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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 18:36

La Ritaline, un médicament prescrit depuis une vingtaine d'années pour calmer l'hyperactivité des enfants, divise le monde médical, alors qu'il connaît un regain des ventes en France.


Alexandra Gonzalez

Outre-Atlantique, on la surnomme la Kiddy Coke, la cocaïne des enfants. Un surnom pour le moins violent donné à la Ritaline, un médicament prescrit pour apaiser l'hyperactivité des enfants. Et ce produit, inscrit sur la liste des stupéfiants, divise la communauté médicale. Dénoncée par certains pour ses effets secondaires indésirables et son usage trop systématique, la Ritaline est louée par d'autres pour le soulagement qu'elle procure aux enfants atteints de ce trouble.

"La Ritaline est une béquille chimique qui permet à certains enfants de s'adapter à des contraintes trop dures pour eux. Ces enfants, que j'appelle des "zappeurs", ne sont pas des malades. Ils sont simplement porteurs d'un caractère fait pour le mouvement, l'espace, la liberté de bouger, d'essayer, d'expérimenter, de créer, d'inventer. Cela fait d'eux des enfants encombrants, dérangeants et finalement rabroués en permanence", explique à BFMTV.com le Dr Dominique Dupagne, médecin généraliste.

"Ce médicament et ses cousines leurs apportent une stimulation chimique qui, paradoxalement, calme et rend attentifs certains d'entre eux. Les parents sont donc satisfaits et demandeurs. Les maîtres confirment que les résultats scolaires progressent. Mais fondamentalement, il s'agit d'un artifice qui ne soigne rien, et qui permet de s'adapter à un système normalisant qui, lui, ne s'adapte pas à ces enfants. Une éducation spécialisée adaptée leur permettrait de se passer de Ritaline sans problème, mais nous n'en avons pas les moyens", reconnaît le médecin.

"Incertitudes" sur les effets à moyen et long terme

Résultat: selon une étude publiée mercredi par Le Parisien, le nombre de boîtes vendues de méthylphénidate, la molécule qui se cache derrière ce médicament, a explosé de 70% en France ces cinq dernières années, passant de 283.000 boîtes vendues en mars 2008 à 476.900 en mars 2013. Autre constatation, l'âge médian des consommateurs de ce produit, proche des amphétamines, est passé de 15 à 13 ans.

Faut-il s'en inquiéter? Le débat n'est pas tranché. Dans un avis daté du 3 octobre 2012, la Haute autorité de santé note que "le rapport efficacité/effets indésirables est moyen" et que "des incertitudes demeurent sur les effets à moyen et long terme" sur le plan "cardiovasculaire, neurologique et psychiatrique".

"Les effets secondaires psychiques de la Ritaline sont totalement différents chez les "zappeurs" et les "non zappeurs". Calmant chez les uns, excitant chez les autres. Pour le reste, on constate une perte de poids par effet coupe-faim, et parfois un ralentissement de la croissance après un traitement prolongé. Le risque d'addiction existe également en cas de surdosage", détaille le Dr Dupagne.

"L'enfant n'est ni stupide, ni méchant"

Parfois aussi difficile à vivre pour les parents que pour leurs enfants, le trouble du déficit de l'attention, qui n'a rien de comparable avec une banale énergie débordante, toucherait 3 à 5% des enfants en France. La prescription initiale de Ritaline et autres psychostimulants est réservée aux neurologues, psychiatres ou pédiatres exerçant à l'hôpital. L'ordonnance peut ensuite être renouvelée par les généralistes et les pédiatres de ville.

Avant d'y avoir recours, le Dr Dupagne recommande aux parents de dialoguer avec leur enfant. "La première chose à faire est de lui expliquer qu'il n'est pas malade, ni méchant, ni stupide, mais différent. Il faut lui expliquer le fonctionnement de son cerveau, valoriser ses qualités créatives, et l'aider à s'adapter au monde qui l'entoure. Car ce monde n'est pas fait pour lui."

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans LES PILULES DU MALHEUR
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