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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:10

Pourquoi les médecins ont-ils continué à prescrire massivement les pilules de troisième génération malgré plusieurs rapports sur les risques de thrombose? La gynécologue Françoise Tourmen, membre du Formindep qui milite pour une information médicale indépendante, fait le point. 


"Si les pilules de 3e génération sont jugées trop dangereuses, il faut les supprimer du marché"

SANTE - Tous les regards sont braqués sur la pilule de troisième génération. Pourtant, les inquiétudes autour de ce contraceptifs ne sont pas nouvelles.

MYCHELE DANIAU / AFP

Il y a eu plusieurs études en France sur les effets des pilules de troisième et quatrième génération et plus de 13 000 plaintes ont été déposées aux Etats-Unis... Les médecins et sages-femmes sont-ils suffisamment informés sur les risques liés à la prise de ces "nouveaux" contraceptifs oraux?

Les médecins ont l'obligation de se former tout au long de leur carrière. Le problème, c'est que les formations sont généralement financées par l'industrie pharmaceutique. Les "samedis de la contraception", par exemple, censés permettre aux prescripteurs de faire le point sur les dernières nouveautés en la matière sont organisés par un groupe qui commercialise des pilules. De même, la presse médicale dite de référence comme le Quotidien du médecin est liée aux laboratoires. 

Il existe pourtant des revues indépendantes: Prescrire met ainsi en garde les médecins contre les pilules de troisième génération depuis 1996. Les autorités ont également fait leur travail: la commission de transparence de la Haute autorité de Santé a publié plusieurs rapports sur les risques de thrombose veineuse liée à ce contraceptif. Mais encore faut-il prendre le temps de se pencher sur ces études. D'autant qu'il y en a tellement, qu'il n'est pas toujours évident de faire le tri.  

Quelles sont les différences entre les pilules de deuxième et troisième génération?

D'un point de vue contraceptif, ces deux générations de pilules sont aussi efficaces l'une que l'autre. Mais les laboratoires pharmaceutiques utilisent des arguments marketing pour pousser les gynécologues, les médecins ou les sages-femmes à prescrire les pilules de dernière génération: elles permettraient de prendre moins de poids, d'avoir moins de boutons ou de limiter la pilosité. Aucune étude indépendante ne l'atteste cependant.  

Comme dans l'affaire du Mediator, on a le sentiment qu'il faut que l'opinion publique s'empare du débat pour que les autorités réagissent ?

On a effectivement l'impression qu'il a fallu cette plainte et le relai des médias pour que le dossier soit traité en priorité. Une réunion en urgence va être organisée par l'agence du médicament et la ministre de la Santé [Marisol Touraine, NDLR] va dérembourser plus rapidement que prévu ces pilules. C'est bien, mais c'est trop tard: il faudrait mener des études indépendantes dès les premiers soupçons et non pas attendre ce genre de drame pour se pencher sur la question. N'importe quel médicament comporte des risques, mais il faut évaluer le rapport bénéfice/risque.  

Justement, pourquoi ne pas les retirer du marché si elles sont dangereuses ?

Le déremboursement est effectivement aberrant: si un médicament est jugé trop dangereux, on le supprime purement et simplement du marché. Cette mesure est surtout symbolique.  

Est-ce parce que les groupes pharmaceutiques font pression sur le gouvernement pour qu'elles restent malgré tout sur le marché?

Je ne suis pas dans le secret des Dieux...

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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