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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 17:59

Une pétition circule sur le Net contre les chemises hospitalières ouvertes dans le dos dévoilant les fesses des malades

Ce n’est pas une simple histoire de fesses (à l’air). La preuve: la ministre de la Santé s’en mêle. Jeudi, Marisol Touraine a réagi à la pétition en ligne contre les chemises d’hôpital ouvertes dans le dos : "Il y va de la dignité de la personne".

Tout a commencé le 27 juillet dans un billet intitulé "Dignité, mes fesses!", posté sur son blog par une kiné qui signe sous le pseudo Leya_MK. La jeune femme, employée dans un hôpital de province, y chronique une scène banale : une patiente âgée, opérée de la hanche, se retrouve nue quand sa blouse s’ouvre pendant un exercice de rééducation. "C’était la fois de trop, explique la blogueuse. Depuis quand être à demi nu devant les soignants, les autres patients et ses proches doit-il être une fatalité, surtout si rien sur le plan médical ne le justifie?" Le 31 juillet, Farfadoc, médecin de campagne, relaie et alimente la colère de sa consoeur kiné sur son blog. Elle lance ensuite une pétition "pour des chemises d’hôpital respectant la pudeur des patients", qui a déjà recueilli près de 9.000 signatures.

Pourquoi un tel succès? Certainement parce que ce petit bout de blouse révèle une part du malaise hospitalier. "Dévoiler l’intimité des malades, ne pas prendre le temps d’aider les gens à s’habiller, cela relève de la maltraitance ordinaire", observe Farfadoc. La généraliste admet que la chemise est pratique en cas d’opération ou d’hospitalisation dans un service de réanimation. "Pourquoi l’imposer à autant de monde? Pour aller plus vite. La blouse ouverte sur les fesses nous ramène notre problème récurrent : l’hôpital manque de moyens, les soignants manquent de temps."

"Le corps malade devrait être doublement protégé"

Professeure de philosophie à l’université Paris-Descartes, Michela Marzano dénonce* également le triomphe d’une culture de rentabilité : "À l’hôpital, on soigne l’autre sans faire attention à lui. En y entrant, on devient un objet de soin sous le regard prétendument neutre du personnel et on perd une part précieuse de nous-mêmes." Laquelle? Après tout, la vieille dame ne s’était pas plainte de voir ses parties intimes exposées. Pour l’anthropologue Gilles Boëtsch**, "le corps malade n’est pas n’importe quel corps nu, il devrait être doublement protégé". A fortiori quand il s’agit de personnes âgées car, dit-il, "être vieux, dans notre société, c’est déjà être malade". Jusqu’où faudra-t-il rallonger la longueur des blouses d’hôpital, comment les empêcher de s’entre-ouvrir? En philosophe, Michela Marzano reformule la question : "La pudeur renvoie à notre subjectivité. Seule la personne peut décider jusqu’où le regard des autres doit aller."

* Légère comme un papillon, Grasset.
** La peau, enjeu de société, CNRS Editions. Panorama à 360 degrés

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans VIOLENCE A L'HOPITAL
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