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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 20:14
Par figaro icondamien Mascret - le 21/01/2013
Une association de consommateurs américains préconise de ne plus les utiliser, étant donné leur manque d'efficacité.

Aux États-Unis, le coup de semonce est venu la semaine dernière d'une puissante association de consommateurs, Consumer Reports. Dans un rapport sur les médicaments contre la maladie d'Alzheimer, elle soulignait leur manque d'efficacité, considérant qu'ils étaient «pour la plupart des malades sans effet sur les symptômes et l'évolution de la maladie».

L'association américaine admettait toutefois que beaucoup de gens voudraient sans doute essayer l'un des traitements, mais dans ce cas invitait à ne pas prolonger la prise «si aucun signe d'amélioration n'apparaissait dans les trois premiers mois».

En France, la bataille a eu lieu en 2011 lorsque la Haute Autorité de santé (HAS), engagée dans la réévaluation des traitements de la maladie d'Alzheimer, décide de les reculer d'un cran dans son échelle d'intérêt médical (ASMR), qui en compte cinq. La HAS fait alors passer du niveau 4 au niveau 5 les médicaments anticholinestérasiques (donépézil, galantamine, rivastigmine) et la mémantine, au mode d'action différent. Un niveau qui signifie aux yeux des experts une «absence de progrès thérapeutique». Branle-bas de combat dans les associations de patients, qui voient là un premier pas vers le déremboursement. Mais Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, rappelle que la maladie d'Alzheimer est prise en charge à 100 % et le restera.

Le Pr Florence Pasquier, responsable du centre mémoire du CHRU de Lille, le reconnaît: «C'est vrai qu'il n'y a pas de traitement efficace au sens de guérir la maladie ou d'arrêter sa progression, mais les médicaments ont une efficacité modeste.» À l'appui, la neurologue avance les résultats favorables au traitement d'une étude financée l'an dernier par les autorités de santé anglaise, le Medical Research Council et l'UKAlzheimer's Society, peu suspectes de pousser à la consommation de médicaments. «L'étude “Domino”, publiée en mars 2012 dans le New England Journal of Medicine,détaille le Pr Pasquier, a montré que, lorsque l'on arrêtait un traitement pris depuis plus d'un an, les résultats aux tests diminuaient rapidement.»

Le Pr Olivier Saint-Jean, chef du service de gériatrie de l'Hôpital européen Georges-Pompidou (Paris), est plus réservé: «L'effet à six mois est très modeste sur les symptômes cognitifs, et il faut se méfier des effets mesurés par des tests. La définition d'une pertinence clinique (perceptible au niveau des symptômes) est souvent discutable.»

Nouvelles pistes à l'étude

Pour le Pr Gilles Bouvenot, président de la commission de transparence de la HAS, «la situation n'a pas vraiment évolué depuis la réévaluation de 2011. Les médicaments restent des traitements d'appoint par rapport à la prise en charge médico-sociale. Ils n'ont qu'une efficacité extrêmement limitée, pour une durée réduite et uniquement pour certains patients que l'on est incapable de déterminer au départ.»

Il existe heureusement d'autres perspectives thérapeutiques ouvertes par la recherche. La maladie d'Alzheimer se manifeste par la diminution de protéines anormales dans le liquide céphalorachidien, les peptides amyloïdes, et la formation de dépôt de ces protéines dans le cerveau, les «plaques amyloïdes» visibles avec des techniques d'imagerie ­cérébrale de pointe. Ce sont ces mécanismes que les chercheurs essaient aujourd'hui d'enrayer. Une étude australienne vient d'ailleurs de montrer que le nombre de lésions cérébrales était corrélé à la sévérité des troubles de la mémoire. D'où l'objectif de bloquer la cascade biologique grâce à des anticorps monoclonaux, encore au stade expérimental.

Pour le Pr Dubois, de l'Institut de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer et Institut du cerveau et de la moelle épinière, les études récentes ne sont encourageantes que chez les malades aux stades les plus précoces: «Elles montrent que l'on peut obtenir une modification du taux de peptide amyloïde dans le liquide céphalorachidien et une réduction du nombre de lésions cérébrales observées en PET scan.» Une piste qui plaide pour une intervention la plus précoce possible.

Le problème est qu'il est impossible aujourd'hui de savoir qui va évoluer vers une maladie d'Alzheimer, lorsque des signes biologiques de la maladie sont présents. Une étude originale vient d'ailleurs d'être lancée par les équipes du Pr Dubois pour recruter 400 personnes* qui commencent à avoir des problèmes de mémoire. Il suffit d'avoir entre 70 et 85 ans et d'être en bonne santé par ailleurs. Elle pourrait permettre de mieux comprendre quels paramètres contribuent à l'évolution vers la maladie. Indispensable, si l'on veut imaginer des traitements précoces, voire préventifs.

* Renseignement: 06.60.38.58.62.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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