Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 07:04

 

Le Point.fr - Publié le 08/06/2013 1

Près de 200.000 boites d'un diurétique du laboratoire Teva font l'objet d'une mesure de rappel à la suite d'une erreur de conditionnement.

Boites de médicaments (Image d'illustration). Boites de médicaments (Image d'illustration). © CLOSON DENIS/ISOPIX / Sipa

 

`

L'Agence du médicament (ANSM) a annoncé vendredi que deux lots d'un diurétique du laboratoire Teva faisaient l'objet d'une mesure de rappel à la suite d'une erreur de conditionnement. Les comprimés ont en effet été remplacés par ceux d'un somnifère produit par le même laboratoire.

L'alerte a été "donnée par un pharmacien dont une patiente avait constaté des effets de somnolence inhabituels", a-t-il expliqué dans un communiqué. "L'enquête ouverte par le laboratoire a permis d'identifier que deux lots de médicaments seraient susceptibles d'être concernés", d'où la décision de les rappeler, poursuit Teva.

Mise en place d'un numéro vert

Des comprimés d'un hypnotique sédatif, le Zopiclone Teva 7,5 mg (également appelé Imovane), ont été placés par erreur dans des emballages du diurétique Furosémide Teva 40 mg générique, a précisé l'ANSM. Il s'agit des lots Y175 (date d'expiration : 08/2015) et Y176 (date d'expiration : 08/2015), avec 95.000 boites par lots, a précisé l'Agence du médicament dans un communiqué. Leur vente a été bloquée dès vendredi soir.

Les patients traités par du Furosémide Teva 40 mg (spécialité générique du Lasilix) "doivent cesser de prendre ce médicament dès maintenant" et "rapporter leurs boites dès le samedi 8 juin à leur pharmacien qui leur remettra une nouvelle boite de traitement", souligne le communiqué. Un numéro vert 0800.51.34.11, destiné aux personnes susceptibles de prendre ce diurétique, a été mis en place.

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:34

Les médecins français mal informés sur les médicaments

Par figaro iconAdélaïde Robert-Géraudel
Une étude internationale révèle les lacunes dans le circuit d'information sur les effets secondaires graves des médicaments, malgré la charte de déontologie de la visite médicale.

Une étude vient de nouveau pointer du doigt un conflit d'intérêts entre médecins et industrie pharmaceutique. De mai 2009 à juin 2010, l'équipe de Barbara Mintzes, de l'université de Colombie Britannique de Vancouver, a mené une étude internationale auprès de généralistes pour voir si la manière dont est réglementée l'activité des visiteurs médicaux influence la qualité du message délivré par le praticien. Résultat: quand des visiteurs médicaux viennent informer les médecins sur les médicaments, ils omettent une fois sur trois de parler des effets indésirables, et plus de neuf fois sur dix ne parlent pas des plus graves.

En France, une charte réglemente la visite médicale depuis 2005. «On s'attendait donc à ce que la qualité de l'information délivrée aux généralistes français soit, grâce à elle, meilleure qu'à Montréal, Sacramento et Vancouver», explique la responsable du volet français, le Dr Geneviève Durrieu, pharmacologue à la faculté de médecine de Toulouse. L'hypothèse s'est vérifiée: la France sort en tête devant le Canada et les Etats-Unis. Sur les 255 généralistes interrogés, ce sont les Français qui ont le plus souvent reçu une information minimale complète (indications, contre-indications, interactions, effets indésirables etc). Mais à hauteur de... 3% seulement, contre 1,7% en moyenne sur les quatre sites.

Développer une information indépendante

Les effets indésirables sont très souvent omis. Un peu moins en France qu'ailleurs (39% contre 59%), certes, mais les effets énoncés sont les plus bénins (diarrhée, nausée). «Les informations vraiment essentielles pour la sécurité des patients, à savoir les effets indésirables graves, sont abordées dans l'Hexagone aussi rarement que dans les autres pays (6%)», déplore le Dr Durrieu. Par ailleurs, les visiteurs médicaux sont plus zélés en France (16% contre 13%) pour aborder des indications non approuvées par l'Agence du médicament.

Au final, les résultats de l'étude ne surprennent pas. «Mais c'est un argument supplémentaire pour montrer qu'il ne faut pas laisser les firmes pharmaceutiques communiquer seules sur le médicament, souligne le Dr Durrieu. Il faut développer, toujours et encore, une information indépendante et objective».

Des médecins manipulables

La déontologie de la visite médicale est à revoir: la Charte n'a pas suffi comme garde-fou. «Si ces résultats rendent compte du contenu des visites médicales - et non de ce qu'en retiennent les médecins- on ne peut en effet que regretter l'absence de respect, par les visiteurs médicaux, de l'obligation d'informer sur les effets secondaires et en particulier sur les effets indésirables graves», convient Pascal Le Guyader, directeur des affaires générales, industrielles et sociales des Entreprises du médicament (Leem). Hasard de calendrier, la révision de la Charte par le Leem et le Comité économique des produits de santé (CEPS) est prévue en 2013. Le Leem réfléchit ainsi à des pistes d'amélioration de la formation initiale et continue pour mieux sensibiliser les visiteurs médicaux à leur devoir d'information, comme à des mesures de contrôle.

L'étude révèle aussi des médecins manquant d'esprit critique. Malgré un manque criant d'informations, 54% des généralistes interrogés ont ainsi jugé «bonne ou excellente» l'information délivrée et 64% se sont dits prêts à prescrire le médicament.

Certes, à l'époque de l'étude, l'affaire Médiator n'avait pas encore éclaté, ni la polémique sur les pilules de 3ème génération. La défiance vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique était donc moins forte et la situation pourrait avoir changé. «On s'est posé la question: dans une deuxième partie de l'étude, on a évoqué dans des groupes de discussion l'influence de l'affaire Médiator®», raconte le Dr Durrieu. Les résultats sont en cours d'analyse.

Mais, de l'avis du Dr Isabelle de Beco, médecin généraliste et ancienne présidente de la Société de formation thérapeutique du généraliste (SFTG), «les médecins n'ont pas les outils pour faire face à une promotion bien menée».

D'où l'intérêt du manuel pratique de l'Organisation mondiale de la santé et d'Action internationale pour la santé, «Comprendre la promotion pharmaceutique et y répondre». Traduit et mis en ligne sur le site de la Haute autorité de santé (HAS), il amène les professionnels de santé à prendre conscience de la manière dont les visiteurs médicaux les influencent. Et n'hésite pas à mettre en doute l'intérêt même des visites médicales, dans la mesure où concilier promotion et information serait peut-être un vœu pieu. Par ailleurs, le service de pharmacologie de Toulouse a déposé auprès de l'Agence régionale de santé un projet de réseau d'attachés de recherche clinique en pharmacovigilance.

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:29
Par figaro icondamien Mascret - le 07/06/2013
Le nouveau manuel de référence américain de psychiatrie, le DSM-5, crée encore de nouvelles pathologies et entraîne une vive polémique.

Jusqu'à présent, les psychiatres ne s'occupaient pas de ceux d'entre nous à qui il arrivait régulièrement, disons une fois par semaine, de se gaver de leur aliment préféré. Désormais, selon la nouvelle édition du manuel de psychiatrie américain, le DSM-5, c'est le signe d'un trouble mental dénommé «Binge eating». Pour le psychanalyste Jean-Michel Huet, spécialiste des troubles alimentaires à Paris, «le DSM n'apporte rien en introduisant le “binge eating” selon des critères aussi flous, sans tenir compte du fait que tout notre environnement nous encourage régulièrement à manger et sans considérer la notion de souffrance».

Car si les spécialistes de la santé mentale sont les premiers à défendre la prise en charge des gens qui souffrent, eux ou leur entourage, ils se refusent à cautionner une démarche animée par des considérations parfois plus commerciales que scientifiques. Un glissement théorique aussi. L'historienne de la psychanalyse, Élisabeth Roudinesco, pointait vendredi aux Assises citoyennes pour l'hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social, qui se tenaient à Villejuif, «la bascule de l'existentiel vers le comportementalisme».

Peut-être faudra-t-il créer un label indiquant «Pratique garantie sans le DSM» pour identifier les thérapeutes qui en ont assez de la déshumanisation des soins aux malades mentaux. Ce n'est pas absurde si l'on se réfère à la formidable lame de fond qui semble s'élever, notamment en Angleterre, en France et aux États-Unis même, contre la 5e édition du DSM, le manuel de diagnostic psychiatrique publié le 18 mai dernier par la puissante Association américaine de psychiatrie.

Pourquoi s'inquiéter d'un simple manuel de psychiatrie? C'est que le DSM sert de référence aussi bien pour la formation des jeunes médecins généralistes, qui sont à l'origine de la prescription de 80 % des psychotropes en France comme aux États-Unis, mais aussi souvent le socle incontournable pour les études menées sur les médicaments, voire le critère de la prise en charge des soins.

«Nous devons connaître nos limites et ne pas les dépasser»

La critique est désormais vive au sein même des défenseurs des classifications psychiatriques. On ne peut soupçonner le Pr Allen Frances, professeur émérite de psychiatrie à l'université de Duke, d'être un militant de l'antipsychiatrie. C'est lui qui a coordonné la rédaction du DSM-4 en 1994. Il s'est pourtant dit attristé du résultat auquel aboutit la nouvelle édition: «Nos patients méritent mieux, la société mérite mieux, et les professionnels de la santé mentale méritent mieux. Soigner les malades mentaux est une profession noble et utile, mais nous devons connaître nos limites et ne pas les dépasser.»

Pour les experts, le DSM, en dépit de son utilité pour la recherche et l'harmonisation des travaux internationaux, est allé trop loin en prétendant redessiner largement les frontières entre le normal et la pathologique. Devant la levée de boucliers suscitée par les premiers brouillons du DSM-5 qui voulait pathologiser le deuil normal, c'est-à-dire celui qui ne conduit pas aux idées suicidaires, l'association psychiatrique a même dû faire machine arrière. Un fait sans précédent. Même retrait in extremis pour le diagnostic de «risque psychotique», qui conduisait à stigmatiser des personnes présentant des troubles susceptibles d'évoluer vers une authentique psychose… alors que cela n'arrive pas dans plus de 80 % des cas.

Lors des Assises citoyennes pour l'hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social, le psychiatre Philippe Bichon invitait à «résister à une vision simplificatrice de l'homme et de la folie». Psychanalyste et psychiatre, le Dr Patrick Landman, auteur de Tristesse Business, le scandale du DSM-5 (Max Milo Éditions, 2013), trouve paradoxal qu'au moment même où des disciplines, comme la génétique, se mettent à considérer l'influence de l'environnement sur l'expression des maladies (épigénétique), la psychiatrie selon le DSM fait le chemin inverse «en déniant de façon absurde le facteur social dans la causalité». À force de se focaliser sur le comportement, pour éviter tout parti pris idéologique, le DSM aurait arraché le cœur de la maladie mentale: l'histoire de l'individu. «Comme le lapin pris dans les phares d'une voiture, le DSM a foncé sur l'idéologie en voulant l'éviter», commente Jean-Michel Huet.

Le Pr Frances a lancé une mise en garde sévère à l'intention de ceux qui auraient l'intention de se servir du DSM-5: «Les nouveaux diagnostics en psychiatrie sont plus dangereux que les nouveaux médicaments parce qu'ils déterminent ceux qui vont être mis sous traitement ou pas. Avant de s'en servir, ils mériteraient les mêmes précautions de sécurité que ceux que nous accordons aux médicaments. L'association psychiatrique américaine n'est pas compétente pour le faire.» Elle a pourtant investi 25 millions de dollars dans l'opération.

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:47

Plusieurs listes de médicaments "dangereux" ont été médiatisées ces derniers mois, préparant le terrain à un nettoyage massif de la pharmacopée française. Curieusement, les "experts" qui se sont prononcés sur les médicaments dangereux ont omis de se pencher sur une classe particulière de produits : les médicaments génériques. Une publication dans les "Annals of Neurology" jette un pavé dans la mare en montrant que les génériques ne sont pas toujours ces copies "à l'identique" que les pouvoirs publics nous ont vendues.

Dans la liste des 77 médicaments ont été soulignés des problèmes avec des génériques du Levothyrox*. Les hormones thyroïdiennes ne tolèrent effectivement pas des dosages approximatifs. L'affaire a vite été enterrée. Pas touche aux génériques !

Les faiblesses structurelles des médicaments génériques

Mettons de côté l'origine de fabrication de ces produits (pays en voie de développement principalement) pour nous focaliser sur les problèmes inhérents au médicament générique lui-même.

Le générique, c'est une forme de "reverse engineering" : on part du produit fini pour essayer d'effectuer une copie la plus fidèle à l'original. Un peu comme un faux Vuitton, mais en version légalisée !

Les fabricants disposent de la formule chimique du principe actif. Celle-ci figure dans le brevet. Elle est accessible à n'importe qui. A partir de là, il va falloir l'emballer pour obtenir une copie fidèle.

Sur un plan plus quantitatif, le terme "copie fidèle" veut dire que le médicament générique doit se comporter grosso modo comme le médicament original, avec une marge de tolérance. La quantité qui arrive dans le sang du patient doit se situer entre 80% et 125% par rapport à l'original, soit de -20% à +25%.

Cette marge est fixée sur des volontaires sains, jeunes hommes en bonne santé ne prenant aucun autre médicament, et le tout en une seule prise. Le comportement effectif du médicament générique sur le long terme chez un vrai patient, par exemple plus âgé, prenant d'autres médicaments, est purement hypothétique. Une évaluation en conditions réelles n'est jamais exigée pour lancer un générique.

Les études sur lesquelles s'appuient les pouvoirs publics pour rassurer sur l'inocuité et l'efficacité des génériques ne sont effectuées qu'in vitro ou sur ces volontaires sains.

Si l'on réfléchit bien, entre un générique qui administrerait 80% de la dose efficace et un autre qui tournerait davantage autour de 125%, le patient risque un surdosage de 56%.

La conclusion est que par définition, deux génériques ne sont pas nécessairement substituables entre eux, loin s'en faut !

D'accord mais qu'en est-il en conditions réelles ?

C'est là que cette nouvelle étude devient intéressante. Les auteurs se sont focalisées sur deux facteurs :

  • la dose globale de principe actif qui parvient dans le sang du patient tout au long de la journée
  • le "pic" maximal qu'il recevra.

Il est aisé de comprendre que le profil d'un générique qui génèrerait un pic instantané très élevé et qui s'affaisserait aussitôt, serait très différent d'un médicament original qui libèrerait son principe actif à faible dose pendant toute la journée.

Les auteurs se sont portés sur une classe de médicament qui ne tolèrera pas d'approximations : les antiépileptiques. L'épilepsie est une maladie compliquée à équilibrer. La moindre fluctuation de dose peut entraîner une crise.

141 médicaments génériques ont été étudiés aux Etats-Unis. Les critères de validation d'un générique sont à peu près identiques entre les Etats-Unis et l'Europe.

En pratique, les auteurs considèrent qu'un problème peut survenir si le fait de basculer d'un générique à l'autre entraîne une fluctuation de la dose au pic de plus de 15%. Or pour 39% d'entre eux, un écart critique est atteint.



En clair, dans la vraie vie, 4 fois sur 10, le fait de passer d'un générique d'un antiépileptique à un autre entraîne une fluctuation importante de la dose susceptible d'entraîner une crise épileptique.

L'Assurance Maladie ne s'est pas empressée de communiquer sur ces chiffres...

Peut-être parce que l'étude est trop récente ?

Oui et non ! La Commission de Pharmacovigilance n'avait-elle pas détecté ce problème depuis 2008 ?

Le compte-rendu de la réunion du 29 janvier 2008 est pourtant clair :

Les rapports d'effets indésirables montrent une très importante différence entre génériques et princeps.

Des sociétés savantes, comme l’American Academy of Neurology et la Ligue Française Contre l’Epilepsie, se sont positionnées contre la substitution générique des antiépileptiques sans accord préalable du prescripteur.

Parmi les 18 pays ayant répondu aux infofax adressés par l’Afssaps en avril et octobre 2007, 8 pays ont pris des mesures concernant les médicaments génériques antiépileptiques. La Belgique et le Danemark ont ainsi décidé de réduire les bornes de l’intervalle d’équivalence. Six pays ont interdit (Espagne, Finlande, Slovénie, Suède) ou encadré (Norvège, Slovaquie) la substitution de médicaments antiépileptiques par des génériques.

Des observations issues de la notification spontanée suggèrent que la substitution pourrait être à l’origine d’un déséquilibre de l’épilepsie chez des patients préalablement équilibrés. Néanmoins, les données ne sont pas suffisantes pour apporter la démonstration scientifique d’une relation entre la substitution et le déséquilibre de la pathologie épileptique. Les membres de la Commission Nationale ont souligné que les données de l’enquête officielle de pharmacovigilance ne permettent pas d’affirmer que les cas rapportés sont liés à un défaut de bioéquivalence des génériques par rapport aux princeps. La Commission Nationale de Pharmacovigilance propose, avec 18 voix pour, 4 abstentions et 2 voix contre, de ne pas restreindre la substitution pour cette classe de médicaments. En revanche, elle souhaite que soit rappelée aux prescripteurs la possibilité d’exercer leur droit d’exclusion de la substitution en apposant, sur leurs ordonnances, « non substituable » avant la dénomination de la spécialité antiépileptique prescrite (qu’il s’agisse d’un médicament princeps ou d’un médicament générique). La Commission Nationale est consciente du fait que des mesures sont susceptibles d'être prises par les différents organismes de l'assurance maladie, tant vis à vis des professionnels de santé que vis à vis des patients en cas de refus de la substitution. Les membres de la Commission Nationale ont souhaité, en raison de la spécificité de la pathologie épileptique, que ni les patients ni les professionnels de santé ne soient pénalisés dans ce contexte.

En clair, c'est pas clair mais on ne va pas commencer à énerver tout le monde ! Surtout pas la Sécu !

Concernant les génériques du Levothyrox, l'AFSSAPS a émis le 25 mai 2010 une mise en garde à l'attention des professionnels de santé.

Dans son grand ménage de printemps, le Gouvernement aura-t-il le courage de s'attaquer aux médicaments génériques qu'il a eu tant de mal à imposer ?

Si les mesures de nettoyage ont pour objectif réel d'améliorer la sécurité des médicaments, il sera tenu de jeter un oeil à ces produits. S'il s'agit d'une simple mesure économique, il n'aurait d'autre choix que de les passer sous silence.

Références

Assessing bioequivalence of generic antiepilepsy drugs.
Krauss GL, Caffo B, Chang YT, Hendrix CW, Chuang K.
Ann Neurol. 2011 Apr 12. doi : 10.1002/ana.22452.

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:45

Le Doliprane est le médicament dont le chiffre d'affaires a le plus progressé en 2012 (+10,1 millions d'euros). Ce médicament de Sanofi fait figure d'exception puisqu'il n'a toujours pas son équivalent en générique alors que sa molécule, le paracétamol, une des plus anciennes de la pharmacopée, est tombée dans le domaine public depuis des lustres. Une exception juridico-magouillo-politique très franco-française pour ce médicament qui fêtera prochainement son demi-siècle d'existence. Qu'est-ce qui justifie ce statut unique au monde ?

En 2010, le Doliprane était le 8° médicament le plus remboursé par l'Assurance Maladie avec un peu plus de 200 millions d'euros.

La mise en place des médicaments génériques en France, issue du droit de substitution accordé par M. KOUCHNER, alors ministre de la santé aux pharmaciens, remonte à 1999. Les pouvoirs publics, soucieux de préserver la Santé Publique ont défini alors très strictement le périmètre au sein duquel les pharmaciens peuvent exercer la substitution du médicament de marque par un autre, en théorie moins cher et équivalent, le générique. Ce cadre, c'est le Répertoire des médicaments génériques. Hors de ce Répertoire, point de salut pour les laboratoires de génériques. A l'intérieur, pas de pitié pour le médicament de marque, il est destiné à une substitution certaine par les pharmaciens.

Le générique le plus connu au monde est le générique du Doliprane (paracetamol) et l'on s'attend à ce qu'il soit le générique le plus vendu en France puisqu'il représente le premier produit du marché en nombre de boîtes vendues. En réalité seulement 15% des boîtes sont substituées en génériques par les pharmaciens quand le taux moyen actuel pour les spécialités du Répertoire est de 85%.

Que s'est-il passé ?

Rapidement, dès 2000, les premiers génériques du paracétamol arrivent sur le marché mais l'inscription au Répertoire tarde et ne survient pas car pour être un générique, il faut un princeps (médicament original) et l'AFSSAPS (l'agence du médicament) ne peut pas identifier le médicament princeps, trop ancien parait-il...

Les laboratoires de génériques se mettent alors à vouloir changer la loi. Puisqu'il faut un princeps pour être inscrit dans le Répertoire, permettons l'inscription dans le Répertoire de génériques sans princeps de référence. C'est chose faite fin 2002, lors du vote par les députés du PLFSS 2003 (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2003), puis entériné par un décret en juin 2003... La voie est libre.

L'AFSSAPS sollicitée établit même un projet de liste pour le Répertoire où figure bien le paracétamol, le Doliprane, le Dafalgan et bien d'autres encore et puis... plus rien, ou plutôt si, une suite de baisse de prix du fabricant de princeps de 1,19€ à 1,00 € en septembre 2003 et à 0,86 € en février 2004, prix toujours actuel du Doliprane.

Une bien étrange posture du gouvernement qui s'explique en consultant la question écrite n° 01338 de M. Ambroise Dupont (Calvados - UMP) publiée dans le JO Sénat du 25/07/2002 - page 1731)


Monsieur Ambroise Dupont "rappelle" au Ministre que "le Doliprane, qui a comme seul principe actif le paracétamol, représente 95 % de l'activité de l'usine de Lisieux" (...) "et selon le groupe Aventis Pharma, l'inscription du paracétamol au registre des génériques entraînerait une baisse significative des ventes pouvant aller de 30 % à 50 %. La baisse estimée de 40 % de l'activité du site pourrait aboutir à la fermeture pure et simple de l'usine et donc à une perte de 150 emplois directs sans compter les retombées économiques pour la région." Puis sont brandies des menaces d'approvisionnement depuis l'Inde ou la Chine...

Réponse du ministre : "Par ailleurs, la création d'un groupe générique pour le paracétamol aura pour effet de permettre la prise en charge par l'assurance maladie de frais exposés sur la base d'un tarif forfaitaire de responsabilité. Le ministre a conscience de l'enjeu en termes d'emplois pour les collectivités locales où sont situés les centres de production concernés. Toutes les précautions seront prises, en concertation avec les entreprises concernées, pour concilier les exigences de nécessaire maîtrise des dépenses d'assurance maladie avec ces préoccupations."

Le Ministre de la Santé a donc négocié avec Aventis (aujourd'hui Sanofi) la protection dont toutes les firmes industrielles rêvent pour leurs produits : une légère baisse de prix en échange d'une situation de quasi-monopole (partagée avec le Dafalgan). Le fait qu'il n'y ait pas de génériques du Doliprane en France est donc du à une mesure de lobbying d'un industriel qui a menacé l'Etat de fermer une usine avec la complicité des élus locaux.

Cette prise de position de l'Etat peut paraître louable au premier abord puisqu'en cédant au chantage de l'industriel, des emplois sont préservés. Mais les conséquences sur le long terme contribuent à une atteinte à la concurrence qui est encore plus délétère.

Industrie pharmaceutique et téléphonie, même combat !

Des chantages similaires ont été pratiqués dans la téléphonie également pendant les années 2000, permettant à quelques opérateurs de se partager le marché. Ce marché juteux très fermé à la concurrence a été attaqué par un certain Xavier Niel imposant au fil des années un tarif aux alentours de 30 euros pour une box triple play, réduisant drastiquement le forfait de la téléphonie mobile, et le coût scandaleux des SMS. Tout le marché de la téléphonie a évolué et tout le monde y a gagné.

Les opérateurs historiques ont également fait valoir qu'il y aurait des représailles sur l'emploi. Cet été, Bouygues justifiait honteusement un plan social en mettant en cause Free. (Source : Le Parisien) Dommage que Bouygues, Orange et SFR n'aient pas plutôt cherché à attaquer Free sur un terrain plus sain : celui de l'innovation et de la compétitivité.

Le Doliprane de Sanofi, c'est le Minitel de France Telecom.

Ils ne veulent pas faire dans le médicament chez Free ?

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:42

Premier médicament de Sanofi France en chiffres d'affaires, 5° médicament le plus remboursé par la Sécurité Sociale, le "bon vieux Doliprane" comme se plaît à le souligner les Echos dans un article paru le 30 mai dernier, bénéficie d'une mesure protectionniste négociée à grands coups de chantage à l'emploi qui lui assure une protection permanente contre ses équivalents génériques.

Doliprane, Efferalgan, Paracetamol Mylan, Paracetamol Biogaran, Paracetamol Arrow sont autant de médicaments identiques. Même molécule, mêmes dosages.
Puis-je prendre de l'Efferalgan à la place de mon Doliprane ? Oui !
Puis-je prendre du Paracetamol Arrow à la place de mon Doliprane ? Oui !

Mon pharmacien doit-il obligatoirement me proposer la substitution du Doliprane par un de ces équivalents ? Non !

Comment se fait-il que cette molécule qui a fêté son demi-siècle, qui ne coûte rien à produire, mais qui rapporte gros, très gros à Sanofi ne figure pas au Répertoire des génériques, le guide officiel qui règlemente ce que le pharmacien a le droit ou pas de substituer ? La conséquence directe est que ce médicament qui se fait rembourser par le contribuable à hauteur de 276 millions d'euros n'est substitué que dans 15% des cas au lieu des 85% habituellement observés pour n'importe quel autre médicament qui dispose de génériques sur le marché !
Comment se fait-il qu'une entreprise qui ne cesse de vanter son caractère innovant et son orientation biotech fasse son plus gros chiffre d'affaires en France sur ce vieux médicament qui n'a vraiment plus rien d'innovant ?

Le Figaro nous a livré un éclairage il y a quelques années : Pourquoi le Doliprane reste le médicament le plus vendu en France.


Il ne s'agit là que des réminiscences de la pression exercée en 2002 par M. Ambroise Dupont (Calvados - UMP) - lire à ce sujet le JO du 25/07/2002 ou il mettait clairement dans la balance les emplois de l'usine de Lisieux d'Aventis (rachetée par Sanofi) contre l'inscription au répertoire des génériques. Cédant à ces pressions, le ministre de l'époque avait choisi d'omettre d'inscrire ce médicament au Répertoire.

11 ans plus tard, en publiant le panorama des ventes de médicaments en France, les Echos nous montrent que ce médicament garde toujours son statut de médicament le plus protégé de la pharmacopée française : Médicaments : le « Top 10 » bousculé par les génériques et : Médicaments : le nouveau « top 10 » des ventes :

"Au milieu de ces molécules récentes, on retrouve tout de même, à la 5 e place, le bon vieux Doliprane, malgré son prix très bas. Les ventes de cet incontournable des armoires à pharmacie, produit par le français Sanofi, ont augmenté de 19 % l'an dernier. Son prix a il est vrai été relevé de 1,74 euro à 1,95 euro la boîte."

Près de 20% de croissance et une augmentation de prix (! !!) pour un médicament qui a plus de 50 ans ! Un cas exceptionnel qui a coûté encore cette année 276 millions d'euros de remboursements pour une affaire franco-française unique au monde soit plus de 3 fois le budget des Restos du Coeur (dont le budget 2011-2012 s'élevait à 78,5 millions d'euros) !!! L'Etat semble plus disposé à voir partir ces mannes d'argent dans les caisses de Sanofi que dans les estomacs des personnes dans le besoin.

Ces extraordinaires privilèges accordés à Sanofi par l'Etat français lui permettent de compenser grassement ses échecs récents avec deux molécules en développement : l'iniparib et l'otamixaban - Lire l'article des Echos : Résultats décevants pour deux programmes de Sanofi - qui lui couteront une dépréciation d'actifs de 219 millions d'euros.

Sanofi finance donc ses échecs en recherche par une mesure protectionniste négociée à grands renforts de lobbying et qui se maintient année après année aux dépends du contribuable.

De quels appuis le labo français a-t-il bien pu bénéficier auprès des gouvernements différents pour que même Arnaud Montebourg décide de ne pas utiliser cette affaire dans le bras de fer qui l'oppose à Chris Viehbacher, le numéro 1 de Sanofi, dans ses plans de licenciement ? Les révélations récentes de Jérôme Cahuzac au sujet de Daniel Vial, le plus puissant des lobbyistes de Big Pharma, conseiller spécial de Viehbacher, récemment mis à la porte du groupe permettent d'y voir plus clair. Pour plus d'information, lire l'enquête du Nouvel Obs sur le lobbyiste de Sanofi et son influence sur tout l'appareil d'état.

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 17:26

Le Monde.fr | 03.06.2013 

Par Paul Benkimoun

 
Selon une étude présentée lundi 3 juin, plus de 30 000 hommes et femmes seraient susceptibles de développer une infection à la suite d'une contamination au cours d'un examen échographique endovaginal, endorectal ou transœsophagien avec une sonde insuffisamment désinfectée.

Pourquoi la France continue-t-elle à appliquer aux sondes d'échographie endocavitaire une procédure de désinfection de niveau bas quand les Etats-Unis, l'Allemagne, le Canada, l'Australie, l'Espagne, la Suisse ou la Turquie ont choisi un niveau supérieur ? Lors d'une conférence de presse donnée lundi 3 juin, à Paris, la députée européenne Michèle Rivasi (Europe Ecologie-Les Verts) devait demander à la ministre de la santé, Marisol Touraine, de revoir cette position.

Il y a urgence. Selon l'une des études présentées lundi, plus de 30 000 hommes et femmes seraient susceptibles, en France, de développer une infection à la suite d'une contamination au cours d'un examen échographique endovaginal, endorectal ou transœsophagien avec une sonde insuffisamment désinfectée. Un paradoxe au moment où le Parlement européen doit examiner un rapport sur la sécurité des patients et la prévention des infections associées aux soins.

L'échographie est devenue un examen courant en médecine. Si dans bon nombre de cas, elle est pratiquée en appliquant la sonde à ultrasons sur la peau, à l'extérieur du corps, la technique est également utilisée en introduisant une sonde adaptée à l'intérieur d'une cavité naturelle pour être au plus près de certains organes. L'échographie endovaginale permet de mieux visualiser l'utérus et les ovaires ; l'introduction d'une sonde dans le rectum affine l'examen du côlon et, chez les hommes, de la prostate. La sonde peut également être placée dans l'œsophage, notamment pour examiner le cœur.

 

SUJET "PRÉOCCUPANT EN TERMES DE SANTÉ PUBLIQUE"


Jusqu'en 2008, la recommandation officielle indiquait de pratiquer une désinfection de niveau intermédiaire (DNI), qui impose entre deux utilisations chez des personnes différentes, l'immersion de la sonde dans une solution désinfectante, et non une désinfection de niveau bas (DNB). La DNB consiste à utiliser une gaine de protection recouvrant la sonde et de contrôler à l'œil nu après retrait de la gaine s'il existe des salissures. Si ce n'est pas le cas, il suffit de passer une lingette imprégnée d'un produit détergent. Cependant, en 2007, le Comité technique de lutte contre les infections nosocomiales (CTIN), chargé de prévenir ce type de contamination liée aux soins, constatait un écart entre la recommandation d'utiliser la DNI, évidemment plus longue et plus onéreuse que la DNB, et la pratique, en particulier en médecine de ville.

A la suite d'un rapport demandé à un groupe de travail, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rendait un avis, le 17 octobre 2008, dans lequel, considérant que "le risque individuel d'avoir contracté une infection suite à des actes d'échographie est jugé extrêmement faible par le groupe d'experts", il estimait que l'utilisation d'une gaine avec DNB constitue "une alternative aux procédures de nettoyage et désinfection de niveau intermédiaire telles que recommandées jusqu'alors". Un avis non partagé par des associations – notamment le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) et le Lien (association de lutte contre les infections nosocomiales) – ainsi que par des praticiens et des spécialistes en maladies infectieuses.

Tous s'appuient sur des avis scientifiques pour protester contre cette baisse du niveau d'exigence. Michèle Rivasi ne se prive pas de rappeler la lettre adressée le 22 juillet 2009 à la ministre de la santé Roselyne Bachelot par Jean-Marc Ayrault, à l'époque président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Dans ce courrier, le futur premier ministre attire l'attention sur la désinfection des sondes, un sujet qui lui paraît "particulièrement préoccupant en termes de santé publique". Outre la position adoptée par de nombreux pays développés, plusieurs études viennent conforter les défenseurs d'une désinfection renforcée.

PLUSIEURS ÉTUDES FONT ÉTAT DE CONTAMINATIONS

Entourée, entre autres, d'Alain-Michel Ceretti, fondateur du Lien, du professeur Guy Frija, président de la Société européenne de radiologie, et du professeur David Weber (université de Caroline du Nord) auteur du Guide de désinfection des instruments médicaux publié par les Centres de contrôle des maladies américains, Michèle Rivasi devait faire état de plusieurs travaux concordants.

Une étude de l'université de Hongkong sur un petit échantillon de patientes publiée en juillet 2012 sur le site de l'Emergency Medicine Journal indique ainsi que la procédure de protection (avec un préservatif) de la sonde d'échographie endovaginale et spray détergent peut laisser subsister du papillomavirus humain (HPV) dans 21 % des cas. Une équipe lyonnaise a publié, le 25 octobre 2012, dans la revue en ligne Plos One, des résultats indiquant que le HPV était détecté dans 3 % des prélèvements effectués sur la sonde après DNB.

Une étude réalisée au centre hospitalier de Laval (Mayenne), et rendue publique en avril 2012, fait état de perforations sur 11 % des 61 gaines testées et de taux de présence microbienne résiduelle élevés : 70,5 % de contamination malgré la présence d'une gaine et 44 % de contamination persistante malgré une DNB. Tout récemment, le 23 mai, lors d'une réunion scientifique de radiologie, une équipe franco-américaine a fait état d'un "taux substantiel de contamination" sur les sondes endovaginales désinfectées par DNB : le matériel génétique du HPV a été retrouvé sur 13 % des sondes et celui des chlamydiae dans 20 % des échantillons.

 

"URGENT DE REVENIR À LA SITUATION D'AVANT DÉCEMBRE 2007"


Une modélisation mathématique du risque infectieux lié aux examens d'échographie endovaginale et endorectale après DNB a été réalisée par une équipe franco-américaine. Le docteur Sandrine Leroy (CHU de Nîmes et de Montpellier) et ses collègues démontrent l'existence d'un "risque réel de transmission infectieuse des pathogènes viraux ou bactériens, attribuables à l'examen lui-même".

Quatre millions d'examens endocavitaires sont réalisés chaque année en France : selon la modélisation réalisée par l'équipe franco-américaine, ils pourraient se traduire par 63 cas de transmission du VIH, 1 624 du virus de l'hépatite B (VHB), 239 cas du virus de l'hépatite C et à plus de 14 000 les cas de transmission du HPV et du virus de l'herpès.

Forte de tous ces arguments, Michèle Rivasi estime "plus qu'urgent de revenir à la situation d'avant décembre 2007, en rendant de nouveau obligatoire une décontamination de niveau intermédiaire pour les sondes d'échographie rectales et vaginales".

Paul Benkimoun

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 20:34

Par figaro iconAlice Flores - le 31/05/2013

L'Institut de veille sanitaire a réalisé une grande enquête nationale sur les maladies contractées dans les hôpitaux français. Leur nombre n'a pas diminué depuis 2006.

Un patient hospitalisé sur 20 est atteint d'une infection nosocomiale en France. C'est ce qu'a indiqué jeudi l'Institut de veille sanitaire (InVS) en présentant les résultats d'une vaste enquête réalisée entre mai et juin 2012 en collaboration avec les centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales. 1938 établissements de santé français, soit plus de 90 % des lits d'hospitalisation, ont été consultés pour faire une mesure, à un jour donné, du nombre de personnes infectées. Sur les 300.330 patients hospitalisés, 15.180 (soit 5,1 %) présentaient une ou plusieurs infections nosocomiales.

Des chiffres semblables à ceux observés en 2006, date de la dernière enquête de cette envergure, où 4,97 % des patients hospitalisés souffraient de maladies nosocomiales. Aucune amélioration générale n'a donc été constatée en ce qui concerne le nombre de personnes touchées. Néanmoins, l'InVS observe un net changement dans les services de psychiatrie, où les infections ont baissé de 21 % entre 2006 et 2012.

Parmi les régions les plus touchées, l'enquête pointe l'Auvergne, avec 6,2 % de patients hospitalisés qui développent des maladies nosocomiales, suivie de l'Alsace (6 %) et la Lorraine et l'Ile-de-France (5,9 %). À l'inverse, les régions les moins infectées sont Poitou-Charentes (3,3 %), les Pays de la Loire (3,7 %) et la Bretagne (4,2 %).

Des bactéries résistantes aux antibiotiques

En ce qui concerne les facteurs de risque, l'âge du patient est un élément déterminant. Plus de la moitié des infections concernent des personnes de plus de 65 ans, qui présentent plus de complications infectieuses par rapport à la population générale. Autres facteurs qui augmentent les risques: les dispositifs invasifs (cathéter, sonde urinaire, intubation), qui peuvent introduire des bactéries dans l'organisme, ou l'immunodépression, qui va favoriser leur développement.

Comme lors de la dernière enquête, les trois agents infectieux les plus fréquemment responsables sont les Escherichia coli, les Staphylocoques dorés (S. aureus) et les Pseudomonas aeruginosa, qui vont entraîner la plupart du temps des infections urinaires (30 % des infections nosocomiales) ou des pneumonies (17 %). Toutefois, l'étude alerte sur le développement significatif des souches de bactéries insensibles aux antibiotiques, comme les S. aureus résistantes à la méticilline (SARM). Les E. coli préoccupent de plus en plus les médecins, car leur proportion a augmenté de 81 % en six ans. «Il est important de persévérer dans les efforts de maîtrise de la diffusion des bactéries multirésistantes et de soutenir plus activement les actions de bon usage des antibiotiques à l'hôpital», insistent les auteurs.

Des savons germicides pour réduire les infections

La lutte contre les bactéries responsables des maladies nosocomiales dans les hôpitaux repose en partie sur les mesures d'hygiène et de désinfection. Une étude américaine menée en collaboration avec le ministère américain de la Santé, publiée jeudi dans le New England Journal of Medicine , préconise l'utilisation de savons germicides sur tous les patients en soins intensifs pour réduire jusqu'à 44 % des infections par le SARM. «L'utilisation de germicides sur tous les patients a aussi permis d'empêcher des infections provoquées par d'autres pathogènes», soulignent les auteurs de l'étude. Une mesure d'hygiène qui pourrait diminuer le nombre de décès causés par les maladies nosocomiales, estimés à 4000 par an en France.

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 17:43
  • Publié le 22 mai 2013, le décret relatif à la transparence des relations entre les firmes et les autres acteurs de la santé (alias décret "sunshine", en référence à la loi étatsunienne) vide la loi "Sécurité du médicament" adoptée fin 2011 d'une partie de son sens.
  • Le décret ne permettra pas au public de connaître les montants des contrats passés entre les firmes et les acteurs de la santé, ni même l'existence de tous les contrats.
  • Le Collectif Europe et Médicament déplore que le décret "transparence" manque ainsi son objectif de prévention des scandales sanitaires liés à des conflits d'intérêts.

Le désastre Mediator° en 2010, puis plusieurs autres scandales sanitaires notamment celui lié aux pilules de 3e et 4e générations fin 2012, ont révélé les conséquences sanitaires désastreuses d'une trop grande proximité des "experts" et des autorités sanitaires avec les firmes pharmaceutiques.
La loi "sécurité du médicament" adoptée en décembre 2011 était déjà bien en deçà des propositions des Assises du médicament, des rapports des missions d'information parlementaires et des rapports d'enquête sur le Mediator° (1). Un de ses décrets d'application, celui visant à éviter les conflits d'intérêts entre les firmes et les autres acteurs de la santé en rendant publics les cadeaux reçus et l'existence de conventions, a enfin été publié ce 22 mai 2013, plus d'un an après l'adoption de la loi (2).

Opacité totale sur les "prestations de service" des leaders d'opinion. La loi "Sécurité du médicament" prévoyait que l'existence de l'ensemble des conventions conclus entre les firmes et les autres acteurs de santé soit connue (a). Pourtant, le décret exclut de l'obligation de publication l'existence de contrats entre les firmes et d'autres acteurs de santé facturant aux firmes des "prestations de service" (b).
Avec cette exception, les professionnels de santé les plus liés aux firmes sont dispensés d'être transparents quant à leurs liens d'intérêts alors que ce sont justement eux qui exercent une influence sur leurs confrères, le grand public, et en tant qu'"experts" dans divers groupes de travail. Il suffira ainsi à un leader d'opinion (c) de facturer une "prestation de service" à une firme pour que la firme échappe à l'obligation de signaler publiquement l'existence d'un contrat !
De plus, le décret ne prévoit pas la publication du montant des contrats : seule leur existence doit être signalée, en précisant l'« objet de la convention, formulé dans le respect des secrets protégés par la loi, notamment du secret commercial et industriel » et sa durée.
> Le Collectif Europe et Médicament déplore que le décret "transparence" réduise l'esprit de la loi "Sécurité du médicament" à une banale loi "anti-cadeaux", manquant son objectif en termes de prévention des scandales sanitaires liés à des conflits d'intérêts.

Pas de transparence au premier euro. Avec ce décret, les avantages procurés par les firmes aux professionnels de santé et aux étudiants, avec leur nature et leur montant, seront rendus publics à partir de 10 euros dès octobre 2013, et de manière rétroactive sur l'année 2012. C'est mieux que ce que prévoyaient les projets de décret (seuil prévu à 60 euros, nature et montant non précisés, etc.) (3).
Cependant, l'influence inconsciente des "petits cadeaux" est démontrée. Stylos, petits déjeuners offerts lors des staffs hospitaliers, etc., contribuent à entretenir un climat de proximité et de bienveillance envers le donateur (4). Et aux entreprises qui se plaignent de la "lourdeur" des mesures de transparence, une réponse pragmatique est : arrêter les cadeaux et versements qui coûtent tant au système de soins.
> Le Collectif Europe et Médicament se réjouit qu'avec ce décret la portée de la loi dite "anti-cadeaux" de 1993 soit enfin étendue aux étudiants, comme le prévoyait la loi "Sécurité du médicament". Il regrette cependant que la transparence ne soit pas "au premier euro", aucun cadeau d'une firme à un soignant ne devant être considéré comme "normal".

Un site internet public unique bienvenu, mais aux modalités encore floues. Un progrès apporté par le décret est la mise en place d'un site internet public unique pour centraliser la mise à disposition des déclarations en ligne. Par contre, ce site ne sera mis en place que suite à un arrêté du Ministère de la santé devant « détermine[r] les conditions de fonctionnement du site », après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), et aucune date pour la mise en oeuvre effective de ce site unique n'est précisée.
Il n'est pas non plus précisé si ce site permettra d'effectuer des recherches (par exemple, par professionnel de santé ou par organisation, par profession ou par spécialité, par firme, par région géographique, et/ou en croisant ces informations). Ces recherches sont pourtant rendues indispensables en raison d'une mesure particulièrement préjudiciable à la transparence du décret, prise à la demande de la CNIL : « la protection des (...) données directement identifiantes contre l'indexation par des moteurs de recherche ».
La durée de publication des déclarations est de 5 années seulement à compter de leur mise en ligne, alors que Mediator° a été retiré du marché français en 2009 après 30 années d'exposition des patients à ses effets indésirables…
> Le Collectif Europe et Médicament appelle le Ministère de la santé à prendre rapidement l'arrêté qui devra « détermine[r] les conditions de fonctionnement du site » conditions devant assurer un véritable accès à la transparence des liens d'intérêts.
Le Collectif Europe et Médicament demande notamment à ce que :
- les déclarations, même si elles ne sont plus accessibles en ligne, soient archivées pendant au moins 30 ans, et accessibles sur demande  notamment afin de permettre d'enquêter en cas de désastre sanitaire ;
- les recherches d'informations, par professionnel de santé ou par organisation par exemple, soient possibles.

Le Collectif Europe et Médicament - 24 mai 2013

> Télécharger "Décret sur la transparence en santé : opacité inacceptable sur les contrats des soignants avec les firmes" (mai 2013) (pdf, 146 ko)

Notes :
a- « I. - Les entreprises produisant ou commercialisant des produits mentionnés au II de l'article L. 5311-1 ou assurant des prestations associées à ces produits sont tenues de rendre publique l'existence des conventions qu'elles concluent (…) » (Article L1453-­1 du Code de la santé publique).
b- L’obligation de publier les conventions « ne s'applique pas aux conventions régies par les dispositions des articles L. 441-­3 et L. 441-­7 du code de commerce, qui ont pour objet l'achat de biens ou de services entre ces mêmes entreprises et ces personnes, associations, établissements, fondations, sociétés, organismes ou organes » (réf. 2).
c- Dans le domaine médical, les leaders d'opinion sont surtout des professionnels de santé, souvent identifiés et approchés par les firmes dès le début de leur carrière. Ils servent de relais efficaces aux messages promotionnels des firmes, souvent sous couvert de communications pseudo-scientifiques ; leur influence est alors délétère (réf. 5).

Le Collectif Europe et Médicament (en anglais, Medicines in Europe Forum, MiEF), créé en mars 2002, est fort de plus de 60 organisations membres, réparties dans 12 pays de l'Union européenne. Le Collectif Europe et Médicament est composé des quatre grandes familles d'acteurs de la santé : associations de patients et d'usagers, organisations familiales et de consommateurs, organismes d'assurance maladie mutualistes, et organisations de professionnels de santé. Ce regroupement est exceptionnel dans l'Union européenne (pour plus d'informations, voir le site www.prescrire.org, rubrique "Europe et Médicament"). Contact : pierrechirac@aol.com. 

L'association Formindep et Prescrire, membres du Collectif Europe et Médicaments, ont participé à quelques réunions organisées par le Ministère de la santé autour des projets de décret. Avec le Collectif Europe et Médicament, ils ont fortement encouragé le gouvernement et le Ministère de la santé à réorienter les projets de décret vers plus de transparence (plus d'informations : www.formindep.org et www.prescrire.org).

Références :
1- LOI n° 2011-2012 du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé
2- "Décret n° 2013-414 du 21 mai 2013 relatif à la transparence des avantages accordés par les entreprises produisant ou commercialisant des produits à finalité sanitaire et cosmétique destinés à l'homme"
3- Collectif Europe et Médicament "Cadeaux des labos : le recul du gouvernement ?" (octobre 2012).
4- Collectif Europe et Médicament "Cadeaux des firmes aux soignants : la transparence ne se marchande pas" (août 2012).
5- Prescrire Rédaction "Les leaders d'opinion, instrument marketing des firmes" Rev Prescrire 2012 ; 32 (341) : 219-221.
Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 17:41

L'influence néfaste de la visite médicale sur les prescriptions est établie depuis longtemps. Mieux vaut ne pas la sous-estimer, quand firmes et ministère de la Santé persistent à vouloir la légitimer sous couvert d'une Charte de bonne conduite.

L'influence néfaste de la visite médicale sur la qualité et le coût des prescriptions est établie depuis longtemps par des études réalisées dans le monde entier.

Une étude réalisée en Bretagne en 2009-2010 donne un exemple concret de l'influence de la visite médicale sur les médecins. Selon cette étude menée sur 179 médecins, ceux qui recevaient le plus de visiteurs médicaux avaient un temps de consultation plus court et davantage de consultations quotidiennes. Ils étaient installés depuis plus longtemps, lisaient davantage de presse médicale gratuite et moins de presse médicale payante.

Ces médecins prescrivaient davantage de sartans, de glitazones, de gliptines et certains antibiotiques tels que la moxifloxacine (Izilox°), la lévofloxacine (Tavanic° ou autre) et la télithromycine (Ketek°). Autant de substances dont les visiteurs médicaux font la promotion au détriment de substances mieux évaluées, moins dangereuses, ou moins chères.

Cette étude a également montré une corrélation statistiquement significative entre le nombre de visiteurs médicaux reçus par les médecins, et le nombre et le coût de leurs prescriptions.

L'influence néfaste de la visite médicale détourne les soignants d'un objectif fondamental : proposer aux patients de bénéficier de soins plus appropriés. Raison de plus pour les médecins de suivre l'exemple des 17 % de médecins généralistes interrogés qui refusaient la visite médicale.

©Prescrire 1er juin 2013

"Très influente visite médicale" Rev Prescrire 2013 ; 33 (356) : 455. (pdf, accès libre)

Repost 0
Published by VIOLENCES A L'HOPITAL - dans DERIVE DE LA MEDECINE
commenter cet article

Présentation

  • : VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • VIOLENCES VECUES A L'HOPITAL PAR LES PATIENTS
  • : - Les violences morales : ordres, interdictions, reproches, indifférence, privation de visites, humiliation, infantilisation… - les violences par excès par négligences : absence de prise en compte de la douleur, acharnement thérapeutique, excès de médicaments… - les violences physiques : toilettes imposées, cris, gifles, sévices sexuels… - les violences matérielles : vols d’agent ou d’objets, matériel non adaptés… - le non-respect du consentement : cette question et ce
  • Contact

Présentation

Recherche

Archives

Liens