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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 17:34
85 % des dossiers de victimes ont été jugés irrecevables par les experts, révèle "Le Parisien". Un nouveau scandale ?
Les experts demandent les ordonnances prouvant les prescriptions de Mediator et la durée du traitement.

Les experts demandent les ordonnances prouvant les prescriptions de Mediator et la durée du traitement. © Valinco / Sipa


"Plus de 85 % des dossiers de victimes présumées du Mediator sont jugés irrecevables par les experts du ministère de la Santé. Preuve que le scandale se dégonfle ou nouvelle affaire dans l'affaire ?" C'est le quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France qui pose la question en publiant en une ce matin "les chiffres qui sèment le doute" : en pratique, "sur les 831 dossiers médicaux sur lesquels se sont penchés les experts depuis septembre 2011, 712 ont été rejetés et 112 jugés recevables. Dans sept cas, les patients ont renoncé aux poursuites. Dans les cas où le lien de causalité a été reconnu, les experts ont en outre retenu une incapacité très faible, puisque limitée en majorité entre 5 % et 10 %."

Les réactions à ces informations sont évidemment diamétralement opposées. Pour Lucy Vincent, la porte-parole des laboratoires Servier, "ces données confirment que le risque de problème valvulaire lié à la prise du Mediator est rare et que, lorsqu'il y a un effet, il est peu important dans la majorité des cas". Quant au docteur Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest et auteur en 2010 du livre Mediator, combien de morts ?, elle clame haut et fort que "Servier fait pression sur les experts".

L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam), chargé d'évaluer les dossiers, tente de calmer le jeu. Car si dans 86 % des cas l'analyse des dossiers de malades déjà traités par son collège d'experts n'a pas établi de "lien de causalité" entre la prise de Mediator et les problèmes cardiaques des patients (hypertension artérielle pulmonaire et atteinte des valves cardiaques), il en reste encore quelques milliers d'autres à examiner. Au Parisien-Aujourd'hui en France, son directeur général, Erik Rance, admet cependant que "la situation est plus compliquée que prévu".

Traces

Il n'empêche : 129 cas d'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) associés à la prise de Mediator ont été identifiés entre 1999 et février 2012, selon le rapport du Réseau français de l'HTAP, publié en avril dernier. Et ces nouveaux cas corroboraient les résultats des rapports de 2011. Ce qui conforte, selon le professeur Marc Humbert de l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart (Hauts-de-Seine) et ses collègues, l'hypothèse selon laquelle les anorexigènes, y compris le Mediator, seraient susceptibles de jouer un rôle déclencheur chez des patients pouvant avoir par ailleurs d'autres prédispositions à développer la maladie (prédispositions génétiques et/ou autre facteur de risque).

Et c'est bien là le problème. "On ne pourra jamais prouver que le Mediator est responsable à lui seul des 500 décès qu'on lui attribue, car les personnes en surpoids et les diabétiques de type 2 souffrent souvent de plusieurs pathologies", disait déjà en off une experte du ministère de la Santé quand ces chiffres ont été annoncés. Et surtout quand Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, voulait que les choses aillent vite et refusait l'idée que, "après l'épreuve de la prise du Mediator et de ses conséquences pour nombre d'entre eux, il y ait ensuite ce qui pourrait être apparenté à l'épreuve de l'expertise judiciaire".

Or, aujourd'hui, les experts demandent - logiquement - aux malades de fournir leurs anciennes ordonnances, prouvant qu'ils ont bien pris du Mediator et indiquant la durée du traitement. Mais qui conserve systématiquement de tels documents et qui est capable de les retrouver ? Légalement, nous devons garder pendant deux ans les factures de médecins, dentistes, chirurgiens et professionnels du secteur paramédical, ainsi que les décomptes de remboursement de la Sécurité sociale. Certes, les médecins doivent conserver la trace de tous leurs actes et prescriptions, mais les récupérer est en général long et difficile, a fortiori sur une période de plus de trente ans - le Mediator a été lancé en 1976. Surtout s'ils se sentent un peu coupables...

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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