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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 10:15
  • Je m’appelle Catherine Devillard, j’ai 2 frères et 1 sœur. Les 14,15 et 16 novembre 2012 nous avons vécu un véritable cauchemar. Notre mère est décédée dans des conditions épouvantables suite à son transfert programmé, mais sans notre accord, du service Camille Claudel au CHU de Poitiers vers l’EHPAD de Lusignan. Il me faut préciser que maman est morte le lendemain de son transfert. Nous avons porté l’affaire devant la justice. Notre avocat est maître Gaborit à Poitiers.

     

    Deux jours avant la mort de ma mère, le mardi 13 novembre à 15 h, j’ai rencontré le docteur du service Camille Claudel au CHU de Poitiers, qui m’a expliqué que maman s’enfonçait, qu’aucune amélioration n’était possible et que son état était irréversible.

     

    Le mercredi 14 novembre, je suis arrivée en fin de matinée dans le service Camille Claudel et j’ai trouvé maman recroquevillée, en position fœtale. Elle avait les sourcils froncés, elle s’accrochait aux barreaux du lit et elle ouvrait les yeux quelques secondes avant de retomber. Elle n’a répondu à aucune de mes questions durant toute la journée. Elle souffrait et restait prostrée sur le côté gauche. Elle n’avait rien avalé ou bu depuis la veille. La médication et l’oxygénation avaient été arrêtées et aucune hydratation n’était en place. Ni sous cutané ni en intraveineuse.

     

    J’ai appelé plusieurs fois les infirmières du service. Une d’elles a tenté de la faire manger un peu une crème enrichie. Maman a avalé une cuillère qu’elle a aussitôt régurgitée. J’ai ensuite demandé un soin de bouche car ses muqueuses étaient très sèches. J’ai plusieurs fois fait constater à l’infirmière que j’ai appelée que maman fronçait les sourcils et je lui ai dit que ce n’était pas normal et qu’elle souffrait. Elle m’a répondu. « Ne vous inquiétez pas, ce n’est rien, elle ne souffre pas ». Je n’étais pas du tout d’accord. Son visage exprimait une réelle et forte souffrance. Je n’avais jamais vu maman froncer les sourcils. J’ai appelé mon frère Christophe et lui ai demandé de venir en urgence parce que maman ne se réveillait pas.

     

    Christophe a tout tenté pour parler à maman sans succès. Il était lui aussi étonné de voir ses sourcils froncés. Maman n’était pas en état de nous parler et elle avait mal.

     

    Toute la journée, j’ai demandé plusieurs fois à ce qu’un médecin vienne l’examiner. Sans succès. J’ai raccompagné mon frère Christophe vers 16h30, puis je suis revenue dans le service vers 18h. J’ai redemandé le médecin du service qui est enfin venu voir maman.

    Elle m’a fait sortir de la chambre. J’ai alors entendu derrière la porte qu’elle criait « vous savez que vous allez à Lusignan demain ? »

    En sortant de la chambre, dans le couloir, elle m’a dit que l’état de santé de maman s’était encore aggravé : « Votre maman comprend ce qu’on lui dit et elle sait qu’elle part sur Lusignan demain »

    Ses propos m’ont laissée estomaquée vu que maman était comateuse. Je lui ai demandé d’annuler le transfert du lendemain. Elle m’a répondu : « Votre maman fait des allers et retours hôpital domicile depuis assez longtemps, ça suffit, je prendrai une décision demain ». Son ton était dur et sec. Paralysée devant tant de froideur, je lui ai demandé à quelle heure le transfert était prévu. Elle m’a répondu en partant dans le couloir « À 14h ! »

     

    Le lendemain matin, à 9h30, j’ai appelé le service Camille Claudel et j’ai demandé le docteur pour en savoir plus sur l’état de maman. Au téléphone elle m’a répondu « Je n’ai pas encore vu votre mère, je vais la voir et je vous rappelle dans une demi-heure ! » Vers 11h, sans nouvelles, j’ai appelé le service de nouveau et une infirmière m’a dit « Le transfert est maintenu ! »

     

    Je suis partie très vite sur le Chu avant le transfert. Je ne voulais pas que maman soit bougée dans son état que je savais grave. 34 kg sans aucune hydratation, sans médicaments et sans soins, il aurait fallut un miracle.

  • Entre temps, à 10H30, le service Camille Claudel a appelé ma sœur Muriel pour lui demander de venir récupérer la CB et le chéquier de maman au coffre de la trésorerie. Muriel a alors signifié à l’interlocutrice (?) qu’il n’était pas question que maman soit emmenée dans son état et qu’elle refusait qu’elle aille à l’Ehpad de Lusignan.

    Puis elle a demandé comment allait maman. Il lui a été répondu « Elle est en pleine forme ! ».

     

    Je suis arrivée dans le service à 13h40. La chambre était vide et une infirmière m’a dit que maman était partie à 13h30.

     

    Choquée, j’ai pris la route de Lusignan et je suis arrivée dans la chambre à l’EHPAD vers 14h30. Maman avait les deux jambes encastrées dans les barreaux du lit et elle se cramponnait au rebord. Elle voulait s’en aller. Elle avait le visage décomposé et le regard affolé. Trois sacs en plastiques jonchaient le sol avec ses affaires entassées à l’intérieur. Elle était seule et la porte était fermée.

    J’ai appelé une infirmière pour m’aider à la rallonger et aussi changer les draps sur lesquels elle venait de vomir ce qu’ils avaient tenté de lui faire avaler le midi au CHU.

     

    Une autre infirmière est entrée avec des papiers et m’a  posé des questions sur les modalités en cas de décès. Si je voulais assister à la toilette mortuaire et s’ils pouvaient m’appeler même la nuit. Elle m’a posé ces questions dans la chambre et devant ma mère !!!!

     

    Un docteur est arrivé et m’a posé quelques questions sur la santé de maman. Etonnée, je lui ai demandé si elle avait consulté son dossier médical. Sa réponse a été évasive. Elle m’a alors fait sortir pour examiner maman. Quelques minutes plus tard, elle m’annonçait dans la chambre « Nous allons cesser de l’alimenter et l’hydrater sous cutané. » Puis, elle est partie sans plus de précision.

     

    Mes deux frères sont arrivés vers 17h30. Ils n’ont pas non plus mesuré ce que voulait dire l’arrêt de l’alimentation. Aucun d’entre nous n’osait l’imaginer. Nous étions dans un déni vu qu’aucun professionnel de santé ne nous avait parlé clairement. J’ai hydraté la bouche de maman jusqu’à 19h30 avec du papier toilette que je mouillais sous le robinet et ses lèvres avec un stick à lèvres que j’avais apporté. Aucune perfusion n’avait été posée depuis son entrée à 14h28. Aucun soin, même pas de bouche. Maman s’accrochait toujours aux barreaux et était en position fœtale les sourcils encore froncés.

     

    J’ai rangé ses affaires, installé la télévision. Je l’ai massée. Je ne savais plus quoi faire et mes frères non plus. Nous étions comme paralysés. Incapables d’assumer ce qui se passait. Nous sommes partis vers 21 h comme tétanisés mais persuadés au fond de nous qu’ils allaient s’occuper de maman.

     

    Le lendemain matin, le vendredi 16 novembre, j’ai appelé le service vers 11h. Une infirmière ou une aide soignante m’a alors dit « Quand nous sommes entrées dans la chambre, votre maman dormait, alors, nous ne l’avons pas réveillée ».

     

    Affolée, j’ai immédiatement pris la route de Lusignan. A mon arrivée dans la chambre vers 14h00, ma sœur Muriel était déjà à son chevet. Elle était pétrifiée. Maman était sur le dos, elle avait la bouche ouverte, les yeux fermés et elle respirait difficilement. Elle ne dormait pas, elle mourrait ! Ses lèvres étaient totalement asséchées, sa langue toute petite, noire, et plus dure que du béton. Il n’y avait aucune hydratation en place.

     

    J’ai tout de suite compris cette fois qu’elle vivait ses dernières heures.

    J’étais venue avec un gant de toilette parce qu (désolée nous n'avons pas la suite labelleli)


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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans TEMOIGNAGES
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