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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 17:46
Source: Novethic / Anne Farthouat
http://www.novethic.fr

Avec plus de 3300 médicaments humains et vétérinaires mis sur le marché, la France est le plus gros consommateur de médicaments en Europe. Or, cette surconsommation n’est pas sans conséquences sur l’environnement, et sur la santé humaine. Car ces résidus se retrouvent dans les eaux usées, et les stations d’épurations ne sont pas conçues pour les éliminer.

En 30 ans, les dépenses des Français consacrées aux médicaments ont augmenté de 450%. Consommées à domicile ou en hôpital, ces molécules thérapeutiques se retrouvent in fine dans les eaux usées. Et leur concentration ne cesse de croître. Comme le souligne le docteur Patrice Halimi, secrétaire général et co-fondateur de l’Association Santé Environnement France, « aujourd’hui, avec le développement de l’hospitalisation à domicile et de l’auto-médicamentation, tout le monde est potentiellement émetteur de résidus médicamenteux. Du coup, on retrouve, à la sortie des stations d’épuration, des traces d’antibiotiques, de béta-bloquants, d’antidépresseurs, d’anti-inflammatoires... ».

Les trois types de molécules les plus présentes dans nos cours d’eau sont en fait les œstroprogestatifs, conséquence de la consommation croissante de pilules contraceptives, les tranquillisants, la France étant le plus gros consommateur d’antidépresseurs au monde, et les anti-cancéreux, du fait du développement de l’hospitalisation à domicile. Or, non seulement ces médicaments sont conçus pour être actifs à faible dose, mais en plus, ils présentent une biodégradabilité très variable (de 10 à 90%).

Autrement dit, leur présence dans les eaux, même à faible concentration, peut s’avérer toxique sur le long terme. D’après Patrice Halimi, la communauté scientifique et les pouvoirs publics intègrent peu à peu cette nouvelle donne : « on sort d’une logique de pollution aigüe à une logique d’imprégnation permanente. » D’ailleurs, plusieurs études scientifiques soulignent déjà l’impact de ces cocktails de molécules sur la faune et la flore aquatiques, certaines espèces présentant une féminisation de leurs caractères sexuels.

Développer la connaissance scientifique

En revanche, l’effet sur la santé humaine reste mal connu. Or, Patrice Halimi en est convaincu : « il faut que les spécialistes de l’eau, les médecins et les vétérinaires se rencontrent et échangent leurs savoirs ». Dans le cadre du deuxième Plan National Santé Environnement, les pouvoirs publics se sont donc engagés à « améliorer la connaissance et réduire les risques liés aux rejets de médicaments dans l’environnement. » Au point d’élaborer un plan spécifique, le Plan National sur les Résidus Médicamenteux (PNRM), dont le comité de pilotage a été mis en place fin novembre 2009.

Chapeauté par les ministères en charge de la santé et de l’environnement, ce comité rassemble effectivement les agences sanitaires françaises, les ordres nationaux des pharmaciens, médecins et vétérinaires, les fédérations d’établissements hospitaliers, mais aussi des associations de consommateurs et de protection de l’environnement. Également associé à ce comité, le Leem, syndicat national des entreprises du médicament, collabore avec l’Afssa* et l’Afssaps** sur des travaux de recherche. Claire Sibenaler, chargée de mission sur les résidus médicamenteux, en témoigne : « nous sommes auditionnés par les agences sanitaires, et nous sollicitons les industriels adhérents au Leem pour qu’ils exposent leurs pratiques. Par ailleurs, certains d’entre eux financent des thèses de recherche sur les résidus médicamenteux. »

Organiser le recyclage

Déjà en 1993, le Leem avait mis en place, sous l’impulsion réglementaire, le dispositif Cyclamed pour récupérer et incinérer les médicaments non utilisés. Soumis à une nouvelle réglementation qui oblige les producteurs à collecter et valoriser les « déchets d’activités de soins à risque infectieux » (DASRI), notamment utilisés par les diabétiques, le Leem travaille donc à la création d’un éco-organisme spécifique. Mais comme le souligne Delphine Caroff, chargée de mission RSE, « ces obligations réglementaires de plus en plus contraignantes ont un coût. Or, nous sommes le seul secteur en France à être soumis à un prix administré, donc tous les coûts environnementaux sont supportés par les entreprises. » Un appel à la mise en place d’aménagements économiques.

Renforcer les critères d’autorisation pour la vente de médicaments ?

Mais pour Patrice Halimi, il est également nécessaire de « faire de la biodégradabilité un véritable critère d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les entreprises du médicament. » L’impact environnemental des médicaments est effectivement pris en compte dans les procédures d’AMM, puisque depuis 2006, tous les nouveaux médicaments européens doivent répondre à une évaluation éco-toxicologique élaborée par l’European Medicines Agency. Pour autant, comme l’explique Claire Sibenaler, « cette évaluation n’est pas un critère déterminant pour l’obtention de l’AMM : les autorités peuvent valider l’AMM quels que soient les résultats ». Tout au plus exige-t-elle des mesures de précaution, telles que l’incitation à retourner les médicaments non utilisés à la pharmacie pour incinération.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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