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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 12:10
 

La polémique enfle sur la dangerosité des pilules de 3e et 4e génération. Après la révélation par Le Monde daté du 15 décembre 2012, d'une première plainte au pénal déposée en France par Marion Larat, une jeune femme demeurée handicapée après un accident vasculaire cérébral qu'elle impute à la prise de sa pilule, les questions se multiplient. Dès 1995, les études scientifiques ont établi l'accentuation du risque thromboembolique veineux de ces contraceptifs oraux récents par rapport à leurs prédécesseurs de 2e génération. Et depuis 2007, la Haute autorité de santé recommande aux médecins de ne plus prescrire les pilules de 3e génération aux nouvelles utilisatrices en première intention. Recommandation restée largement lettre morte. Nous avons cherché à savoir pourquoi.

 

Une plaquette de pilules.

C'est un puissant et rassurant bruit de fond qui n'a jamais cessé. Pourquoi les médecins ont-ils continué de prescrire à la moitié de leurs jeunes patientes des pilules de troisième et quatrième génération, en dépit des recommandations contraires de la Haute Autorité de santé (HAS) depuis 2007 ? Sans doute parce que les alertes sur la dangerosité de ces contraceptifs ont été couvertes par une autre musique, omniprésente : le discours des gynécologues les plus médiatiques de France.

Ces experts qui, à la télévision comme dans les revues médicales, congrès ou journées de formation continue, n'ont cessé d'assurer que les pilules de 3e et 4e génération présentaient moins d'effets secondaires que les précédentes, et étaient mieux tolérées par les femmes. Ces leaders d'opinion qui n'évoquaient les risques que pour les minimiser et jamais ne rappelaient la nécessité de renoncer à toute prescription en première intention.

Contre l'avis de la HAS, et contre la littérature scientifique, qui n'a jamais apporté la preuve de bénéfices supplémentaires mais bien celle d'un surcroît de risques thromboemboliques veineux par rapport aux contraceptifs oraux plus anciens.

Le professeur Israël Nisand, responsable du pôle de gynécologie-obstétrique au CHU de Strasbourg, est sans doute le plus exposé de ces experts ès contraception. Le 9 février 2011, il coanime une conférence de presse des laboratoires Effik présentant un sondage sur la pilule, reprise dans toute la presse. "Les pilules de 3e génération contiennent un progestatif "plus puissant" qui permet de diminuer les doses d'œstrogènes, d'où "une tolérance meilleure", a expliqué le docteur Nisand", rapporte alors l'AFP.

Un an auparavant, lors de l'annonce par Effik du remboursement de la première pilule de 3e génération microdosée, le Pr Nisand se félicitait d'un "vrai bénéfice pour les femmes", dans un communiqué de la firme. Qui citait également Brigitte Letombe, gynécologue au CHRU de Lille, alors présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM), réjouie de ce remboursement attendu "depuis plus de vingt ans".

Tous deux ont rendu, en février 2012, un rapport officiel sur la contraception et l'avortement chez les jeunes filles (Et si on parlait de sexe à nos ados ?, Odile Jacob). Ils y pointaient les "avantages évidents pour les jeunes" des pilules de 3e génération et suggéraient de "remonter le courant de la désinformation ambiante" : "Les grands médias en rajoutent sur la nuisance possible des contraceptions hormonales (...)."

Six mois plus tard, en septembre 2012, le déremboursement programmé des pilules de 3e génération, qui renverrait les jeunes filles vers "les pilules vieilles de quarante ans", les désole. C'est un coup du gouvernement pour faire des économies sur le dos des femmes. Car "le service rendu était considérable", selon M. Nisand.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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