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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 18:54

 

L'auteur Roger Lenglet explique comment les lobbies s'infiltrent dans notre quotidien. Extrait de "24h sous influences, comment on nous tue jour après jour" (2/2).

Publié le 21 avril 2013

 
Les firmes pharmaceutiques occupent une place centrale dans le dispositif de formation du corps médical.

Les firmes pharmaceutiques occupent une place centrale dans le dispositif de formation du corps médical. Crédit Flickr/kellyhogaboom

Max, le mari de Cécile, qui dort à ses côtés, ne rêve pas. Son sommeil est profond. Il se croit insomniaque et prend chaque soir un somnifère. Sans lui, pense-t-il, impossible de faire une « nuit normale ». Son médecin ne l’a pas contredit et lui renouvelle régulièrement sa prescription, bien que la notice signale que ce médicament n’est pas à prendre au-delà de quelques semaines. Cela dure depuis trois ans. Même le pharmacien ne semble pas s’en inquiéter.

Max ne sait pas que le laboratoire qui fabrique le produit offre régulièrement des petits cadeaux à son prescripteur, et même parfois une villégiature exotique ou des dîners-spectacles. La loi "anti-cadeau" ne change rien à l’affaire, les dons des laboratoires sont nombreux et les rémunérations pour le suivi des essais des nouveaux médicaments sur leurs patients restent autorisées. Les médecins qui les acceptent n’y voient pas de mal et quand on les interroge à ce sujet, certains reconnaissent qu’avec tous les produits qu’ils prescrivent, les firmes « peuvent bien faire des gestes de remerciement 24 » !

Le médecin de Cécile, comme la plupart de ses confrères, feuillette tous les jours Le Quotidien du médecin où les publicités pour ses médicaments préférés fleurissent dans chaque numéro pour financer le journal et entretenir les bonnes habitudes des prescripteurs. Le journal lui est envoyé gratuitement, comme à tous les médecins. Il ne prend pas le temps de le lire, survole les titres des articles et, parfois, s’arrête sur un chapeau en caractères gras. Il ne songe pas que l’industrie du médicament qui finance le journal et pèse sur son contenu en a fait un instrument de lobbying et de marketing pour modeler son jugement. Il ne réfléchit pas non plus à la raison pour laquelle les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments en Europe et pourquoi ils avalent en moyenne deux fois à trois plus de psychotropes (antidépresseurs, tranquillisants, somnifères…). Les Français dormiraient-ils plus mal que les autres ou souffriraient-ils plus de troubles psychiques ?

Cette question, il ne se la pose pas, à l’aune de son journal. Peut-être lui viendrait-elle à l’esprit s’il assistait à l’un des cours de neurologie où d’éminents professeurs rappellent aux étudiants que la première question qu’ils devront se poser en voyant arriver un patient est de savoir quels médicaments il a consommés, particulièrement quels psychotropes, car toutes les affections neurologiques peuvent être causées par ces derniers. S’il retournait ainsi sur les bancs de la fac pour suivre cette spécialité, il songerait à approfondir son petit colloque standard avec ses patients consommant des médicaments à risque neurologique. Par exemple pour savoir s’ils ne souffrent pas de nouveaux troubles tels que des tremblements, des pertes de mémoire plus fréquentes… Un syndrome parkinsonien, notamment, apparaît souvent lorsque l’on consomme des psychotropes. Il aurait alors relevé que Max éprouve quelquefois des sensations de ralentissement de ses gestes qui l’auraient conduit à changer son traitement…

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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