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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 20:05

 

 
Alors, à qui la faute ? Elle est partagée. Par certains médecins, qui soignent des organes avant de soigner des malades, ou qui se soumettent à la demande pressante des patients, par certains pharmaciens qui ont tendance à oublier leur rôle d’informateur, par certains laboratoires pharmaceutiques peu scrupuleux, par des citoyens qui, par peur de la maladie, de la mort, se réfugient dans des médicaments qui peuvent tuer.
Mais aussi à la gratuité, Les Docteurs M. et B. se rejoignent sur ce dernier point. « On cumule des médicaments chez soi, comme on fait des réserves de nourriture. Or, un malade ne doit prendre que les médicaments qui lui sont absolument nécessaires, mais surtout il doit les prendre, exactement comme le médecin les lui a prescrits. Et le médecin doit évaluer les risques et déterminer si les effets bénéfiques possibles surpassent les effets secondaires prévus. Et réfléchir éventuellement à toutes les solutions envisageables en dehors des médicaments, comme les m édecines douces ou la relaxation», conclut le Dr B.


Chronique d’une surmédication annoncée
Le Dr B. décrit une situation type : « Un patient se plaint d’une forte douleur à l’épaule. On lui prescrit des anti-inflammatoires non stéroïdiens pour atténuer ses souffrances. Pour prévenir les effets secondaires de ces médicaments sur l’estomac, on prescrit également un antiulcéreux. À long terme, celui-ci provoque une perte du goût et une constipation. Qu’il faut traiter ! Ainsi, pour chaque médicament prescrit, deux autres médicaments le sont pour prévenir ou traiter les effets secondaires du premier ! »

La valeur symbolique du médicament chez la personne âgée
Selon le Pr. Z., gériatre et rhumatologue, il se forme des liens intimes entre la personne âgée et son médicament. Elle le découvre avec méfiance, avant de se laisser séduire par les perspectives qu’il lui offre : mieux-être, guérison et recul de l’échéance fatale. Bientôt elle ne peut plus s’en passer et il devient très difficile d’interrompre certains traitements sans provoquer d’angoisse. Sans compter que le médicament rythme la journée et donne une sorte de statut, le statut de malade à des personnes que la société a tendance à oublier.

Un métabolisme d’enfant
« Le métabolisme d’une personne âgée est semblable à celui d’un enfant. Il faudrait faire preuve de la même vigilance lors des prescriptions et revoir les posologies à la baisse», alerte le Dr B. . Une vigilance d’autant plus difficile à exercer que la posologie des médicaments, faute d’expérimentation auprès de personnes de plus de 70 ans ne tient pas assez souvent compte de leur spécificité. Ce qui peut avoir des conséquences tragiques ; ce fut le cas, il n’y a pas bien longtemps, avec des sulfamides hypoglycémiants qui provoquèrent des décès chez des patients diab étiques âgés ».

Jusqu’à dix médicaments par ordonnance !
Selon une étude récente, 50% des ordonnances destinées aux plus de 65 ans comprennent plus de 4 médicaments, 35% plus de 5 et 10%… plus de 10 ! Sans compter les cachets et autres produits issus de l’automédication…. Une consommation de médicaments qui ne cesse d’augmenter et en tête desquels on retrouve les médicaments cardio-vasculaires, les antiulcéreux, les anti-inflammatoires et les psychotropes.

  • Jusqu’à 30 à 40 gélules médicamenteuses. C’est le « menu quotidien » d’un nombre important de personnes âgées.
  • Les médicaments sont des substances potentiellement toxiques, m ême si elles sont en vente libre.
  • Outre l'aspect économique entraîné par la surmédication, les risques d'accidents thérapeutiques (surdose, interaction médicamenteuse, utilisation de produits périmés, automédication...) sont consid érable.
  • On ne prend plus des médicaments, on consomme du médicament. Une dérive des comportements très inquiétante qui pourrait encore aggraver le sinistre bilan de 10 000 décès annuels li és à des intoxications médicamenteuses.
  • Un cinquième des fractures du col du fémur serait lié à la prise d ’anxiolytiques.


 

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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