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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 13:04

Le Point.fr - Publié le 14/02/2013 

Trop de dépenses, trop de souffrances, trop de complications évitables, il est temps d'agir ! 40 milliards d'euros sont gaspillés dans l'Hexagone.

Dans 85 % des cas, les actes superflus sont réalisés à la demande du patient.

Dans 85 % des cas, les actes superflus sont réalisés à la demande du patient. © GELEBART/20 MINUTES / SIPA


Près d'un acte médical sur quatre ne serait pas justifié, selon certaines enquêtes. Un chiffre d'autant plus alarmant que certaines personnes, après avoir subi sans raison une examen de dépistage ou la prescription d'un traitement voire une intervention chirurgicale, peuvent être victimes d'effets secondaires ou, notamment en cas de geste invasif, d'une infection nosocomiale. Une "double peine" parfaitement évitable. D'où la question "Docteur, est-ce bien nécessaire ?" posée par Claude Rambaud, présidente de l'association Le Lien qui organise les 4es états généraux des infections nosocomiales et de la sécurité du patient. Cette manifestation se déroule aujourd'hui et demain à Paris.

Même si elles sont rares, les données sur le sujet sont éloquentes. Un sondage effectué l'an dernier par TNS à la demande de la Fédération hospitalière de France (FHF), indiquait que seuls 72 % des actes médicaux étaient "pleinement justifiés". Il faut noter que cette enquête a été réalisée auprès de 800 médecins (hospitaliers, spécialistes et généralistes libéraux) et que ces derniers attribuent ces actes superflus à la demande des patients dans 85 % des cas et à la peur du risque judiciaire dans 60 % des cas... Quant au rapport du comité américain sur le sujet, il a estimé à 750 milliards de dollars les dépenses inutiles en 2009. Ce qui, rapporté à la France, représenterait 40 milliards d'euros mal utilisés ou gaspillés.

Urgence

En plus de ces coûts dont l'Assurance maladie se passerait volontiers, il y a le risque pour la santé des patients. "Il est grand temps d'ouvrir le débat sur la pertinence des actes", réclame Claude Rambaud. L'association Le Lien rappelle que, sur 374 événements indésirables graves (EIG) identifiés comme étant liés aux soins, 47 % ont été considérés comme évitables. Et chaque année, au niveau national, ces EIG sont à l'origine de dizaines de milliers d'hospitalisations. Depuis sa création en 1998, après la découverte de l'épidémie de Xénopi à la clinique du sport à Paris, Le Lien informe les patients et leurs familles en cas de problème médical lié aux soins. Il représente aussi les usagers de la santé auprès des institutions. Enfin, il est chargé de soutenir la lutte contre les infections nosocomiales, de détecter les anomalies et de promouvoir la sécurité des patients.

À l'occasion de ses états généraux 2013, l'association estime notamment qu'il est urgent d'agir dans la formation des médecins et le meilleur usage des antibiotiques. Elle plaide aussi pour que la surveillance des infections nosocomiales ne soit pas limitée aux établissements hospitaliers, donc qu'elle concerne aussi les soins de ville. Elle estime indispensable une évaluation des accidents médicaux dans notre pays et une recherche sur le coût des infections associées aux soins. Si les chiffres viennent confirmer les estimations calculées à partir des données américaines, cela devrait inciter les pouvoirs publics et le corps médical à se mobiliser encore davantage contre ces dépenses largement évitables. Tout le monde en sortirait gagnant...

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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