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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 11:45

Par Vincent Olivier, publié le 14/01/2013

Le Dr Pascale This s'alarme devant la "curée médiatique" contre les médecins en général et les gynécologues en particulier à propos des pilules de 3ème génération. Explication. 


Pilule de 3e génération: "Tous les gynécologues ne sont pas pourris!"

La grossesse demeure plus dangereuse que la pilule!

 

Pascale This est en colère! Ce n'est pourtant pas le genre de cette quadragénaire, d'ordinaire discrète et réservée, longtemps à temps plein à l'Institut Curie à Paris avant d'ouvrir un cabinet en libéral à Paris. Mais voilà: bien que peu soucieuse d'exposition médiatique, Pascale This se dit "effarée par la tournure que prend la polémique sur la pilule". Au point de lâcher ce cri du coeur: "Ca suffit! Nous ne sommes pas tous des pourris". La gynécologue, qui a donné une interview à l'Express il y a déjà plus de deux semaines, alors que la controverse ne faisait que commencer, fait part aujourd'hui de son "dégoût devant cette curée". Explication. 

Prescrivez-vous des pilules de 3e génération?

Oui cela m'arrive. Par exemple pour une jeune femme qui ne souhaite ni stérilet, ni implant mais qui ne supporte pas une pilule de 2ème génération. Pour autant, depuis 2007, je respecte évidemment les recommandations de la Haute autorité de santé: un interrogatoire sérieux et complet sur les antécédents médicaux de ma patiente, pas de prescription en "première intention". 

Mais n'est-ce pas dangereux?

Je répondrai à votre question par une autre question: à votre avis, quel est le plus grand danger, entre une grossesse non désirée (225 000 IVG chaque année), et un risque de complication lié à la pilule qui concerne 2 à 4 femmes sur 10 000? Quel est le plus grand danger pour une jeune fille: le risque de thrombose ou le fait qu'elle fume sous pilule? Où est selon vous le vrai souci de santé publique? En ce moment, on mélange tout, cela me hérisse! 

N'avez-vous pas le sentiment de faire le jeu des labos, dans la mesure où ces pilules de 3e génération sont plus chères que les autres?

Arrêtons avec ce phantasme! Tous les gynécologues ne sont pas acoquinés avec les labos. Tous ne sont pas obsédés par l'argent, ni pourris ou méprisants vis-à-vis de leurs patientes. La vérité, c'est que certaines de ces pilules sont aujourd'hui génériquées, et donc qu'elles ne coûtent pas forcément plus cher que les autres. La vérité, c'est aussi que nous, médecins, ne sommes pas responsables des prix pratiqués en pharmacie. Est-ce ma faute à moi si, comme me le disent certaines femmes, le prix d'une plaquette peut varier de 1 à 3 selon les officines? 

Et comment vous formez-vous? Sur la base des argumentaires des labos?

Soyons sérieux... Je regarde régulièrement les journaux scientifiques internationaux, les publications de référence sur Internet. A l'Institut Curie, j'ai accès à une base de données très complète. Tous les mois je me fais ma propre bibliographie. Sans oublier les congrès, celui du Collège national des gynéco-obstétriciens français par exemple, qui publie par la suite deux gros bouquins sur les dernières données accessibles. Vous voyez, nous avons bien d'autres éléments que ceux fournis par les labos... 

Recevez-vous des visiteurs médicaux dans votre cabinet?

Oui, cela peut arriver. Mais pensez-vous que cela suffise pour que je me sente liée à eux? Croyez vous vraiment que je "gobe" aveuglément les argumentaires de ceux qui défilent les uns après les autres? Qu'ils vont m'apprendre mon métier? 

Que certains confrères aient des intérêts financiers avec des labos je n'en doute pas, même s'ils sont peu nombreux. Que d'autres travaillent mal, trop rapidement, ou encore se contentent d'aller au plus facile - renouveler une ordonnance sans poser de questions - oui, bien sûr, c'est possible, probable même. Pour autant, arrêtons les anathèmes et les "tous pourris" qui desservent, au final, les médecins mais surtout une relation thérapeutique de confiance - essentielle - avec un patient.  

Vous trouvez que ça va trop loin?

Ça fait des mois qu'on nous éreinte. Tous, généralistes et spécialistes, hospitaliers ou libéraux, dans le même sac! Sans distinction de capacité, de déontologie, de revenus ou de conditions de travail. Le risque, c'est de détourner les jeunes de la médecine - alors même que l'évolution démographique est déjà catastrophique. Si on continue ainsi, demain les consultations se feront par des plateformes téléphoniques aux mains des assureurs privés, ou dans des hôpitaux publics, mais avec 6 ou 8 mois d'attente. 

Qu'attendez-vous des pouvoirs publics?

Qu'ils jouent enfin leur rôle! Nous ne sommes "que" médecins. Pas des experts en pharmacologie ni en épidémiologie. Nous ne sommes pas davantage en charge des conditions dans lesquelles des médicaments sont mis sur le marché. Les pilules de 3e génération seraient dangereuses? Alors il faut les interdire! Et, au passage, faire de même avec l'aspirine qui comporte au moins autant de risques potentiels. Que l'Agence du médicament prenne donc ses responsabilités. Que le ministère de la Santé prenne aussi les siennes.  

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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