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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 19:44

3,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires

 Jusqu'ici les élus ont toujours été bienveillants avec la firme. Pensez donc : Servier, fleuron de l'excellence française, second laboratoire pharmaceutique indépendant au monde, 3,7 milliards d'euros de CA, dont 25%, soit la totalité du bénéfice, consacré à la recherche... Tant pis si le discours bien huilé est invérifiable car l'entreprise, transformée en fondation, n'a jamais publié aucun compte.

Jacques Servier qui, comme tous les grands patrons, craignait d'être nationalisé en 1981, a pris, avant le grand soir, ses dispositions et créé un système opaque éclaté en une myriade de sociétés. Aujourd'hui, il règne sur ses dizaines de filiales, dont une à Genève, chargée de gérer son patrimoine et dirigée par le frère de l'ancien directeur de TF1, Dominique Mougeotte.

Neuvième fortune de l'Hexagone, remarié l'an dernier, pour la troisième fois, avec une de ses vieilles collaboratrices, le docteur vit depuis toujours en bon Auvergnat. Pas d'excès, pas de signe extérieur de richesse, à part un chauffeur pour sa 607 et un garde du corps qui veille discrètement, quand à l'occasion il sort dîner à La Coupole ou rejoint sa maison varoise de Beauvallon.
Vivons heureux, vivons caché... Le secret, parfois proche de la paranoïa, est au coeur de la culture maison. "Quand on entre chez Servier, on a l'impression de pénétrer au Pentagone", s'amuse un cadre haut placé. "Les boîtes mail sont contrôlées, les BlackBerry, interdits, de peur qu'on nous espionne mais, depuis vingt ans, nous n'inventons rien, nous recyclons essentiellement de vieilles molécules."

L'effet placebo

Nombre de médecins, comme le professeur Philippe Even, pensent aussi que, "à part quelques médicaments efficaces, comme le Glucidoral et le Diamicron - deux antidiabétiques - et le Coversyl, efficace contre l'hypertension, beaucoup de produits Servier sont de la poudre de perlimpinpin".

Le docteur en chef l'a d'ailleurs souvent dit : il croit beaucoup à l'effet placebo. Sa réussite est avant tout liée à son génie du marketing. Servier a l'art de vendre ses médicaments, même ses génériques commercialisés, avec succès, sous l'étiquette Biogaran.

Il joue toujours la différence, la fameuse French touch, précieux sésame pour conquérir l'Europe de l'Est, la Russie, l'Asie... "Nous sommes les meilleurs", a toujours rappelé le fondateur, en parlant aussi de lui-même ; il fut même un temps où le grand homme poussait le culte de la personnalité jusqu'à faire graver son profil dans du bronze, un petit souvenir que tout cadre un peu ambitieux se devait d'acheter.

"Quand c'est Servier, c'est suspect"

En France, où le laboratoire ne réalise que 15% de son chiffre d'affaires, l'excellence Servier n'est pas toujours reconnue. Un professeur de pharmacologie réputé enseigne même à ses étudiants : "Quand c'est Servier, c'est suspect".

La firme est régulièrement épinglée pour son opacité par la revue "Prescrire". Toute vérité scientifique n'est pas bonne à dire quand on fait du commerce. Il faut savoir présenter les choses, ainsi Servier a pris soin de ne jamais mentionner que le Mediator était un coupe-faim amphétaminique, ce qui lui a permis de survivre, quand tous les autres médicaments de cette classe, notamment ses bébés, l'Isoméride et le Pondéral, ont été interdits en 1997.

Les médecins scrupuleux savaient, mais les autres, ceux qui n'avaient pas la même conscience, ou simplement pas le temps ? Ils écoutaient les visiteurs médicaux de la maison, le plus souvent des femmes. Connues pour leur physique agréable et leur formation redoutable, elles sont tenues d'apprendre par coeur les argumentaires de vente, qui seront diffusés partout dans le monde.

"On les répète à la virgule près, avec interrogations écrites et orales", indique l'une d'entre elles. "Devant les médecins, le nom de la molécule doit être prononcé un certain nombre de fois. C'est juste du brain washing !"

 

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Published by VIOLENCE A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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