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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 19:54

 

Pilules de 3ème génération, liste et dangers potentiels

La plainte d’une jeune femme lourdement handicapée après un accident vasculaire lié à une pilule contraceptive a été relayée dans les médias. Il s’agissait d’une pilule dite de 3ème génération. Ces contraceptifs oraux qui contiennent du gestodène ou du désogestrel sont connus depuis longtemps pour augmenter le risque de cet accident très rare.

Un contraceptif oral contient toujours une substance apparentée à la progestérone : un progestatif.

Depuis 1960, l’industrie pharmaceutique a cherché à inventer de nouveaux progestatifs qui provoqueraient moins d’effets indésirables, et l’on décrit 4 générations de ces substances apparues successivement sur le marché depuis 50 ans.

Les 1ère et 2ème générations présentent peu de différences, ce sont :
- La norethistérone
- Le norgestrel
- Le lévonorgestrel

La 3ème génération comporte
- Le désogestrel
- Le gestodène
- Le norgestimate

La 4ème génération est représentée par la drospirénone. Elle est parfois fusionnée (à mon avis à tort) avec la 3ème génération.

La prise d’un contraceptif oral augmente le risque d’accident vasculaire, essentiellement par formation d’un caillot dans une veine (phlébite, embolie), plus rarement par obstruction d’une artère (infarctus).

En l’absence de contraception, ce risque est en moyenne de 1/10000 chaque année. La majorité des caillots ne provoquent pas de séquelles : phlébite nécessitant un traitement anticoagulant prolongé.

Malheureusement, les caillots qui touchent le cerveau ou qui se déplacent jusqu’aux vaisseaux sanguins des poumons (embolie) peuvent avoir des conséquences redoutables. Je n’ai pas trouvé la fréquence exacte de ces accidents graves qui sont encore plus rares, sans doute compris entre 1/100 000 et 1/1000 000 chaque année pour une femme sous contraceptif oral.

PDF - 307.3 ko
Fiche HAS

Les pilules de 1ère et 2ème génération semblent augmenter le risque de caillot d’un facteur 2 : il passe de 1/10 000 à 2/10 000 chaque année. Ce risque est augmenté par les autres facteurs de risque comme l’obésité ou le tabagisme.

Nous savons depuis longtemps que les promesses des pilules de 3ème génération n’ont pas été tenues : rien ne prouve qu’elles diminuent ce risque. Bien au contraire, elles semblent le multiplier par deux, le faisant passer à 4/10 000 chaque année.

Je dis "semblent" car nous n’avons pas de preuve formelle : lorsque nous comparons la fréquence des accidents chez les femmes sous pilules de 2ème ou 3ème génération, nous ne pouvons pas être certains que ces femmes sont comparables, et que la différence observée dans la fréquence des accidents est uniquement due à la nature de la pilule. De même, les femmes qui prennent la pilule en général ne sont pas forcément comparables à celles qui ne la prennent pas.

Néanmoins, la convergence des travaux scientifiques allant dans ce sens et les précautions prises dans le traitement des résultats rendent cette augmentation de risque très probable.

Il n’est donc pas logique de prescrire en première intention une pilule contraceptive de 3ème génération. Le surcroît de risque n’est justifié par aucun élément scientifique en matière de meilleure tolérance attendue (prise de poids, migraines, acné). La réaction d’une femme prenant une pilule donnée est imprévisible.

La seule explication de l’usage massif de ces pilules de 3ème génération est l’intensité du marketing pharmaceutique auprès des médecins prescripteurs (visiteurs médicaux, formation sponsorisée, presse sponsorisée, congrès payés).

Il semble néanmoins possible de les essayer en deuxième intention, chez une femme qui tolére mal les contraceptifs de 1ère et 2ème génération, et qui est informée du surcroît de risque qui les accompagne. De la même façon, une femme qui démarre une contraception orale, quelle qu’en soit la nature, doit être informée qu’elle augmente très probablement son risque d’accident vasculaire.

Les médecins qui sont habitués à se protéger de la désinformation entretenue par le marketing pharmaceutique et ses "experts" prescrivent en première intention des pilules de 1ère et 2ème génération depuis 2001, date d’une alerte internationale reprise par la revue Prescrire et les autres revues ou organismes de formation indépendants.

Ce qui est étonnant, c’est que ces pilules de 3ème génération soient encore remboursées 10 ans après, et que la décision ministérielle récente repousse à septembre 2013 l’arrêt de leur remboursement.

Voici la liste des contracteptifs oraux dits de 3ème génération et commercialisés en France. Ceux au norgestimate sont mentionnés, mais nous n’avons pas de données scientifiques sur les risques spécifiques liés à ce produit.

Dr Dominique Dupagne

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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