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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 14:23

 

 

Chantage au calmant dans les classes: une maman raconte

Dans des classes jusqu’à 25% des élèves seraient traités.

Suzy refusait de donner de la Ritaline à son fils, l’école le lui a fait payer très cher

Raphaël Pomey – le 13 avril 2009,
Le Matin Bleu

L’affaire secoue Zurich. Des profs débordés feraient pression sur l’entourage d’élèves turbulents pour qu’ils avalent des pilules pour hyperactifs. Dans une enquête du «Matin Bleu», en mars, plusieurs spécialistes affirmaient que le phénomène débordait sans doute le cadre zurichois.
Aujourd’hui, des parents romands brisent le silence. Téléphone à domicile, menace d’exclusion de leur enfant, classes bourrées d’élèves sous traitement… Leur témoignage fait froid dans le dos.

Une maman vaudoise raconte.

Son cauchemar commence il y a 4 ans: «Mon fils commençait l’école enfantine, c’était le premier entretien avec sa maîtresse.» Ni une, ni deux, l’éducatrice affirme que le fils de Suzy, David*, est hyperactif et qu’il doit prendre de la Ritaline. Choquée, la maman va voir un psychologue et un pédiatre. «Ce dernier est même venu observer David en classe.» Verdict: l’enfant est vif mais pas hyperactif. Les qualités du médecin sont remises en question par l’école. Les entretiens se succèdent à un rythme effréné: «On me disait: «Il a jeté sa gomme sur un copain! Il faut absolument lui donner des calmants!»

Suzy cherche des solutions du côté des médecines naturelles. Elle fait aussi des tests pour voir si David est un surdoué qui s’ennuie en classe. Il reste désespérément «normal». On menace de le mettre dans une classe à effectif réduit. Elle tient bon. Après deux ans d’enfer, David rejoint la grande école. Pendant six mois, un adulte s’assiéra à ses côtés pour évaluer son comportement. «Les autres élèves se moquaient de lui.» Malgré l’humiliation, David ne prendra jamais de Ritaline: «On m’a accusé de non-assistance à personne en danger. Sans mon pédiatre, j’aurais craqué.»

Aujourd’hui, David va avoir 10 ans. Très sportif, il s’est bien calmé en classe. «J’ai dépensé des milliers de francs chez des spécialistes, vécu des pressions terribles. Pour une maman qui tient bon, combien cèdent à ce chantage?»

La Ritaline suscite beaucoup d’inquiétude, mais peu d’études

En 10 ans, les ventes de Ritaline ont été multipliées par huit en Suisse. Le sujet reste néanmoins peu étudié. L’une des rares recherches porte sur le canton de Vaud. En 2005, 775 enfants de 5 à 14 ans, soit 1% du total, avalaient de la Ritaline. C’est 206 de plus qu’en 2002. En comparaison, un élève sur dix en prend aux Etats-Unis.
Etre «bougillon» ne signifie pas être hyperactif. Selon l’OMS, dix symptômes sont aussi requis. Parmi ceux-ci, des problèmes d’impulsivité et d’inattention.

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Published by violences à l'hôpital - dans LES PILULES DU MALHEUR
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