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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 17:36

La France est le 1er consommateur européen de produits phytosanitaires (3e mondial)1 et le plus grand consommateur de médicaments d'Europe2 (un français consommerait en moyenne 50 boîtes de médicaments par an).

Une logique inquiétante
Pour la FDA, qui réglemente les médicaments aux États-Unis, un effet indésirable est "rare" si il touche 1 personne sur 20 000. Ce pourcentage de risque est suffisant pour qu'un médicament soit retiré du marché  (ex: Bromfénac).
Chose surprenante, la plupart des médicaments autorisés par la FDA n'ont été testés que sur  1 500 volontaires alors qu'il en faudrait au moins 100 000!
Ce n'est qu'après la mise sur le marché d'un médicament qu'on découvre ses effets indésirables.

Les français ont la réputation d'être des hypocondriaques et beaucoup se méfient des médecins qui ne prescrivent qu'un seul médicament. Ils se sentent rassurés d'avoir une ordonnance bien remplie et ne se rendent pas compte que les risques d'avoir des effets secondaires se multiplient avec le nombre de médicaments. Une récente étude portant sur des américains de 57 à 85 ans, à démontré qu'environ 30% de cette population consommerait au moins 5 médicaments de prescription en même temps (37% lorsque l'on cible les 75-85 ans) Ceci ne prend pas en compte l'automédication sans ordonnance et les compléments alimentaires qui sont couramment utilisés.

Auto-médication

D'après une enquête de l'Agence Française de l'Industrie Pharmaceutique pour une Automédication Responsable (AFIPA), 7 français sur 10 s'automédiquent.  Les principales motivations sont douleur, fièvre, maux de tête, rhume, toux et maux de gorge. Ensuite arrivent les maux liés au ventre et à la digestion, les problèmes cutanés et les problèmes buccaux dentaires. Les compléments alimentaires en libre service sont des substances actives qui peuvent interagir avec des médicaments.

Une bonne partie des "problèmes de confort" pourraient être évités ou soignés par des remèdes naturels. (ex: la gueule de bois peut être évitée grâce à une bonne hydratation pendant et après la consommation d'alcool; la constipation et la diarrhée peuvent se réguler avec une alimentation adaptée).

Humains, les premiers cobayes

Effets Indésirables aux Médicaments (EIM) - Adverse Drug Reaction (ADR): Réaction indésirable, nocive ou imprévue, à un médicament qui survient lorsque l'on utilise des doses normales ou expérimentales pour diagnostiquer, traiter ou prévenir une maladie ou pour modifier une fonction organique. Les effets indésirables aux médicaments font partie des principales causes de mortalité dans de nombreux pays.
Accidents liés aux effets indésirables des médicaments: Dommages corporels suite aux effets indésirables d'un médicament (accident de voiture, chute, suicide, etc.) et qui auraient pu être évités (sur-doses, erreurs/non respect des prescriptions, cocktails de médicaments (polypharmacie), prise de médicaments avec de l'alcool, etc.).

Tous les médicaments ont été développés puis testés sur des animaux. Puisqu'aucune espèce n'est le modèle biologique d'une autre (article Raisons scientifiques), il est évident qu'une substance déclarée sûre et efficace sur un animal peut donner des résultats totalement aléatoires sur l'homme.
Les premiers humains à tester le médicament sont les volontaires des essais cliniques qui servent à "dégrossir" tous les effets et le dosage préconisé du futur médicament (article Cobayes des essais cliniques).

C'est ensuite la population qui prend le relais et il faudra plusieurs années avant de connaître tous les effets secondaires courants. Notez que certains effets indésirables peuvent se déclarer sur le long terme suite à une combinaison de médicaments ou à cause d'un dosage mal adapté. Un médicament sur deux est retiré du marché ou reçoit des modifications d'étiquetages. S'il est définitivement retiré du marché c'est qu'il est nocif ou pas assez efficace.

Décès par Effets Indésirables aux Médicaments (EIM)

Il est impossible de connaître le nombre réel de personnes décédées suite aux effets secondaires des médicaments car elles ne sont pas toujours diagnostiquées (infarctus, AVC, suicide, etc.).

L'OMS, qui a mis en place un système de pharmacovigilance international (environ 130 pays), ne communique aucun chiffre au public. Il nous faut extrapoler à partir d'études disponibles pour se faire une idée.

D'après une méta-analyse américaine portant sur 39 études, rien que pour l'année 1994, 2 216 000 victimes d'ADR auraient été admises à l'hôpital et 106 000 victimes d'ADR seraient décédées8. Les chercheurs ont déterminé que les décès dûs aux EIM en 1994 étaient la 4ème cause de mortalité aux US après les maladies cardiaques, le cancer et les AVC. Un calcul officieux pour 2010, basé sur 0.04% de la population états-unienne meurt d'EIM, permet d'estimer le nombre de décès à 123 500.

Ces chiffres ne sont que pour les admissions à l'hôpital et excluent les décès par EIM non diagnostiqués, les erreurs administratives, les overdoses et les échecs thérapeutiques.

Catastrophes pharmaceutiques

De nombreuses catastrophes pharmaceutiques témoignent de l'incapacité du modèle animal à prédire correctement les effets indésirables des médicaments. Voici quelques exemples:

La thalidomide est un médicament qui a été prescrit aux femmes enceintes dans la fin des années '50, début des années '60. À cause de ce médicament des milliers d'enfants sont nés avec des malformations des membres.

Le Vioxx était un anti-inflammatoire non-stéroidien, principalement utilisé comme anti-douleur pour l'arthrose. Alors que les tests sur animaux, notamment des chiens, ont montré que ce médicament serait très bon pour le coeur, c'est l'effet inverse qui s'est produit chez les humains. Des milliers de personnes sont décédées suite à des problèmes cardiaques ! 

Les toxidermies médicamenteuses sont des troubles cutanés et/ou muqueux dûs à l'ingestion ou à l'injection d'un médicament. Elles représentent entre 10 et 25 % des hospitalisations dues aux effets indésirables des médicaments. Elles peuvent aller de la démangeaison à une hospitalisation d'urgence pour les cas les plus critiques. Le Syndrome de Lyell et le Syndrome de Stevens-Johnson sont parmi les formes les plus fatales car les lésions dermatologiques peuvent s'accompagner de lésions internes, laissant de graves séquelles physiques et psychologiques. 

Le Bromfenac (Duract®) est un anti-inflammatoire non stéroïdien qui a été interdit un an après sa mise sur le marché. Il entre dans la catégorie des médicaments à effets secondaires "rares" car il s'est révélé toxique chez 1 personne sur 20 000. Plusieurs cas d'hépatite sévère rare et d'insuffisance hépatique (dont certains nécessitant une greffe) avaient été rapportés chez des patients prenant ce médicament depuis plus de 10 jours.

Le nombre d'associations de victimes des médicaments témoigne de la récurrences des accidents pharmaceutiques. Ces associations n'ont malheureusement pas toutes fait le rapprochement entre les tests sur animaux et les effets secondaires sur l'homme. En revanche, de nombreuses associations, dont les membres sont issus du corps médical ou scientifique, l'ont compris et se battent contre les tests sur animaux (Mouvement d'Infirmières pour une Médecine Responsable, Safer Medicines, Doctors and Lawyers for Responsible Medicine, Association pour l'Abolition des Expériences sur les Animaux, etc.).

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Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
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