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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 19:13

La réponse à ces questions est : probablement non, pour diverses raisons, les principales étant : financières, culturelles et économiques dont les effets se potentialisent.

Financières : pour les industriels c’est le profit, seul moteur de leurs activités ; pour les professionnels c’est la croissance de leur niveau de vie qui les conduit à multiplier les actes dont 30 % sont superflus et parfois dangereux.

Psychologiques : ce sont les croyances davantage que des logiques rationnelles qui dirigent les comportements des malades et des professionnels des soins. Les demandeurs de soins ont une foi aveugle en la médecine, ne doutent pas, ne savent pas et souvent préfèrent ne pas savoir. En fin de compte, ils sont asservis aux professionnels des soins auxquels ils font, encore aujourd’hui, habituellement confiance. Perdant leur sens critique, ils cèdent à toutes les assertions publicitaires véhiculées par les médias, exerçant sur les médecins une forte pression pour obtenir des examens complémentaires et des médicaments. Cette crédulité est contagieuse. Les citoyens, dans leur grande majorité, se représentent la médecine comme la source principale de santé à laquelle seuls les professionnels de santé peuvent donner accès. Ce système dominant de pensée est une grande et dangereuse illusion. La santé et notamment l’espérance de vie dépendent un peu de facteurs génétiques, principalement de nos comportements et de nos environnements économiques et socio-culturels, très peu de la médecine et des médecins. Ces déterminants non médicaux de la santé sont plus prégnants chez ceux qui sont les plus défavorisées expliquant pourquoi, lorsque l’accès aux soins est satisfaisant, les inégalités de santé, dans les pays en crise, s’accroissent.

Les médecins ne doutent pas davantage que leurs patients et veulent ignorer l’incertitude sur les bénéfices et les risques des décisions prises pour un malade donné. Leurs modes de rémunération incitent les spécialistes à la production d’actes et la concurrence les conduit à accroître leur productivité financière aux dépens de la santé des patients, car faire plus n’est pas faire mieux. Un acte inutile au plan médical est, par construction, un acte dangereux car s’il est inutile il ne peut apporter un bénéfice au patient et seuls persistent ses risques.

Economiques : la cause déterminante des comportements des uns et des autres est le règne de la raison marchande. La recherche scientifique produit des connaissances qui peuvent conduire à des innovations techniques, éventuellement utilisables en médecine au profit, parfois des malades, mais toujours du capitalisme industriel. La production d’un bien, par exemple un médicament, ne répond pas toujours à des besoins médicaux mais à la possibilité d’accéder à un marché. Ainsi chaque année sont commercialisés des médicaments, des fausses innovations, parfaitement inutiles, qui sont des copies dérivées des médicaments déjà sur le marché. Vendus habituellement plus chers ce sont aussi souvent les plus prescrits par les médecins abusés à la fois par les campagnes publicitaires, par les conseils des responsables universitaires et par les visiteurs médicaux.

Le développement économique des entreprises de santé conduit à produire de plus en plus d’outils : des dispositifs médicaux (lits, fauteuils, prothèses) et des médicaments, qui sont quotidiennement utilisés ou prescrits par les professionnels des soins, pour en faire des objets de consommation courante dont l’utilisation n’est plus déterminée par les besoins des malades mais par la nécessité pour les industriels d’accroître leurs profits sous peine de disparaître au profit de leurs concurrents.

 

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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