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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 19:51
 

avec plus de 10 500 décès par an et entre 200 000 et 220 000 tentatives de suicide, la France compte parmi les pays les plus touchés en Europe, malgré une baisse de 20 % en vingt-cinq ans.

La mortalité par suicide reste élevée en France : avec plus de 10 500 décès par an et entre 200 000 et 220 000 tentatives de suicide, la France compte parmi les pays les plus touchés en Europe, malgré une baisse de 20 % en vingt-cinq ans.

Si la mortalité par suicide chez les moins de 20 ans a diminué de 45 % ces quinze dernières années et celle des personnes âgées de 15 %, le nombre de décès par suicide des 30-60 ans est stable, a souligné le professeur Michel Debout, ancien président de l'Union nationale de prévention du suicide (UNPS), lors d'une conférence de presse tenue à l'occasion de la Journée mondiale du suicide, organisée le 10 septembre. Le suicide constitue même la première cause de mortalité chez les hommes de 25 à 34 ans, selon Infosuicide.org (chiffres de 2009).

"La France manque d'une meilleure connaissance du suicide", a déploré le spécialiste, psychiatre et médecin légiste, réitérant son appel pour la création d'un observatoire, lancé en mai 2011. Une rencontre est prévue avec le cabinet du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, mercredi 12 septembre, a précisé Jean-Claude Delgènes, directeur général de Technologia, cabinet de prévention des risques professionnels, à l'origine du projet.

"La prévention du suicide doit devenir une priorité de santé publique", ont insisté les initiateurs de cet appel. Le Conseil économique et social faisait déjà cette recommandation en... 1993. La France tarde à se doter d'outils d'observation - ce qu'ont fait d'autres pays comme la Suède ou la Grande-Bretagne, avec succès -, alors que la crise a un impact sur les suicides : on estime à 10 780 les tentatives "supplémentaires" motivées par la dégradation économique (Le Monde du 8 février).

Les tentatives de suicide ayant nécessité une hospitalisation sont six fois plus nombreuses chez les personnes précaires (18 %) que dans la population générale, ajoute le professeur Debout. La tendance est identique au Royaume-Uni : une étude du British Medical Journal publiée le 14 août a montré que la récession a conduit à une augmentation d'environ 1 000 suicides.

Mis sur le devant de la scène par les médias, les suicides à France Télécom et dans d'autres entreprises ont permis de libérer la parole et ont ouvert le débat sur la prise en compte du mal-être au travail. Certes, la conduite suicidaire est multifactorielle, mais "une trop forte exposition aux contraintes psychosociales, au stress, est reconnue comme délétère pour la santé psychique et pourrait constituer un élément déclencheur dans la survenue de syndromes dépressifs et/ou de conduites suicidaires", soulignait le docteur Christine Cohidon de l'Institut de veille sanitaire dans le bulletin de décembre 2011 de l'InVS.

Centraliser et recueillir les données, être une sorte de vigie, travailler sur la prévention : tels sont les axes que se fixe cet observatoire. Des outils de prévention fonctionnent dans certains pays, ou dans certaines entreprises, mais il n'y a aucun lieu de partage des données, déplore Jean-Claude Delgènes. Le professeur Debout propose par exemple qu'une personne licenciée puisse être suivie par le médecin de l'entreprise pendant deux ans suivant son départ.

En termes de prévention, il faut d'abord gérer le drame, en évitant tout risque de "contagion" sur le lieu de travail. Puis réfléchir à ce qu'il dit de l'organisation du travail, écouter les salariés, repérer leurs émotions, identifier le niveau de stress, en axant sur les situations de harcèlement. Tous les acteurs de la prévention doivent être associés, employeur, membres du CHSCT, médecin du travail, représentants des salariés, et formés, puisqu'ils sont en première ligne.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans PSYCHIATRIE
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