer, en cours de traitement, la molécule. Une situation qui peut retarder la guérison mais qui n’est jamais préjudiciable pour le ou la malade.

Question : quels sont les autres traitements ?

Réponse : Les antidépresseurs sont les traitements exclusifs de la dépression. Il n’y en a pas d’autres. Les autres médicaments utilisés servent uniquement d’appoint. En aucun cas, ils ne traitent la dépression. Je pense en particulier aux anxiolytiques ou aux hypnotiques. Des molécules utilisées uniquement pour une très courte durée pour réduire une angoisse envahissante ou pour induire le sommeil en début de traitement.
Un bon traitement antidépresseur est celui qui se contente uniquement des molécules spécifiquement destinées au traitement de la dépression. Bien entendu, le médecin est souverain. Il a en face de lui une personne souffrante, c‘est à lui, en définitive, qu’appartient la décision thérapeutique. Il prescrit ce qui lui semble convenir le mieux.
Dans les cas particuliers de dépression grave, le malade doit être traité en milieu hospitalier. En particulier s’il y a un risque suicidaire. Des cas qui nécessitent un traitement rapide qu’il faut administrer par voie intraveineuse.
Quelques fois, le médecin est amené – exceptionnellement et dans des conditions très spécifiques – à utiliser la sismothérapie. Autrefois appelé « électrochoc », cette méthode thérapeutique, aujourd’hui presque disparue, est utilisée toujours sous anesthésie générale. Elle est indiquée dans certaines formes de mélancolie. L’effet thérapeutique est spectaculaire. 

Question : Est-ce une maladie difficile a guérir ? 

Réponse : La maladie dépressive n’est pas, en soi, difficile à guérir. En réalité, tout dépend de la forme clinique de la dépression, du terrain psychique sur laquelle elle survient et de l’environnement dans lequel évolue le ou la malade. Des facteurs dont il faut tenir compte pour évaluer le pronostic et le risque de passage à l’acte suicidaire et pour envisager un projet thérapeutique.
Pour accélérer la guérison et éviter les rechutes, on a souvent recours à un accompagnement psychologique. Un appoint indispensable en particulier chez les personnes vulnérables et sensibles aux événements de vie. Les techniques sont nombreuses. Elles s’adressent directement – c’est la situation la plus fréquente – à la personne souffrante, c’est l’accompagnement individuel ; mais elle peut dans certains s’adresser simultanément à la personne malade et à sa famille. Il s’agit alors d’une psychothérapie familiale ou systémique.
Je n’en dirais pas plus ici sur les psychothérapies. Il faut, tout de même, savoir que si les antidépresseurs sont au centre du traitement de la dépression, l’apport de l’accompagnement psychologique ou de la psychothérapie est indispensable pour accélérer et consolider la guérison, ou encore pour réduire et éloigner les rechutes.

Question : A votre avis, dans notre société, la femme dépressive est–elle plus « stigmatisée » que l’homme ?

Réponse : non, je ne crois pas que le fait de faire une dépression stigmatise plus la femme. Il est vrai qu’il y a une forme d’intolérance qui s’exprime vis-à-vis de la femme, non pas parce qu’elle est malade mais parce que sa maladie l’empêche d’accomplir tous les rôles qui lui sont dévolus. A commencer par ses activités conjugales et familiales. Quand le mari garde le lit parce qu’il est grippé, cela est normal et son épouse est aux petits soins avec lui. Quand c’est la femme qui reste au lit, c’est l’hallali. Personne n’est content, le mari, la belle mère, les enfants, etc. Elle n’a pas le droit d’être malade et doit continuer à remplir ses devoirs. « lèves toi et marches… ». Une injonction sociale permanente.
S’il s’agit d’une femme qui travaille, cela est encore plus compliqué. C’est l’occasion choisi par les siens pour lui rappeler qu’elle est déjà, du fait de son travail, défaillante sur le plan familial; et pour ses collègues, voilà une opportunité pour lui signifier que par sa présence dans son lieu de travail, elle occupe un espace exclusivement masculin. 
Tout cela n’est pas fait pour créer les conditions d’une prompte guérison et d’un retour rapide à ses activités. Mais il est vrai que si la maladie dure longtemps, le degré de tolérance vis-à-vis de la malade se réduit encore plus. La stigmatisation n’est plus très loin.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans PSYCHIATRIE
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