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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 15:32
Par figaro iconAnne Jouan - le 12/04/2013
Le Procureur de Paris a rendu public ce matin le rapport des experts mandatés par les juges d'instruction. Ils devaient notamment dire quelle était la nature du médicament et de combien de morts il est responsable.

«Le rapport va nous crucifier», disait-on en off chez Servier ces jours-ci. Il se murmurait en effet que les conclusions des experts mandatés voilà près de deux ans par les juges parisiens en charge de l'instruction sur le Mediator dans le volet tromperie ne seraient pas vraiment favorables au laboratoire. Et que l'estimation du nombre de décès, estimation que Servier a toujours contestée, serait sinon identique voire supérieure. Jusqu'à présent, les études des épidémiologistes chiffraient les décès à environ 1300.

Le Procureur de la République de Paris, François Molins, réunissait ce vendredi matin au Palais de justice quelques journalistes pour leur divulguer les grandes lignes de ce rapport très attendu. Cette communication se faisait en vertu de l'article 11 du code de procédure pénale, a-t-il tenu à préciser, qui autorise un procureur à «rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges retenues contre les personnes mises en cause». Une façon de répondre par avance aux accusations de violation du secret de l'instruction qu'auraient pu avancer le laboratoire.

Une ordonnance du 22 juillet 2010 avait missionné trois experts indépendants liés à aucune des parties: Ivan Ricordel (professeur agrégé au Val de Grace, titulaire de la chaire de chimie et toxicologie, directeur honoraire du laboratoire de toxicologie de la police scientifique), Michel Rieu (professeur de biologie honoraire des hopitaux de Paris, conseiller de l'Agence de lutte contre le dopage), Paddy Farrington (professeur britannique de statistique). Coût de l'expertise: 110.000 euros. Et à l'arrivée un rapport de 700 pages avec 11 tomes d'annexes basées notamment sur 664 publications scientifiques et des auditions réalisées par les experts en présence des juges.

Voici les points essentiels du rapport:

- le Mediator appartient à la famille des fenfluramines apparentée aux amphétamines et «possède des propriétés anorexigènes puissantes».

- le rôle et la participation de la norfenfluramine ont été «minimisé et occulté des documents scientifiques des laboratoires Servier pendant toute la vie commerciale du Mediator alors même que cette norfenfluramine constituait la raison essentielle de l'activité principale du Mediator».

- le côté anorexigène du Mediator a été «systématiquement écarté» de la stratégie d'information du laboratoire.

- le Mediator est «aussi anorexigène» que deux autres molécules de Servier, le Ponderal et l'Isoméride.

- le Mediator est à l'origine du développement de valvulopathies et d'hypertension artérielle pulmonaire.

- au vu des premiers signalements d'effets indésirables, soit entre 1998 et 2003, la suspension de l a commercialisation de la part du laboratoire et des instances publiques «aurait du intervenir».

- enfin, point le plus attendu du rapport, le Mediator serait responsable de 220 à 300 morts à court terme, de 1300 à 1800 morts à long terme et de 3100 à 4200 hospitalisations.

Le rapport est notifié aujourd'hui aux différentes parties, la défense a deux mois pour répondre. Ce qui tombera en plein pendant l'audience de Nanterre qui se voulait être le premier procès du Mediator mais un procès par citation directe soit sans instruction.

La date de rendu du rapport est donc une nouvelle façon de torpiller un peu plus le procès de Nanterre qui doit s'ouvrir le 21 mai. À Paris, deux informations judiciaires principales sont ouvertes dans ce dossier: l'une pour «homicides et blessures involontaires» pour lequel le fondateur du laboratoire fabriquant le Mediator, Jacques Servier, a été mis en examen le 11 décembre, l'autre pour tromperie et escroquerie dans laquelle Jacques Servier a été mis en examen ainsi que ses sociétés en septembre 2011.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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