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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 17:54
Créé le 26-10-2012

L'enquête de Sciences et Avenir révèle les dérives sectaires et thérapeutiques dans les hôpitaux et universités en France. La réaction de Serge Blisko, président de la Miviludes.

 

Serge Blisko, président de la Miviludes. Yves Malenfer/ Matignon

Serge Blisko, président de la Miviludes. Yves Malenfer/ Matignon

SERGE BLISKO est président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Dans sa réaction aux révélations de l'enquête de Sciences et Avenir, il évoque notamment sa volonté d’alerter les présidents des universités et s’inquiète en particulier de la situation de l’université d’Angers.

Auditionné au Sénat le 24 octobre par la commission d’enquête sur les risques de dérives sectaires dans le domaine de la santé, Serge Blisko a réaffirmé sa volonté d’être ferme sur ces sujets en proposant quelques pistes de réflexion pour améliorer la réglementation (voir encadré).

 

 

Sciences et Avenir: Êtes-vous inquiets de l’infiltration de mouvements pseudo-thérapeutiques au sein des hôpitaux et des universités déjà dénoncés par la Miviludes ?

Serge Blisko: Oui, car ce que nous découvrons avec votre enquête, ce sont leurs méthodes d’entrisme. Par exemple, je regrette la
facilité avec laquelle des diplômes, reconnus au niveau européen, sont délivrés dans des universités privées à l’étranger, dont on ne sait pas grand-chose. Mais se pose aussi la question des diplômes universitaires (DU)* qu’on a vu fleurir un peu partout en France, sans vraiment de contrôle. Le problème, c’est que ces DU représentent une source de revenu importante pour les universités.

SeA: Allez-vous intervenir ?

SB: Nous allons alerter les présidents d’universités, mais aussi la conférence des doyens des facultés de médecine, pour qu’ils prennent conscience que certains DU sont la porte ouverte à toutes les dérives. Quant à Angers, nous devrons en discuter avec le nouveau cabinet du ministre de la Santé, car il y a là un vrai problème. Mais il reste que les universités disposent d’une grande autonomie. Enfin, pour ce qui est de l’infiltration des hôpitaux, nous alerterons la Fédération hospitalière de France et les organisations patronales des établissements de santé.

SeA: Ces mouvements noyautent des colloques comme Ecomédecine, placé sous le haut patronage de la ministre de la Santé, Marisol Touraine. N’est-ce pas un étrange mélange des genres ?

SB: Effectivement, car les mouvements dont vous parlez recherchent auprès de partenaires prestigieux un gage de respectabilité. Ce système de haut patronage en particulier devrait sûrement être revu, car il ne veut rien dire et peut être détourné. Or, il n’est pas toujours facile de vérifier le contenu de ces manifestations auxquelles un ministre accorde sa confiance.

Propos recueillis par Olivier Hertel

 

Les pistes évoquées par Serge Blisko :

Lors de son audition au Sénat, Serge Blisko a proposé quelques pistes de réflexion pour améliorer la lutte contre les dérives sectaires dans le domaine de la santé et dans les universités. Voici les plus importantes :

1/ Solliciter une enquête du ministère de l’enseignement supérieur sur le contenu des diplômes universitaires d’enseignement à des pratiques non conventionnelles

2/ Interdire des pratiques qui auront été jugées dangereuses par le groupe d’appui technique GAT de la direction générale de la santé et dont le rôle est d’évaluer les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutiques.

3/ Lancer une campagne nationale de sensibilisation aux pratiques sectaires dans le domaine de la santé

4/ Renforcer le contrôle des rectorats sur les formations faussement diplômantes ou l’usage illicite du titre d’université ou de master

5/ Interdire toute certification de modules de formation à des pratiques thérapeutiques non validées

6/ Soumettre à l’avis du GAT l’introduction de pratiques non conventionnelles à l’hôpital, selon une procédure d’urgence

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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commentaires

Bertrand Graz 22/11/2012 22:03



Il semblerait utile de relativiser l'ampleur du phénomène décrit par O. Hertel. Les patients qui renoncent à un traitement conventionnel valide pour une thérapie non-conventionnelle sont en
nombre infime. La plupart des utilisateurs de méthodes non-conventionnelles les utilisent non pas comme médecines alternatives mais comme médecines complémentaires. C'est ce qu'a montré (entre
autres informations scientifiques et historiques) une enquête que j'ai coordonné récemment  et qui a été publiée sous forme de livre de poche (*). reste qu'il est hautement recommandé aux
patients de parler avec leur médecin de leurs recours réels ou envisagés à des thérapies non conventionnelles -- et à  nos chers confrères de se mettre à jour avec les nombreuses études
scientifiques menées ces dernières années sur le sujet.

(*) Graz B.: "Médecines complémentaires", aux Presses polytechniques et universitaires romandes, 2012

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