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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 20:51

 

 

 

Le Dr Michel Courtois, médecin expert de l'Association des porteuses de prothèses PIP, en montre une défectueuse, le 10 juin 2010 à Marseille.

Le Dr Michel Courtois, médecin expert de l'Association des porteuses de prothèses PIP, en montre une défectueuse, le 10 juin 2010 à Marseille.AFP/GÉRARD JULIEN

Un nouveau cas de cancer du sein a été signalé chez une patiente porteuse de prothèses PIP depuis plusieurs années. C'est ce qu'indique, jeudi 8 décembre, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), qui renforce ses recommandations de suivi des femmes concernées.

Ce cas d'adénocarcinome a été déclaré le 5 décembre à l'Afssaps chez une patiente portant des prothèses, précise l'agence.

En outre, une deuxième information judicaire a été ouverte jeudi pour "homicide involontaire" après l'enregistrement de la plainte de la mère d'une femme porteuse de prothèses mammaires PIP, morte d'un cancer en 2010 dans le Gers. Cette nouvelle plainte vient s'ajouter à celle déjà ouverte en novembre, mais qui, selon le procureur de Marseille, "n'a pas été formellement reçue".

Le mois dernier, un autre cas de cancer, en l'occurrence une forme rare de tumeur (lymphome anaplasique à grandes cellules), avait provoqué la mort d'une femme de 53 ans, ancienne porteuse de prothèses PIP. Quelques jours plus tard, le parquet de Marseille, qui avait reçu plus de deux mille plaintes de porteuses de prothèses mammaires PIP, avait déclaré ouvrir une information judiciaire pour "blessures et homicide involontaire".

 EXAMENS CLINIQUE ET RADIOLOGIQUE  

"Ces informations nouvelles justifient un renforcement des recommandations adressées par l'Afssaps aux femmes et aux professionnels" concernant ces prothèses retirées du marché en mars 2010 à la suite de la découverte d'une fraude sur la qualité du gel de silicone utilisé pour leur fabrication.

Les patientes "doivent bénéficier systématiquement d'un examen clinique et des examens radiologiques appropriés", rappelle l'Afssaps . "Toute rupture, suspicion de rupture ou de suintement d'une prothèse doit conduire à son explantation, ainsi qu'à celle de la seconde prothèse", ajoute-t-elle. De surcroît, le retrait préventif de cette prothèse "même sans signe clinique de détérioration de l'implant" doit être discuté avec les femmes concernées.

Pour répondre aux interrogations, un numéro vert est disponible, rappellent les autorités sanitaires : il s'agit du 0800 636 636 (du lundi au samedi de 9 heures à 19 heures).

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 20:49
Allaitement: mise en garde contre le détournement du Motilium

la notice du Motilium ou Dompéridone précise que ce médicament "ne doit pas être utilisé au cours de l'allaitement".

 

L'Agence de sécurité du médicament alerte les mamans utilisant les anti-nauséeux Motilium ou Dompéridone pour faciliter leur allaitement. 

C'est un "truc" que s'échangent les jeunes mères sur le Web. Le Motilium ou Dompéridone, médicaments anti-nausées répandus, constituent une prétendue solution pour réussir son allaitement. Pourtant, la notice du Motilium précise que ce médicament "ne doit pas être utilisé au cours de l'allaitement". Ce mercredi, l'agence du médicament a alerté les mères sur ce détournement dangereux.  

Dominique Maraninchi, directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), a déclaré sur Europe 1 que "ce médicament, quand on le détourne de son usage, est très dangereux" pour la mère et le bébé". Il estime qu'il existe "des risques de mort subite". "Si un médecin vous prescrit un médicament pour allaiter, c'est très dangereux et suspect", a-t-il ajouté. 

Mise en garde aux Etats-Unis en 2004

L'Afssaps a d'ailleurs adressé cette semaine une lettre aux médecins et pharmaciens pour les avertir de "nouvelles données concernant les risques cardiaques des médicaments contenant de la dompéridone". Elle doit "être utilisée à la dose efficace la plus faible chez les adultes et les enfants", conclut cet avertissement. 

Face à la mode de l'utilisation des médicaments anti-nausée pour favoriser l'allaitement, l'autorité sanitaire américaine (FDA) avait émis une mise en garde en juin 2004 en raison de risque de troubles graves du rythme cardiaque, aussitôt contestée par les défenseurs de la méthode. Des médecins et des sites consacrés à la maternité et à l'allaitement prônent cette méthode médicamenteuse.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 20:47
INFO LE FIGARO - Selon nos informations, après la Suisse, Genopharm va très bientôt faire l'objet d'une interdiction d'exercer en France.

L'étau se referme autour des laboratoires Genopharm et Alkopharma qui appartiennent au même holding. Accusés d'avoir falsifié les dates de péremption de lots de Thiotepa, un traitement anticancéreux, dans le but de les maintenir plus longtemps sur le marché, ils sont depuis trois semaines sous le coup d'une information judiciaire du parquet de Paris. Les autorités sanitaires ont relevé que les lots de cet anticancéreux contenaient une teneur en principe actif nettement inférieure à celle déclarée.

Mais parallèlement à l'instruction des juges parisiens, les premières sanctions administratives sont déjà tombées en Suisse. Et elles sont très lourdes de conséquences pour Alkopharma (société de droit suisse).

En langage helvétique, on dit même qu'il s'agit «de la mesure la plus incisive qui soit». Swissmedic, l'équivalent de l'Agence française du médicament a engagé une procédure administrative, afin d'éviter que des «activités illicites ne mettent en danger la sécurité des patients». Surtout, fait rarissime, Swissmedic a suspendu l'autorisation d'exploitation de l'entreprise Alkopharma à partir du 30 novembre 2011.

Il est donc interdit au laboratoire, avec effet immédiat, «de fabriquer des médicaments, de réceptionner des livraisons de médicaments ou de livrer, importer ou exporter des médicaments».

« L'affaire est très grave»

«Ils ne vont plus pouvoir vendre un cachou », résume trivialement un expert. Cette mesure ne sera éventuellement levée que lorsqu'il pourra être à nouveau garanti que la sécurité des médicaments commercialisés par Alkopharma est assurée. Et, particularité suisse, Swissmedic a des compétences pour mener une enquête pénale, ce qu'elle fait d'ailleurs depuis plusieurs semaines. «Ils ont commis une faute grave, estime une source suisse proche du dossier. La firme n'a pas changé les étiquettes par erreur mais pour rallonger la durée de vie des médicaments. »

Selon nos informations, l'Agence française du médicament va également suspendre «l'autorisation pour l'activité d'exploitant», mesure équivalant à un retrait de l'autorisation d'exercer pour le laboratoire Genopharm (de droit français). Il s'agit pour elle de ne pas rester en retrait dans cette affaire et ce d'autant plus que c'est elle qui a dénoncé à Swissmedic les pratiques suspectes du laboratoire. Mais avant de prononcer cette sanction, l'Afssaps veut s'assurer qu'il existe suffisamment de traitements en circulation (fabriqués par exemple par d'autres laboratoires) pour que les patients ne soient pas lésés. «C'est une sacrée décision, confie un expert de l'Afssaps. Ça veut vraiment dire que l'affaire est très grave.»

Pour l'instant, on ne sait pas si des patients ont eu à pâtir du sous-dosage de cet anticancéreux. Quoi qu'il en soit, le laboratoire est poursuivi en France pour tromperie aggravée, falsification de substances médicamenteuses ainsi que faux et usage de faux.

En Europe, environ 28.000 patients atteints de leucémie sont traités par le Thiotepa.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 01:40

 

MARSEILLE (AP) — Un médecin urgentiste de 37 ans doit être mis en examen dans les jours qui viennent à la suite d'une décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui pointe une série de défaillances qui auraient causé le décès d'une jeune femme, au terme d'une prise en charge tardive du Service d'aide médicale urgente (SAMU) des Bouches-du-Rhône, a-t-on appris mercredi auprès des avocats de la famille de la défunte, Mes Gilbert Collard et Sabrina Hachouf.

Dans un arrêt rendu le 30 novembre, les magistrats désignent la juge Annaïck Le Goff pour poursuivre les investigations et notamment pour procéder à la mise en examen pour "homicide involontaire" du médecin régulateur qui, le 13 février 2009, n'aurait pas pris les décisions qui s'imposent.

Le soir des faits, les proches de la patiente avaient téléphoné au SAMU pour demander du secours à la suite d'un malaise cardiaque de la jeune femme âgée de 25 ans, Sabrina, suivi de vomissements, de diarrhées, de sueurs et de douleurs sourdes dans la poitrine.

"On n'est pas des magiciens. On ne peut pas faire de transplantation par téléphone. Prenez un Lexomil et bonne soirée", lui avait répondu le médecin de garde au SAMU cette nuit-là comme le rapporte mercredi le quotidien "La Provence".

Le médecin régulateur du SAMU avait alors décidé d'envoyer sur place un médecin généraliste. Transportée à La Timone, la jeune femme était décédée en service de réanimation le 1er avril suivant.

Depuis, la famille n'a eu de cesse de pointer les dysfonctionnements relevés dans la prise en charge de la jeune femme.

L'arrêt de la cour est accablant pour le médecin. Il affirme que le praticien a procédé à "un interrogatoire superficiel et incomplet", qu'il a tenu à la famille de la défunte "des propos inadaptés", qu'il "n'a pas commis une simple erreur de diagnostic, mais une défaillance dans sa mission qui consistait à apporter une réponse appropriée". D'autant, insiste la cour, que le docteur en cause "n'évoque aucune surcharge de travail à ce moment précis de la nuit". "Il existe dès le premier appel la notion d'un malaise grave qui ne récupère pas et l'envoi d'un médecin généraliste de secteur ne correspond pas à l'urgence vitale", ont conclu les experts dans leur rapport.

Interrogée par le quotidien "La Provence", l'avocate du médecin n'a pas souhaité, pour l'heure, faire de commentaires. AP

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 12:27





 

Les Français record du monde de consommation des antidépresseurs. L'exigence de performance a longtemps été mise en avant pour expliquer ce phénomène. Elle laisse place à des interrogations sur les rôles de l'industrie pharmaceutique et du milieu médical. en France, trois fois plus de tranquillisants et d'antidépresseurs que nos voisins européens. Et cette surconsommation augmente chaque année. Des centaines de milliers de personnes, dans des périodes de vie difficiles mais ne souffrant d'aucun trouble psychiatrique, se voient prescrire ces médicaments sur de longues durées, sans être averties de leurs effets secondaires ni bénéficier d'un suivi régulier.

La France compte aujourd'hui 5 millions de consommateurs d'antidépresseurs. Le Prozac et ses affiliés ont littéralement dopé ce marché, laissant derrière eux les premières molécules fabriquées à la fin des années 1950 (voir l'encadré, p. 61). Cette nouvelle génération d'antidépresseurs n'est pas plus efficace que les précédentes mais elle présente l'avantage de générer moins d'effets secondaires. Le succès des antidépresseurs ne saurait cependant s'expliquer par ce seul argument avancé par les laboratoires, et par ailleurs très contesté...

Record mondial de consommation

La France serait-elle frappée d'une épidémie de dépression ? Rien n'est moins sûr. Le besoin de soins pour ce trouble reste mal évalué. La fixation du seuil de pathologie a ici, en effet, quelque chose d'arbitraire, tant il est difficile de distinguer les réactions homéostatiques normales de tristesse des états dépressifs proprement dits. Les études épidémiologiques pour cette pathologie sont par conséquent peu nombreuses, difficiles à mettre en œuvre et souvent discutées. Leurs résultats varient beaucoup d'un pays à l'autre, voire d'une région à l'autre. Selon les études et les critères diagnostiques retenus, la prévalence du taux de dépression en France dans la population générale varie de 5,8 à 11,9 % (1).

La France n'en détient pas moins le record mondial de la consommation de médicaments psychotropes (antidépresseurs, hypnotiques, anxiolytiques). Le chiffre d'affaires des antidépresseurs a été multiplié par 6,7 entre 1980 et 2001. Cette tendance serait à la hausse, en dépit de contestations fréquentes sur l'efficacité et l'innocuité de certains de ces médicaments. Ainsi, par exemple, du risque de suicide associé aux antidépresseurs chez les enfants, rendu public ces derniers mois. Les pouvoirs publics s'inquiètent plus généralement de la multiplication des prescriptions non justifiées sur le plan médical et de la chronicisation des traitements.

Comment expliquer cette spécificité française de la consommation d'antidépresseurs ? Peu d'analyses approfondies mais divers arguments de bon sens sont ici ou là invoqués. On a d'abord parlé des effets délétères du « malaise social », de l'amélioration du diagnostic de dépression. On a évoqué la fragilité des nouvelles générations : autrefois, les gens acceptaient davantage leur condition d'êtres souffrants. Ils mettaient leur fatigue, leur déprime, leur anxiété sur le compte d'une « condition humaine » difficile (2). Certains pensent que les antidépresseurs ne sont que le relais d'un autre psychostimulant, l'alcool dont la France est grand amateur. Quant à la Sécurité sociale, longtemps astreinte au remboursement aveugle des médicaments, elle aurait laissé s'installer de mauvaises habitudes. Pour d'autres, cette passion française pour les antidépresseurs tiendrait à des éléments culturels comme la pauvreté des régulations collectives, le faible support du groupe, les insuffisances de la médiation sociale. Aujourd'hui, la plupart des spécialistes admettent l'action conjointe de l'ensemble de ces facteurs.

Les laboratoires pharmaceutiques accusés ?

En fait, la consommation d'antidépresseurs nous renseigne sur l'individu et la société dans son ensemble et c'est à ce titre qu'elle intéresse véritablement les chercheurs en sciences humaines. Le sociologue Alain Ehrenberg, dans un ouvrage qui fait maintenant référence (La Fatigue d'être soi. Dépression et société, Odile Jacob, 1998), explique le succès de la dépression comme le résultat d'un déplacement de la culpabilité vers la responsabilité. La consommation d'antidépresseurs apparaît alors comme une réponse à un sentiment d'impuissance, un moyen de parvenir à l'injonction de performance d'une société où tout devient potentiellement réalisable.

D'autres analystes mettent en avant la puissante logique capitaliste des laboratoires pharmaceutiques, dont l'individu serait victime. L'ouvrage récent d'un journaliste, ancien cadre de l'industrie pharmaceutique (3), révèle les pratiques douteuses d'une industrie aux intérêts contradictoires avec les principes de santé publique : le succès extraordinaire des antidépresseurs reposerait sur des essais cliniques plus ou moins trafiqués, le développement de stratégies marketing, un contrôle quasi absolu de l'information médicale... Il y aurait tromperie sur la marchandise et manipulation, ce qu'avait déjà montré, enquêtes à l'appui, le psychiatre anglais David Healy.

Reste que la thèse du complot ne tient pas... De bons connaisseurs du domaine tels que l'ancien cadre de l'industrie pharmaceutique Philippe Pignarre ou le psychiatre Edouard Zarifian, s'ils ne nient pas l'implication des laboratoires, analysent cette « mode » de la dépression comme le produit d'un système plus complexe, impliquant l'industrie pharmaceutique, la société, mais aussi les milieux académiques psychiatrique et médical.

La santé bouleversée

A propos de ces derniers, les critiques fusent : « Face à l'abaissement de la limite entre le normal et le pathologique, qui ouvre de nouveaux marchés à la prescription, les leaders d'opinion (du monde de la psychiatrie) restent muets, contribuant ainsi à accréditer la référence au modèle médical somatique comme seul modèle pour la psychiatrie », dénonce E. Zarifian dans Le Prix du bien-être. Psychotropes et société (Odile Jacob, 1996).

La dérive « objectivante » qu'incarne le manuel américain de classification des troubles mentaux (DSM) rencontrerait trop peu de résistances de la part des psychiatres français. Le DSM tendrait à simplifier à outrance le diagnostic de dépression : cinq critères évoluant depuis au moins deux semaines sont nécessaires sur une liste de neuf symptômes pour établir le diagnostic de dépression. Cette pathologie, dont le traitement est prescrit à 75 % par les médecins généralistes, s'impose peu à peu dans les esprits comme une réalité du même type que les maladies infectieuses. P. Pignarre parle de « corps mental » pour désigner cette représentation des troubles psychiques, pendant que le médecin propose d'un geste réflexe « l'offre de dépression à un patient qui demande de l'aide ».

Dans cette dialectique où la maladie et le médicament se coproduisent et s'entretiennent, la maladie dépressive devient finalement « ce qui guérit sous antidépresseur (4)» : si l'antidépresseur vous soulage, c'est donc que vous êtes dépressif, nous dit en substance la nouvelle médecine de l'âme. L'extension de l'usage des antidépresseurs ? dont les indications concernent maintenant les troubles obsessionnels, l'anxiodépression, les phobies sociales et le stress posttraumatiques ? contribue en retour à dissoudre le concept de dépression, à en noyer la signification.

La notion même de « santé », qui s'étend au bien-être et à la performance, s'en trouve bouleversée. « La médecine n'a plus pour seul objectif de vous guérir mais de vous faire vivre le mieux possible le plus longtemps possible avec votre pathologie », analyse Claude Le Pen, économiste et conseiller auprès des syndicats de laboratoires pharmaceutiques (5). On peut craindre en effet avec lui que le médecin et les médicaments ne deviennent alors des « tuteurs, qui lissent entièrement notre vie ». Le médicament sera-t-il le régulateur social de demain ?

Un marché florissant

La classe des antidépresseurs est apparue à la fin des années 1950, et a vu se développer depuis plusieurs séries de molécules différentes. Les antidépresseurs tricycliques (Laroxyl et Tofranil) ont été les premiers découverts en 1957, suivis en 1962 des inhibiteurs de la monoamine oxydase (Marsilid).

Les effets indésirables de ces deux catégories de médicaments ont incité à la recherche de nouvelles molécules d'efficacité thérapeutique identique. C'est ainsi qu'en 1987 est apparue une nouvelle classe d'antidépresseurs : les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS) dont le Prozac a longtemps été le chef de file. Ces antidépresseurs, dits sérotoninergiques, doivent leur succès à leur quasi-absence d'effets secondaires et de toxicité (au niveau cardiaque notamment), pour une action semblable aux molécules mères. Leurs indications ont d'ailleurs été étendues à d'autres pathologies que la dépression comme les troubles obsessionnels compulsifs.

Le chiffre d'affaires des antidépresseurs a été multiplié par 6,7 depuis 1980, date de mise sur le marché des ISRS. La substitution sur l'ordonnance des produits les plus anciens (imipraminiques) par ces nouvelles molécules (ISRS) aux effets secondaires réduits et par conséquent vendus plus cher, expliquerait cette explosion du chiffre d'affaires. A cela s'ajoutent l'augmentation des volumes prescrits pour les cas de dépression stricto sensu (épisode dépressif spécifique) et l'extension de ces prescriptions à d'autres indications comme les troubles anxieux, les phobies, etc.

Les études montrent par ailleurs un allongement sensible des temps de traitement et une tendance à la chronicité, qui pose aussi la question d'une dépendance à ces produits.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 12:12

Par LEXPRESS.fr, publié le 07/12/2011

Mediator: les procédures vont-elles être regroupées?

Le Mediator serait responsable de 500 à 2000 décès.

 

Après un premier rejet au Printemps, le laboratoire Servier a à nouveau demandé le regroupement des procédures concernant le scandale du Mediator. L'avocat général devrait préconiser le rejet de cette requête, en le justifiant par un souci technique. 

Le regroupement des procédures dans l'affaire du Mediator reste incertain. Le parquet général, devrait se prononcer ce mercredi contre un regroupement des procédures concernant le Mediator. Si la demande aboutissait, elle permettrait au laboratoire qui a conçu le Mediator d'échapper à un procès en mai à Nanterre. 

Ce médicament, essentiellement destiné aux diabétiques en surpoids mais largement utilisé comme coupe-faim, a été retiré du marché en novembre 2009. Il serait responsable de 500 à 2000 décès. 

Un procès à Paris et à Nanterre

Des victimes ont choisi plusieurs voies pour obtenir réparation. Certaines ont déposé plainte à Paris, ouvrant la voie à une enquête par des juges d'instruction dans l'espoir de voir, sans doute d'ici plusieurs années, se tenir un procès. 

D'autres, jugeant notamment que le rapport accablant de l'Igas (Inspection des Affaires sociales) rendait inutile une longue enquête judiciaire, ont choisi la voie de la citation directe, avec pour perspective des indemnisations plus rapides. Ils ont obtenu que soit audiencé le premier procès pénal du laboratoire Servier à Nanterre le 14 mai 2012

Le 15 juin, la Cour de Cassation avait rejeté une "requête de dessaisissement" des juges nanterriens, sollicitée par le parquet général de Versailles, à la demande de la Chancellerie et le procès à Nanterre maintenu. 

Les laboratoires Servier et leur PDG avaient alors pris la relève procédurale, en s'appuyant sur un autre fondement juridique, pour demander le regroupement des dossiers. 

La requête, si elle était suivie, ne conduirait pas au simple déménagement du procès de Nanterre à Paris, mais entraînerait le rattachement des parties civiles de Nanterre à l'instruction menée à Paris. 

Servier soutenu par plusieurs parties civiles

Mercredi, lors de l'audience de la chambre criminelle, l'avocat général François Cordier devrait préconiser le rejet de cette requête. Selon une source proche du dossier, il ne devrait toutefois pas se mettre en contradiction avec le soutien apporté au printemps, car il ne se prononcera pas sur le fond, mais justifiera son désaccord par un souci technique. 

En revanche, le laboratoire Servier devrait bénéficier d'un soutien inattendu: celui de plusieurs parties civiles.Ainsi les "institutionnels", comme la Caisse nationale d'assurance-maladie, la Mutualité sociale agricole ou encore l'association des accidentés de la vie (FNATH) devraient soutenir la position de Jacques Servier. 

Un particulier, partie civile à Paris, s'est également joint à eux. Son avocate, Me Françoise Thouin-Palat, souligne le caractère inédit de la situation, car "là, on défend ouvertement une thèse qui est celle de l'adversaire". 

Mais à ses yeux, le regroupement de tous les dossiers dans une même enquête à Paris, suivie par des juges d'instruction spécialisés, est crucial. "C'est quand même une affaire compliquée, qui mérite tous les moyens du Pôle de santé publique. Un tel regroupement est dans l'intéret de la manifestation de la vérité." 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:12

 


Après une minute de flottement, il comprend la gentille moquerie et se dévoue pour m’expliquer ce que c’est que ce médicament que je ne connais pas. « C’est un traitement de substitution aux opiacés. En clair, ce qu’on donne aux héroïnomanes en désintoxication, en rehab comme dirait Amy Winehouse. » Mais en réalité, il est utilisé directement comme une drogue dure, et d’ailleurs classé comme telle dans de nombreux pays hors de l’Europe : Depuis 2006, le président de la commission interministérielle contre la drogue réclame d’ailleurs son retrait des ventes. Plus de 51% de sa commercialisation passerait par des circuits parfaitement autorisés, selon cette même commission.

Mais alors, pourquoi l’apparition subite de cette affichette ? « Un médecin qui avait un cabinet à quelques rues et qui en prescrivait a pris sa retraite. Tous ses clients habituels viennent donc ici, mais je refuse de rentrer dans ce marché. Quand on se retrouve seul dans son bureau face à un drogué en manque, qui vous somme de lui faire une ordonnance, c’est délicat de dire non. Alors je préfère prévenir dès la salle d’attente », termine-t-il. Quel intérêt pour un médecin de prescrire du Subutex ?

Lisa*, 21 ans, seule fille dans une salle bondée de jeunes hommes qui font semblant de ne pas entendre mes questions ou de répondre à côté, accepte de m’expliquer : « C’est très simple et très légal. Tu as commencé à acheter du Subutex dans la rue, ou de l’héroïne, et tu en veux à moindres frais ? Tu vas chez le docteur C. qui te fait une ordonnance. Son intérêt ? Il passe non seulement ta carte vitale, mais aussi une ou deux autres supplémentaires en prétendant avoir reçu toute la famille en consultation : 21 € x 3 directement dans sa poche, à raison de 3 à 4 "patients" par heure, son activité est vite rentabilisée. La sécurité sociale le rémunère donc, à deux ou trois fois le tarif (puisque deux ou trois cartes passées dans le lecteur) pour dealer légalement ! »

Mais les consommateurs ne sont pas ses seuls « patients » : les petits dealers eux-mêmes viennent ici se fournir pour revendre le fameux Subutex aux drogués en période de réhabilitation, ou aux clients habituels des drogues douces en mal de sensation. Les prix seraient très variables, selon le client et selon le format, le médicament pouvant être vendu tel quel dans sa boîte ou mélangé à d’autres produits, « prêt à consommer ».

D’après le blog d’Elfie, consacré aux méfaits du Subutex et de ses dérivés, il peut en effet se consommer comme un bonbon ou en intraveineuse, au choix. Il m’a été impossible de rencontrer le fameux médecin faisant ces prescriptions, ni de connaître les vraies raisons de la fermeture de son cabinet : contrôle ? descente de police ? peur d’un dealer ? ou lassitude d’un marché fort peu reluisant pour une personne ayant prononcé le serment d’Hypocrite ?

Deux éléments me semblent toutefois notables pour éviter de stigmatiser. Le premier : cette banlieue n’est pas la plus enclavée, loin de là, puisqu’elle touche Paris et a même une réputation de « Boboland ». Le second : rappelons-nous que cette exception concernant une infime partie des assurés sociaux ne doit pas être utilisée comme un argument par ceux qui voudraient encore diminuer les remboursements des vrais malades, des banlieues ou d’ailleurs, qui ont déjà du mal à faire face à leurs frais médicaux. Peut-être ces mêmes difficultés sont-elles d’ailleurs à l’origine de certaines addictions médicamenteuses…

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:08

le 23/09/2011 à 05:00 par J.G.

Un médecin psychiatre a été condamné, hier, par le tribunal correctionnel de Montbéliard pour la facilité avec laquelle il prescrivait certains médicaments dangereux à ses patients toxicomanes.

Depuis plusieurs années, le nom de ce médecin était régulièrement cité à la barre du tribunal correctionnel de Montbéliard, par les prévenus impliqués dans des affaires de stupéfiants.

Tous indiquaient aux juges la facilité avec laquelle ils se procuraient certains médicaments de substitution, comme du Subutex. En revanche, il n’a jamais été question de Royhypnol, un somnifère prisé des toxicomanes pour combattre l’un des effets secondaires du Subutex : les insomnies. Le praticien était à ce point réputé pour accueillir sans difficulté les toxicomanes, que ses patients l’avaient surnommé, à son insu, « le docteur-dealer ». Hier, le médecin s’est retrouvé à la barre assisté de son avocat Me Robert Bauer pour répondre du délit d’infraction aux règlements sur le commerce ou l’emploi de substances vénéneuses. En clair, d’avoir prescrit des quantités trop importantes au regard de la réglementation de Royhypnol et de Subutex.

Les faits reprochés se situent au cours de la période du 1er janvier 2003 au 31 mai 2006. « Des faits anciens, dont le plus récent a plus de cinq ans », comme le souligne Me Bauer, précisant que « l’instruction a duré plus de deux ans ».

Tout est parti d’un contrôle inopiné effectué, en 2005, par un pharmacien-inspecteur de la Santé publique sur les prescriptions de Royhypnol, un somnifère puissant qu’on a surnommé un temps, la drogue des violeurs. Une officine est visitée : sur 136 prescriptions, 102 avaient été rédigées par le praticien en cause. L’inspection se porte au total sur onze pharmacies. Il apparaît que le médecin est à l’origine de plus de 50 %, voire 100 %, des prescriptions de ce médicament. 134 prescriptions sont jugées douteuses. S’agissant du Subutex, en revanche, une seule prescription s’avérera litigieuse. « Ce dossier se résume à ça : trois fois rien. Car ces 134 prescriptions, ça représente 2 % du total des prescriptions de ce médicament par mon client. Qui est un homme honnête ! », assure Me Bauer, résumant à sa manière la longue instruction que vient de faire du dossier, le président Alain Troilo, soucieux de savoir pourquoi le médecin prescrivait autant de ces deux médicaments.

Il est apparu, au fils des déclarations argumentées du prévenu, que personne ne veut prendre en charge cette population particulière de patients, qui n’ont d’autre choix que d’être hospitalisés dans des services psychiatriques. Le docteur explique qu’il a fait son credo de la lutte contre la toxicomanie et de la prise en charge des toxicomanes pour des raisons humanistes. Reste à savoir pourquoi il n’a pas respecté certaines recommandations des laboratoires ou de l’Agence sanitaire, comme par exemple, ainsi que le rappelle fermement le vice-procureur Lionel Pascal, un encadrement thérapeutique strict en cas de prescription couplée de Subutex et de Royhypnol ? « Les toxicomanes, ils ne veulent pas suivre de psychothérapie », lâche le médecin, qui a fini par opter, comme le lui reproche le représentant du ministère public, pour « la seule chimiothérapie », autrement dit la délivrance de médicaments sans grand contrôle de leur usage par les patients. Ce qui laisse à penser que le médecin n’a pas eu d’autre véritable souci que de « s’enrichir », indique le vice-procureur.

« Faux », affirme la défense, qui se retranche « humblement » derrière le débat qui agite le corps médical lui-même, « partagé sur la manière de faire usage de ces médicaments ». Une querelle de chapelles à partir de laquelle le praticien se serait cru fondé à asseoir une pratique toute personnelle, mais pas conforme à l’orthodoxie institutionnelle. En garant du droit et de la Loi, le tribunal le condamne à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 5000 €. Le ministère public avait requis six mois avec sursis et 30 000 € d’amende. La défense avait suggéré la relaxe…

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:06

DOCTEUR ANDRÉ DESUEUR président de la section exercice professionnel du Conseil national de l'ordre des médecins

 
Le docteur André Desueur tire la sonnette d'alarme sur les défaillances de nombreux médecins qui prescrivent, dans de mauvaises conditions, du Subutex, ce qui peut donner lieu à des trafics. Qu'avez-vous constaté au Conseil de l'ordre des médecins à propos du Subutex ? DOCTEUR ANDRÉ DESUEUR. Nous sommes très préoccupés par cette affaire. Il faut rappeler les règles. Un médecin ne peut prescrire du Subutex que dans des cas particuliers et bien cadrés. Il faut que le toxicomane soit dans une démarche de sevrage, et dans ce cas, c'est une démarche utile pour l'aider à se débarrasser de la drogue. Le patient doit indiquer au médecin à quelle pharmacie il va chercher le Subutex, et même l'indiquer et toutes lettres sur l'ordonnance. Il doit délivrer le Subutex en petites doses fractionnées. Sinon, la tentation est grande pour le toxicomane de faire du deal. Quand ces conditions sont réunies, tout va bien. Mais le médecin ne doit pas devenir le dealer de substitution. Mais avez-vous connaissance de dérapages ? Oui. Nous avons fait les calculs. Depuis dix ans, 97médecins ont été suspendus d'exercice à la suite de condamnations en appel par le Conseil national de l'ordre des médecins. C'est le sujet qui revient le plus souvent devant le conseil de l'ordre. Les sanctions vont de la suspension pour quelques mois à la radiation définitive. Le motif était le non-respect des bonnes règles de prescription du Subutex, ou l'escroquerie à la Sécurité sociale. En première instance, 200 médecins ont été traduits devant le conseil de l'ordre après des plaintes de l'assurance maladie. Parfois, il s'agit de simples erreurs de prescription: on associe le Subutex avec d'autres médicaments sur l'ordonnance, provoquant une association dangereuse pour la santé. Dans d'autres cas, comme dans une affaire qui fait l'objet d'une plainte pénale, des médecins sont soupçonnés d'être complices d'un vrai trafic de stupéfiants à grande échelle. Ils vendaient des ordonnances de complaisance facturées quelques dizaines d'euros, ce qui génère un trafic de ces gélules, et des reventes à l'étranger. Certains médecins font-ils aussi l'objet de menaces ? Cela peut arriver. Nous avons entendu des témoignages de médecins qui faisaient état de menaces proférées par des toxicomanes en manque, qui exigeaient d'avoir une ordonnance de Subutex. Il faut se mettre à leur place, leur situation n'est pas toujours facile à gérer. Par crainte de représailles, certains peuvent être tentés de faire l'ordonnance. Certains ont pu être piégés.
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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:04

En février 2010, une femme médecin et une pharmacienne, dont les cabinets étaient situés près de la place de la gare d'Arras, avaient été placées en garde à vue. Depuis 2007, de nombreux toxicomanes profitaient d'un large trafic, selon le parquet, de Subutex et de méthadone. Le procès fleuve, près de neuf heures, a eu lieu hier au tribunal correctionnel.

 

« Quand j'allais chez elle, je faisais un peu mes courses. Elle était ma dealeuse », déclaraient des toxicomanes lors d'une audition. Le « magasin » visé ? Un cabinet médical, rue de Douai, tenu par B. H. depuis 1986. Le médecin est poursuivi pour avoir délivré des ordonnances de complaisance pour du Subutex et de la méthadone, des traitements de substitution pour les toxicos. Des médicaments prescrits ensuite par une pharmacie, près de la place de la gare, gérée par C. C. depuis 1992.

« Ce médecin prescrit 25 000 Subutex par an. Le deuxième sur la liste à Arras est à 5 000 !, selon Élise Bozzolo, substitut du procureur. Cette femme n'est jamais dans le soin mais dans la satisfaction du besoin. C'est une démarche de dealer. » Le cabinet serait devenu, via le bouche à oreille, très connu des toxicomanes. « Pourquoi délivrer ces médicaments sans faire d'examens ?, interroge la présidente du tribunal. Aucun dossier de suivi n'a été retrouvé lors de la perquisition dans votre cabinet. » Pour le médecin, « la toxicomanie est davantage une maladie du cerveau. On discute. Ce n'est pas une clientèle facile. Ils sont turbulents, agressifs, urinent sur les murs. » Pour certains patients, des prescriptions mensuelles, équivalentes à trois mois, seront données. « J'en étais malade de prescrire tout ça mais il n'y avait plus de place, avant un an, au centre de cure du Square à Lens. J'ai été trop laxiste en voulant aider des gens. » Son train de vie ne joue pas en sa faveur. Avec un cabinet ouvert l'après-midi, elle se permet, tous les trois mois, de partir deux semaines en vacances.

Souvent en Tunisie. Et près de 100 000 euros seront trouvés sur son compte professionnel. « Ce sont les économies d'une vie. On lui fait un procès en intention, selon son avocate, Me Daphné Weppe du cabinet Berton. Elle comptait 1 500 patients, seulement 10 % prenaient du Subutex. Elle n'était pas consciente que ces médicaments pouvaient être détournés de leur usage thérapeutique. Oui, elle a commis des erreurs mais par manque de formation envers ce type de clients. » Depuis un an, elle n'a plus le droit d'exercer. Une pétition, avec la signature de cinquante confrères arrageois, a été recueillie en sa faveur.

Et le rapport avec la pharmacie ? « Il l'était du fait de la proximité de leurs cabinets proche de la gare, explique Me Robiquet, avocat de la pharmacienne. Leurs relations étaient confraternelles. » Selon l'Agence régionale de santé (ARS), cinq cents boîtes de Subutex étaient prescrites, tous les mois, dans cette pharmacie. « On ne peut pas mettre une population à part, affirme C. C. Pour moi, ce sont des malades sous traitement Subutex et non des toxicomanes. » On lui reproche la progression spectaculaire de son chiffre d'affaires. « Mais j'ai repris une enseigne en dépôt de bilan. C'est normal de voir une augmentation », se défend la pharmacienne nettement plus à l'aise à la barre que le médecin.

De lourdes réquisitions

La substitut du procureur n'a pas été tendre envers les deux femmes âgées d'une cinquantaine d'années. « Une dealeuse de cette qualité, on n'en trouve pas à tous les coins de rue. On venait du Ternois, du Lensois. La femme médecin n'est pas la bonne samaritaine des toxicos. Et pour la pharmacienne, elle prescrivait, sans se poser de questions, pour que cela ramène des clients. Afin que son chiffre d'affaires augmente. » Des réquisitions sévères ont suivi. Trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis (40 000 euros d'amendes et l'interdiction d'exercer à vie) pour B. H., le médecin. Dix-huit mois de prison dont six avec sursis (20 000 euros d'amendes et interdiction d'exercer pendant trois ans) pour C. C., la pharmacienne. « D'autres médecins et pharmaciens à Arras ont les mêmes pratiques. Vous voulez tous les retrouver au tribunal ? », s'exclame Me Robiquet. « C'est la première grosse affaire de ce genre dans notre juridiction. Mais sans doute pas la dernière », affirme la substitut du procureur.

Les deux femmes étaient également poursuivies pour escroquerie à la Caisse primaire d'assurance maladie. Plus de 65 650 euros auraient été dépensés par la collectivité pour rembourser ces prescriptions. « La CPAM rembourse des médicaments revendus en maison d'arrêt ou dans la rue », s'insurge Élise Bozzolo. Le prononcé du jugement, dans ce dossier lourd et complexe

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