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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 15:28

J’ai beau me dire que notre système judiciaire relève trop souvent du plus tragique vaudeville dans les causes d’agressions sexuelles où la présomption d’innocence semble officieusement abolie, je reste médusé devant son incapacité à se remettre en question et à apporter les correctifs qui s’imposent.  Pas de doute, nos magistrats s’entêtent à ne pas apprendre de leurs erreurs. 

Le cas de Marc Racicot, d’autant plus sérieux qu’il a été médiatisé, s’inscrit dans une longue lignée d’enquêtes effectuées à charge plutôt qu’à décharge, de preuves d’innocence pourtant évidentes laissées de côtés au mépris de toute éthique, et de verdicts désastreux prononcés par des juges partiaux et incompétents.  À notre époque où le public québécois réclame à corps et à cri une commission d’enquête sur la construction, une initiative similaire devra tôt ou tard être mise en œuvre dans le cas des fausses allégations et de déni de présomption d’innocence.
Une visite bouleversante
C’est le 7 mars 2000 que Marc Racicot voit son existence basculer lorsque des fonctionnaires de la DPJ se présentent aux deux garderies dont il est propriétaire dans la région de Québec, Les Écureuils.  Sans crier gare, on l’avise que les enfants doivent ramasser leurs affaires au plus vite et vider les lieux parce qu’ils sont en danger.  « J’ai alors regardé partout autour de moi, m’écrit-il, pour constater que je ne voyais aucun danger.  On m’a expliqué qu’il y avait un signalement d’un parent et c’est par mesure préventive qu’on venait retirer tous les enfants des deux centres. »  Notre homme est abasourdi.  Qui ne le serait pas ?  Imaginez pareille suspicion entourant un homme opérant une entreprise aussi vulnérable aux allégations non fondées, dans le contexte de justice quasi inquisitoriale qu’est devenu le nôtre, par la magie de pseudos campagnes de sensibilisation démonisant les hommes par le biais de statistiques subjectives et dopées ? 
Sacralisation des plaignantes
Cette toile de fond calamiteuse, conditionnant fâcheusement ce qui nous sert de système judiciaire, explique et cautionne malheureusement la lourdeur de l’intervention de la DPJ, malgré la minceur de la preuve, comme l’explique l’intéressé : « Je fus donc accusé d’agression sexuelle sur un seul enfant dans deux garderies qui comptaient au total près de 90 enfants.  Une mère qui me devait près de 600 $ au moment de son signalement prétendait que son fils aurait mentionné « pénis dans la bouche » et aurait indiqué le prénom de Marc à sa mère.  Il n’en fallait pas plus à la DPJ pour détruire les deux garderies avant même d’avoir enquêté ou de m’avoir parlé. » 
Voilà un – autre – témoignage qui illustre bien la fâcheuse tendance de nos services sociaux, de nos corps policiers et, nous allons le constater, de notre système judiciaire, à enquêter à charge, c’est à dire en vue d’incriminer, et « d’oublier » d’enquêter à décharge, en vue d’innocenter.  Un tel état de fait confirme à quel point la parole d’une femme, en l’occurrence la mère d’un enfant, pèse lourd quand vient le temps d’incriminer un homme, qu’il soit coupable ou innocent.
Le loup dans la bergerie
Pour tout arranger, la Couronne engage, comme témoin-expert, Martin Dubois, psychologue spécialisé dans le traitement des enfants victimes d’abus sexuels, habitué à témoigner par le fait même pour le ministère public dans les causes d’agressions sexuelles d’enfants.  Malgré cette feuille de route exemplaire, cet individu sera condamné en 2006 à deux ans moins un jour pour avoir agressé sexuellement trois garçons, entre 2001 et 2005.  C’est donc sur la foi des conclusions d’un tel personnage que le juge dispense l’enfant de témoigner, étant donné un problème présumé de langage, établissant par le fait même que des adultes puissent s’exprimer à sa place.
« Le procès était déjà réglé avant même de commencer, de préciser Racicot, le juge ayant déjà indiqué que l’enfant était fiable avant même d’avoir entendu les arguments de la défense.  Je fus donc condamné à deux ans moins un jour à purger dans la collectivité. »  Le douteux psychologue devait déposer en preuve des cassettes présentant l’évaluation de l’enfant.  On y entend très distinctement Dubois demander au gamin qui a mangé son pénis.  Et l’enfant de répliquer : « C’est Poupou, c’est poupou. »  Il s’agit d’un surnom donné au père.  Une copie du passage de l’entrevue où le petit fait la déclaration qui aurait pu innocenter Marc Racicot a été mis en ligne par ce dernier sur You Tube.
« C’est alors, enchaîne Racicot,  qu’il (Dubois) explique au juge que l’enfant ne répondait pas à la question mais qu’il parlait d’un dessin de gouache qui était un gros barbo qui ne représentait même pas une personne.  Si ce n’avait pas été l’intervention de Martin Dubois devant le juge, j’aurais été acquitté par la déclaration de l’enfant qui identifiait une autre personne que moi. »  Conclusion fort probable, en effet.
Il aura donc suffi des présumées confidences d’un enfant rapportées par une mère en défaut de paiement et du commentaire d’un psychologue pervers pour que l’existence d’un propriétaire de garderies soit gâchée.  Lors des plaidoiries sur sentence faites en 2002 au palais de justice de Québec, le juge Yvon Mercier devait aller jusqu’à déclarer, devant Marc Racicot, accompagné de deux gardes du corps : « En effet, des gestes comme ceux faits par l’accusé ne peuvent rester cachés et doivent être dénoncés pour faire cesser cette conduite et empêcher que d’autres victimes subissent les mêmes affres. »  Amen.
Un nouveau procès s’impose
Malgré la minceur de la preuve, la cour d’appel du Québec maintient le verdict de culpabilité en 2004.  Ce n’est que l’année suivante que Martin Dubois sera accusé d’agression sexuelle.  Aujourd’hui, Marc Racicot espère la tenue d’un nouveau procès. 
Je ne suis ni intervenant social, ni enquêteur policier, ni procureur et encore moins juge.  Je ne suis qu’un citoyen exerçant son droit de parole et de prise de position dans un contexte social où subsiste une certaine idée de démocratie.  Je ne peux donc, compte tenu de ces limites, me déclarer persuadé hors de tout doute de l’innocence de Marc Racicot, mais l’homme reste très crédible. 
La sincérité de son témoignage, le caractère dérageant des faits allégués, l’arbitraire des procédures impliquant autant la DPJ que l’appareil judiciaire et, plus particulièrement, la crédibilité désormais évaporée du témoin-expert à l’avis si déterminant, me paraissent autant de circonstances justifiant la tenue d’un nouveau procès.  Je ne peux donc que souhaiter la meilleure des chances à Marc Racicot afin qu’il bénéficie cette fois d’un procès juste et équitable.
La Justice ne peut faire l'économie
d'un nouveau procès.
Le juge Mercier aurait-il été aussi sévère s'il avait
connu la vraie nature de son témoin expert ?
Martin Dubois
Une garderie présente un risque élevé
d'accusations non fondées.

Notre justice apprendra-t-elle
de ses erreurs ?

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Published by violences à l'hôpital - dans PSYCHIATRIE
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