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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 18:23

La maltraitance des personnes âgées est un problème aussi tabou que massif (15% des plus de 75 ans). Autour duquel la nouvelle ministre entend mobiliser

La maltraitance prend des formes diverses et touche une population de plus en plus importante.

La maltraitance prend des formes diverses et touche une population de plus en plus importante. (Photo archivesSEBASTIEN BOZON/afp)

C'est passé complètement inaperçu. À la mi-juin a été célébrée la 7e Journée internationale de la maltraitance envers les personnes âgées. Même la toute nouvelle ministre des « vieux pimpins », la Bordelaise Michèle Delaunay, a découvert l'existence de cette date inscrite à l'agenda, en prenant son maroquin.

Âgée de 65 ans, la ministre des Personnes âgées et de la Dépendance fait elle-même partie des « vieux pimpins » qu'elle se permet du coup de désigner ainsi affectueusement. « Je ne suis pas la seule "personne âgée" du gouvernement, puisqu'on appartient à cette catégorie à partir de 60 ans. On reçoit d'ailleurs un papier de l'administration. Cela ne fait pas plaisir à tous les sexagénaires », note, amusée, la ministre, qui rêve de changer l'intitulé de son ministère pour : ministère de l'Âge et de l'Autonomie.

Le sujet est moins anodin qu'il n'y paraît. Avec l'allongement de l'espérance de vie, qui est en France de 77,8 ans pour les hommes et de 84,5 ans pour les femmes, est apparue une nouvelle tranche d'âge entre l'âge mûr et le début de la vieillesse, dont la ministre Delaunay est l'incarnation même. « L'apport de ma génération à la stimulation cognitive des personnes âgées va être Internet. Un vieux qui tweete ne vieillit pas », dit la ministre. Une tendance lourde au « non-vieillissement » qui perturbe encore plus l'appréhension du phénomène de la maltraitance envers les « vieux ».

600 000 victimes

Car qui est « vieux » ? Et à partir de quel moment devient-on un « vieux » vulnérable ? Les spécialistes parlent désormais de « vieillesses plurielles ». Mais l'association Alma France (Allô maltraitance des personnes âgées), subventionnée pour recevoir des appels téléphoniques sur cette question au numéro 39 77, continue de borner à 60 ans son public cible. C'est dire si le sujet, appelé à concerner de plus en plus de monde, est encore flou. « On en est au stade où se trouvait la maltraitance des enfants il y a quarante ans, c'est-à-dire nulle part », écrivait il y a peu une agence américaine, alors que le phénomène est pourtant mieux pris en compte outre-Atlantique.

Il est pourtant loin d'être marginal. Selon les chiffres publiés par Alma France, la maltraitance toucherait 5 % des personnes de plus de 65 ans et 15 % des plus de 75 ans, soit 600 000 personnes en France. Toujours selon Alma, 75 % des personnes maltraitées vivent dans leur propre logement, 17 % dans des institutions et 8 % chez un membre de leur famille.

Des chiffres tirés des appels reçus par Alma (18 000 en 2011) qui ne sont que la partie émergée de l'iceberg. La répartition des catégories de maltraitance s'établit comme suit : 25 % de négligences, 18 % de maltraitances psychologiques, 14 % de maltraitances financières, 11 % de maltraitances physiques, 7 % de maltraitances civiques et 6 % de maltraitances médicales. Le profil des victimes est à 62 % féminin, à 67 % de plus de 80 ans et souffrant de dépendance physique ou psychologique plus ou moins lourde.

Les petits faits

Cela étant posé, comment aller plus loin ? Depuis une dizaine d'années, le voile s'est peu à peu levé. Des « codes de bientraitance » ont été établis, des embryons de contrôles ont été mis en place, souvent à l'interface des associations et des Conseils généraux. Et des médiations ont été essayées en direction des familles et des établissements. Autant de petits pas très en deçà de la réalité d'un phénomène protéiforme concernant une population de plus en plus massive. « Au-delà des maltraitances "pénales", il existe un immense domaine où de petits faits, où quelques mots, où l'absence de politesse, où quelque indifférence, s'ils attentent au sentiment de la personne vulnérable d'être respectée, reconnue, entendue, peuvent devenir des maltraitances », résume Jérôme Pellissier, auteur de « La Guerre des âges », dans le rapport de l'Alma. Un sujet où tout un chacun peut se mettre en scène.

(1) www.alma-france.org.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans VIOLENCE A L'HOPITAL
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