Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:03
Mardi 19 Février 2013

 

Jean-Claude Jaillette avec Clotilde Cadu - Marianne

 

Après l'énorme affaire du Mediator, qui a fait 2 000 morts, les décès liés à la prise de Diane 35 et des pilules de troisième et quatrième génération montrent les limites de la pharmacovigilance en France. Comment des molécules aux effets secondaires dangereux peuvent-elles demeurer des années sur le marché ? Très facilement, hélas. Voilà pourquoi.

 

DURAND FLORENCE/SIPA
DURAND FLORENCE/SIPA
Deux ans se sont écoulés déjà depuis que le scandale du Mediator a éclaté. Pour répondre à l'émotion soulevée par le nombre de victimes probables (pas loin de 2 000 morts depuis 1977) de cet antidiabétique massivement prescrit comme coupe-faim, les responsables politiques n'ont pas chômé : deux missions d'enquête parlementaire, deux rapports de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales), une loi sur le médicament, un coup de peinture sur l'autorité chargée de faire le gendarme - qui change de nom (l'Afssaps devient l'ANSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament) et dont le patron est débarqué.


Et pourtant. Les Français médusés découvrent soudain que Diane 35, un médicament lancé en 1987 pour soigner l'acné, peu efficace selon les experts et susceptible de provoquer des effets secondaires graves (des thromboses veineuses parfois mortelles), pouvait rester sur le marché pendant... vingt-cinq ans ! En toute connaissance de cause, puisque les laboratoires Bayer, qui le fabriquent, en indiquent les risques sur sa notice. L'ANSM a admis 113 cas de gravité diverse, dont quatre mortels, parmi les 315 000 femmes utilisant chaque jour Diane 35 ou un de ses génériques, et vient d'engager un processus de suspension des AMM (autorisations de mise sur le marché), après un an de discussion en commission. Une fois de plus trop tardivement. Pourquoi ?

«Il n'y a pas de médicaments sans risques», regrette le LEEM, le lobby du médicament. «Si nous interdisons tous les médicaments qui ont été à l'origine de cinq accidents en vingt ans, estime de son côté Michèle Delaunay, ministre chargée des personnes âgées et cancérologue, notre pharmacopée ne serait pas très large.» Certes. Mais les industriels comme la ministre passent sous silence deux éléments, essentiels, qu'ils ne peuvent ignorer. Le premier tient à la réalité de la déclaration des accidents. «Plusieurs études ont montré que lorsqu'un cas grave était signalé vingt autres étaient en réalité survenus qui n'étaient pas déclarés, par négligence ou manque de temps», a expliqué Françoise Haramburu, directrice du centre de pharmacovigilance de Bordeaux, devant la mission d'enquête parlementaire sur le Mediator il y a un an. «En réalité, la pharmacovigilance est une spécialité négligée, voire méprisée», explique le Pr Jean-Louis Montastruc, responsable du centre de surveillance de Toulouse.

 
 

Partager cet article

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • : - Les violences morales : ordres, interdictions, reproches, indifférence, privation de visites, humiliation, infantilisation… - les violences par excès par négligences : absence de prise en compte de la douleur, acharnement thérapeutique, excès de médicaments… - les violences physiques : toilettes imposées, cris, gifles, sévices sexuels… - les violences matérielles : vols d’agent ou d’objets, matériel non adaptés… - le non-respect du consentement : cette question et ce
  • Contact

Présentation

Recherche

Archives

Liens