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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 20:19

L'Europe s'oriente vers un arrêt du Myolastan et Gé

Auteur : Aude Lecrubier

16 avril 2013

Londres, Royaume-Uni — Le Comité consultatif pour l'évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC), de l'Agence Européenne du médicament (EMA) recommande l'arrêt de la commercialisation de tous les médicaments contenant du tétrazépam (Myolastan® et génériques) en raison de réactions cutanées rares mais sévères voire mortelles tels que des syndromes de Stevens-Johnson, des syndromes de Lyell et des syndromes d'hypersensibilité médicamenteuse (DRESS).

Après évaluation des données post-commercialisation et des données de la littérature, le PRAC, considère le rapport bénéfice-risque de cette benzodiazépine aux effets myorelaxants comme défavorable [1].

Pourtant, l'agent indiqué dans le « traitement des contractures musculaires douloureuses en rhumatologie (en association aux traitements spécifiques)», est commercialisé depuis 1969, à travers différents médicaments.

En cause ? Une enquête de pharmacovigilance de la Commission nationale de pharmacovigilance française effectuée sur toute la période allant du début de sa commercialisation à juin 2012.

Publié en novembre 2012, ce bilan a montré « un tropisme cutané inhabituel au sein de la classe des benzodiazépines, en plus des effets classiques des benzodiazépines. »

La réévaluation du bénéfice-risque par l'EMA a donc été initiée à la demande de la France en janvier 2013. Dans un communiqué, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait recommandé « la suspension de son autorisation de mise sur le marché (AMM)».

Notons que cette benzodiazépine, l'une des plus utilisées en France, n'est plus remboursée, dans l'hexagone, depuis décembre 2011 (SMR insuffisant).

L'Europe rendra un avis définitif concernant la suspension ou le maintien de l'AMM du tétrazépam entre le 22 et le 24 avril 2013.

16 décès de causes dermatologiques et psychiatriques


Le signalement, en 2011, d'un nouveau cas d'effets indésirables cutanés lié au tétrazépam a déclenché une enquête officielle de pharmacovigilance en France.

L'enquête qui a porté sur les effets indésirables du tétrazépam, en particulier cutanés, a recensé l'ensemble des cas notifiés dans la base nationale de pharmacovigilance, des cas notifiés aux fabricants ; des données de vente et de consommation et des données de la littérature. En tout, 1616 cas ont été enregistrés dont 648 graves.

La moitié des effets indésirables rapportés étaient des effets cutanés (805 cas, dont 305 graves).

Parmi eux :

  1. 33 cas de syndrome de Stevens]Johnson (dont un cas d'évolution mortelle) ;
  2. 33 cas de syndrome de Lyell (dont 9 cas d'évolution mortelle) ;
  3. 59 cas d'érythème polymorphe (dont un cas d'évolution mortelle) ;
  4. 15 cas de syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse (DRESS) ;
  5. 3 autres cas possibles de DRESS ;
  6. 5 cas de pustulose exanthématique aiguë généralisée (un 6e cas possible).

Des cas d'anaphylaxie ont également été notifiés (97 cas d'urticaire avec parfois œdème palpébral ou de la face associé, 21 cas d'oedème de Quincke et 10 cas d'angioedème), auxquels il faut ajouter 2 cas de choc anaphylactique (SOC « Affections du système immunitaire »).

De nombreux cas d'hypersensibilité retardée ont également été notifiés, dont 76 cas avec patch test au tétrazépam positif ; 6 cas d'exposition professionnelle d'hypersensibilité retardée ont été notifiés (nombreux cas dans la littérature).

Parmi les effets graves autres que cutanés, les effets neurologiques, les effets psychiatriques (dont 5 suicides et 5 tentatives de suicide) et les troubles généraux représentent une part importante.

Dans la plupart des cas notifiés, la polymédication est majoritaire (association à des antalgiques, à des anti-inflammatoires non stéroïdiens, à des myorelaxants, etc.).

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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