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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 19:37

 

Le serment d’Hippocrate serait-il devenu celui de l’hypocrite pour certains médecins ? Sinon, comment ce médecin pakistanais accusé dans son pays d’avoir aidé la CIA à débusquer Oussama Ben Laden, tué il y a plus d’un an par un commando américain dans le nord du Pakistan, aurait-il pu abandonner bistouri et bureau pour jouer au délateur ? Si tel est le cas, Dr Afridi mérite plus que les 33 ans de prison auxquels l’a condamné un tribunal tribal.

En effet, Shakeel Afridi, un chirurgien accusé d’avoir mené une fausse campagne de vaccination à Abbottabad, la ville où se terrait le chef d’Al-Qaïda avec ses quatre femmes et ses enfants, pour prélever leur ADN, a été condamné par un tribunal tribal du district semi-autonome de Khyber, dans le nord-ouest du Pakistan, d’où il est originaire. Le monde à l’envers, non ? Est-il médecin ou délateur ?

Selon la presse internationale, « les tribunaux tribaux sont compétents dans les zones tribales semi-autonomes du Pakistan, mais tout appel est jugé ensuite par les juridictions de droit commun ». Ainsi, "il a été condamné à 33 ans de prison pour trahison et conduit à la prison centrale de Peshawar", la grande ville du nord-ouest, a déclaré à l’AFP par téléphone Mohammad Siddiq, porte-parole de l’administration du district de Khyber.

Seulement, là n’est pas le problème. Ce qui l’est par conséquent, c’est : depuis quand les médecins sont-ils autorisés à jouer aux flics, pardon, aux barbouzes ? Oublient-ils que traditionnellement prêté par les médecins en Occident avant de commencer à exercer, le serment d’Hippocrate l’est partout dans le monde, surtout chez nous qui avons des « ancêtres gaulois ». Pan sur mon bec ! Que disé-je ? Astaghfiroulah, je voulais dire, "nous qui avons été colonisés par les français".

Et comme Dr Shakeel Afridi a oublié ce serment, nous lui raffraîchissons la mémoire avec l’original qui a, certainement été tropicalisé au point de devenir serment d’Hypocrite, chez certains comme lui.

Dr Afridi, écoutez religieusement, le voilà : « Je jure par Apollon, médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux, toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et les engagements suivants : je mettrai mon maître de médecine au même rang que les auteurs de mes jours, je partagerai son savoir, et le cas échéant, je pourvoirai à ses besoins ; je tiendrai ses enfants pour des frères, et, s’ils désirent apprendre la médecine, je la leur enseignerai sans salaires ni engagement.

Je ferai par des préceptes, des leçons de morales et du reste de l’enseignement à mes fils, à ceux de mon maître, et aux disciples liés par un engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre.

Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice.

Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, et ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion ; semblablement je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif.

Je passerai ma vie et j’exercerai mon art dans l’innocence et la pureté.

Je ne pratiquerai pas l’opération de la taille, je la laisserai aux gens qui s’en occupent.

Dans quelque maison que j’entre, j’y entrerai pour l’utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur et surtout de la séduction des femmes et des garçons, libres ou esclaves.

Quoi que je voie ou entende en société pendant l’exercice ou même hors de l’exercice de ma profession, je tairai ce qui n’a pas besoin d’être divulgué, regardant la discrétion comme un devoir en pareil cas.

Si, je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais parmi les hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire ! »

Serment qu’exigeait Hippocrate, fondateur de la Médecine, de ses élèves.

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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