Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 11:02

  Interview de Annie Rapp

Textes sur les Violences

Interview parue dans Impact Médecin par Hervé Martin
Férue de sciences humaines, adolescente, elle voulait simplement comprendre l’être humain et l’aider. Se destinant à devenir psychologue, elle a pourtant choisi d’emprunter le long cursus traditionnel des omnipraticiens. « Originaire de Lyon, j’ai achevé mes études à Paris dans les soubresauts de mai 68 : à l’époque nous nous révoltions contre la misère de l’univers psychiatrique, nous défendions l’idée de « l’anti-psychiatrie » et nous nous battions pour faire entrer les futurs médecins dans ce monde clos ». Suivront près de dix années de formation, dans la mouvance de Lacan, aux différentes formes de psychothérapies. Ajoutant une à une des cordes à son arc – psychanalyse, thérapies comportementales et cognitives, analyse transactionnelle, PNL, hypnose…–, l’omnipraticienne des maux du corps et de l’âme, s’est forgée une culture large, avant d’ouvrir son cabinet où viennent se confier hommes, femmes, couples et parfois enfants.

Il y a trois ans, elle a répondu à l’appel de l’ANCAS/CPPS : créée à l’origine par des patientes de Gilbert Tordjman, pionnier de la sexologie, mis en examen le 13 mars après plusieurs plaintes, cette association dénonce les abus sexuels commis par les professionnels de la santé. Annie Rapp met sur pied des groupes de paroles pour déculpabiliser les victimes et réparer les dégâts de la confiance trahie.

« Notre profession, comme d’autres, est touchée. Médecins, gynécologues, psychologues, psychothérapeutes, hypnotiseurs… utilisent leur position vis-à-vis de leurs patientes fragilisées, pour se révéler comme de vulgaires prédateurs sexuels. Si la France est en retard dans le diagnostic des ces abus, des études américaines et canadiennes montrent qu’ils ne sont pas des cas isolés. »

Nous sommes loin du colloque singulier qui se transforme en une belle histoire d’amour. Davantage en thérapeute qu’en passionaria , Annie Rapp met un point d’honneur à dénoncer les dérives de certains pairs. Elle plaide pour que « la Justice pénale passe comme pour n’importe quel citoyen, coupable d’abus sexuels. La discipline ordinale est trop encline aux réactions corporatistes ou aux règlements de compte, de plus si elle donne la parole aux victimes, elle ne leur permet pas de se constituer partie civile et d’être défendues à leur tour vis à vis des contre-attaques de l’abuseur. Dans les affaires graves, les médecins ne peuvent être juge et partie.

La perversion est une maladie, et il arrive que des soi-disant thérapeutes en soient atteints. "Je garde toute ma confiance à l’égard du corps médical, et notre profession doit faire le ménage. Ça passe par une meilleure information des patients. Non, un attouchement, une avance sexuelle, ça ne fait partie d’aucune cure thérapeutique digne de ce nom. Le praticien, qui enfreint ce tabou, quelque soit sa notoriété, est un abuseur. Dénoncer ces dérives qui ne relèvent que de l’abus de pouvoir, les condamner, c’est rendre leur dignité aux victimes et faire œuvre de thérapeute ».


Hervé Martin

Partager cet article

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • : - Les violences morales : ordres, interdictions, reproches, indifférence, privation de visites, humiliation, infantilisation… - les violences par excès par négligences : absence de prise en compte de la douleur, acharnement thérapeutique, excès de médicaments… - les violences physiques : toilettes imposées, cris, gifles, sévices sexuels… - les violences matérielles : vols d’agent ou d’objets, matériel non adaptés… - le non-respect du consentement : cette question et ce
  • Contact

Présentation

Recherche

Archives

Liens