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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:07



La pneumologue auteur du livre "Mediator, combien de morts ?", qui a mis le feu aux poudres, dénonce le fonctionnement du collège d'experts chargé de traiter les dossiers des victimes.

Marianne : Le collège vient de publier les premières statistiques concernant les dossiers relatifs au Mediator. Parmi les 836 dossiers envoyés, 17 % ont été considérés comme recevables, soit beaucoup plus que ce que les rumeurs avaient propagé, mais au fond très peu...

Irène Frachon : Le collège a donné ces chiffres sous la contrainte. On voit qu'il existe un gouffre entre les données scientifiques publiées sur le Mediator et le pourcentage dérisoire d'indemnisations retenues. Cette incohérence alimente de plus la stratégie de Servier, qui cherche à minimiser le nombre des victimes. Or, nous voyons des rejets aberrants. Pis, nous avons appris récemment que le collège se permettait de réévaluer la gravité des valvulopathies, les rétrogradant du grade 2 (qui ouvre droit à l'indemnisation) au grade 1 (qui rend l'indemnisation plus aléatoire) en utilisant une méthode que les cardiologues «référents» de la Société française de cardiologie estiment choquante. On a le sentiment d'un traficotage «à la tête du client», comme l'a dénoncé un expert pneumologue qui a démissionné depuis. Ces modifications des données médicales se font en douce. C'est scientifiquement malhonnête et juridiquement irrecevable.

Y a-t-il un scandale du collège des experts du Mediator ?

I.F. : Oui, clairement, il y a un scandale ! En théorie, ce collège devrait être composé de gens compétents pour traiter des valvulopathies médicamenteuses. Or, tous ceux qui le sont réellement ont décliné l'invitation parce qu'ils sont trop occupés. De plus, beaucoup de cardiologues possibles candidats avaient des liens d'intérêts avec Servier, il a fallu les écarter. Je doute de la compétence des mandarins du collège à propos d'une pathologie qu'ils ont «ratée» pendant toute leur carrière et qui ne connaissent rien à l'échographie. Mais qui s'autorisent à modifier les conclusions des examens pratiqués ! C'est de l'expertise au doigt mouillé. L'un des experts a reconnu publiquement l'avoir fait «régulièrement» alors que ce n'est jamais mentionné dans les avis rendus. Qui peut accepter qu'en justice on modifie une attestation rédigée par un médecin ? Enfin, j'ai entendu des réflexions choquantes sur ces malades considérés comme des emmerdeurs et qui réclament du fric quand ça tourne mal. Le boulot du collège est de favoriser une réparation amiable pour des gens qui ont consommé un poison, qui attendent reconnaissance et respect.

Le collège peut-il rester en l'état ?

I.F. : Les experts ne respectent pas la loi qui dit que l'indemnisation doit être rapide et juste, sans seuil minimal de déficit. Et ils coûtent cher. Comme le député Gérard Bapt, je demande leur démission et la remise à plat du dispositif. La ministre de la Santé doit prendre ses responsabilités, quitte à faire voter une nouvelle loi. Il faut aussi un après-Mediator de l'expertise !

Propos recueillis par J.-C.J.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans MANIPULATION MENTALE
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